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jeudi 17 juin 2010

Proverbe congolais


« Lorsque les éléments commencent à se confondre, le ciel, la terre, et l'eau, le sage apprend à nager, le fou apprend à voler, le canard reste impassible. »


samedi 13 décembre 2008

Tourisme : l'île aux fleurs

Cette chronique est destinée à ceux qui ne connaissent pas L'île aux fleurs (Ilha das flores). C'est un court métrage de 13 minutes de Jorge Furtado. Diffusé de nombreuses fois à la télévision depuis 1989, couronné de l'Ours d'or au festival de Berlin en 1990, abondamment disponible et commenté maintenant sur Internet, il reste peut-être quelques innocents qui ne l'ont pas vu.

Il raconte la destinée tragique de quelques tomates brésiliennes et les péripéties qu'elles subissent au long de la chaîne alimentaire pour finir sur l'île des marins, à deux pas de l'île des fleurs. Le style en est ironique jusqu'au cynisme, d'une logique un peu démonstrative mais au dénouement implacable.

Certains (1) ont voulu y voir une sorte de pamphlet athée et ont cru voir le commentaire «Dieu n'existe pas» à la fin du film, comme une conclusion, ce qui est faux. Ce texte n'apparaît qu'au début, dans le générique. Et on peut dire sans en dévoiler l'intrigue que la conclusion du film n'est pas que Dieu n'existe pas, question sans réel objet et à la limite du théisme, mais la démonstration de ce film, et le véritable drame, c'est que l'homme existe, malheureusement.

Ce film est à conseiller à tous les enfants. Et aux adultes également, même si pour eux il est déjà trop tard.

Cette image n'a rien à voir avec le film, elle n'est là, comme dans tout boniment publicitaire, que pour attirer la curiosité du passant.
Où voir le film sur Internet ?
Sur Youtube, en 2 parties de bonne qualité, sur DailyMotion sans générique de fin, sur le site de la télévision personnelle du Président de la République dans une copie de bonne qualité, et surtout une très bonne copie de 157 méga-octets téléchargeable depuis la page de Wikipedia consacrée au film.

Traduction
Tous les dialogues et commentaires du film sont en français dans l'ensemble des versions en liens, à l'exception de quelques textes intéressants dans les génériques de début et de fin, en portugais non sous-titré.
Au début du film ESTE NÃO É UM FILME DE FICCÃO - EXISTE UM LUGAR CHAMADO ILHA DAS FLORES - DEUS NÃO EXISTE (Ceci n'est pas un film de fiction - Il existe un lieu nommé l'île des fleurs - Dieu n'existe pas). À la fin du film, le générique détaille ce qui est fictif (notamment certains rôles joués par des acteurs), précise qu'il a été principalement tourné à ILHA DOS MARINHEIROS, l'île des marins à 2 km de l'île aux fleurs, et termine par O RESTO É VERDADE (le reste est vrai).

***
(1) Notamment le meilleur et le plus complet des articles qu'on trouvera sur le film, sur le site FILMdeCULTE, dans son paragraphe intitulé BRAZIIIIL.

vendredi 22 août 2008

L'arbre aux huit A

Ces étranges silhouettes aux formes de méduses, flottant entre ciel et terre, sont sans doute familières à l'amateur de préhistoire. Il aura déjà vu des dinosaures extravagants se dandiner lourdement sous ces hautes ombrelles, dans des documentaires anglais.
C'est une espèce survivante, un des rares conifères à avoir échappé aux bouleversements climatiques des dernières centaines de millions d'années, aux glaciations, au volcanisme, aux extinctions massives. Les botanistes le nomment «Araucaria auracana», les autres «pin du Chili».




On le trouve en quantité, pétrifié, sur tous les continents. Mais peu de survivants. Les derniers s'étaient regroupés dans quelques forêts d'Amérique du sud, au Chili et en Argentine, sur les versants des Andes, quand quelques graines comestibles furent emportées par un botaniste anglais au 18ème siècle. Ils devinrent alors des objets décoratifs à la mode dans les jardins anglais froids et humides, puis partout dans le monde. (1)

On dit qu'ils peuvent vivre au-delà de 1000 ans et que leur cime peut atteindre 50 mètres. On dit aussi qu'il y en a plus dans les jardins anglais, domestiqués, qu'à l'état sauvage dans les quelques forêts chiliennes protégées (2) où ils se raréfient. Ce dinosaure qui a résisté au feu des volcans et aux ères glaciaires meurt sur ses terres d'origine.
Souhaitons que persiste cet engouement ornemental et qu'on verra longtemps encore se balancer son profil de monstre marin. (3)

***

(1) Ces informations proviennent d'une excellente source, en anglais. Dans l'index des plantes, cherchez «Monkey puzzle tree»
(2) Les populations locales en tirent le bois de chauffage et de construction, la résine aux propriétés médicinales, les graines (pignons) nourrissantes pour l'homme et le bétail. Cet usage a été réglementé en 2002 ; le pin du Chili était déclaré espèce en danger par le CITES.

(3) Un anglais malheureux qui a vu dépérir de maladie un Auracana de 80 ans dans son jardin de Dartmoor, au pays de galles, a créé un blog le 27 octobre 2006 pour y faire le récit en images de sa mort et de son tronçonnage, comme dans les plus mauvais films d'horreur.

Araucaria auracana au milieu d'un route des Andes, entre le Chili et l'Argentine (passe Mamuil Malal, mars 2008) SOURCE