vendredi 29 juin 2007

Un peu de jazz

Difficile de montrer la musique en images. Sur scène une partie du quatuor du saxophoniste alto Pierrick Pedron, au festival de jazz d'Orléans, dans le jardin de l'évêché. Médiocre sonorisation, pluie, humidité, froid...

mardi 26 juin 2007

Nuages (2)

«En outre, la densité des nuages ne peut égaler celle des pierres, du bois, ni leur subtilité celle des brouillards et des fumées aériennes. Dans le premier cas, entraînés par leur poids, ils tomberaient comme les pierres ; dans le second, ils n'auraient pas plus de consistance que la fumée et ne sauraient retenir les neiges glacées ni les averses de grêle»
Lucrèce, De la nature des choses, Livre 6-101.

***
J'ai réalisé, en relisant ces quelques mois de chroniques, que Ce Glob Est Plat avait pris, notamment avec la série sur la vie des cimetières, une tonalité funèbre. Aussi ai-je résolu de lui insuffler un peu d'air de temps en temps avec une série plus légère, déjà initialisée (sans le savoir) en avril, d'où l'indice 2 du titre. Y seront présentés des nuages, en situation ou non, commentés ou pas, selon l'inspiration du jour, en tentant d'éviter les clichés du thème.

mercredi 20 juin 2007

Une œuvre énigmatique

Le musée national d'archéologie de Naples, récemment cité ici-même à propos d'un chef d'œuvre immémorial, recèle également des trésors moins renommés. Des trésors parfois si rares ou énigmatiques que les plus grands experts ne savent pas ce qu'ils représentent, d'où l'absence auprès d'eux d'étiquette explicative, comme pour le merveilleux objet de notre illustration. Le puriste regrettera peut-être que sa contemplation soit un peu gênée par la présence, juste devant l'œuvre, de cette statue de la déesse Isis, jolie néanmoins, mais omniprésente.

lundi 18 juin 2007

La vie des cimetières (7)

Curieux théâtre où le spectateur s'entasse sur la scène et dans les trous de souffleurs pour tenter d'apercevoir ce qui se passe dans la salle, chez les vivants. C'est l'ossuaire du cimetière des Fontanelle. Creusé dans la roche d'une colline de Naples. Il a connu des périodes de surpopulation, notamment lors de la grande épidémie de choléra en 1836 et servi régulièrement de placard à la mafia locale (on repérait leurs besognes aux petits trous nets qui ornaient les crânes). Lors des grandes tempêtes, on voyait parfois passer dans la rue un grand oncle enterré récemment, ou la tête de la défunte boulangère qui descendait rapidement la via Fontanelle. C'était devenu l'anarchie. Vers le milieu du siècle dernier, pris en main par la ville, l'ossuaire a été assaini, et transformé en attraction touristique où le spectateur vivant peut contempler, avec un frisson, ce qu'il va devenir.

lundi 11 juin 2007

Mourir à Capri

L'agave américain est né dans les endroits les plus désolés et les plus caillouteux d'Amérique centrale. Il s'est depuis parfaitement accoutumé au climat méditerranéen (comme nous l'aurions fait à sa place) et y vit avec distinction, quoique de manière un peu théâtrale, son étrange destinée.

Il mène d'abord pendant plusieurs décennies la vie alanguie et sans histoire d'une belle plante grasse indolente. Puis un jour, sans prévenir, il se réveille de sa longue somnolence et se laisse pousser droit vers le ciel un interminable lampadaire ouvragé, un sorte de portemanteau inutilisable dont les patères haut perchées accueillent de grosses fleurs jaunes ou vertes.

Ce canular surréaliste sera son unique saillie. Définitivement épuisé, il déclinera rapidement et mourra. Ce Glob Est Plat, ne reculant devant aucune bassesse, si elle est animée d'un esprit réellement scientifique, a repéré sur la toile une page d'une crudité insoutenable qui relate en images la brève déchéance d'un agave breton, récit obscène mais édifiant.

Les esprits sensibles ne suivront pas ce lien sordide mais se régaleront de notre illustration d'aujourd'hui. Cet agave prévoyant a choisi de passer sa courte retraite dans une île de rêve pour millionnaires moribonds, à Capri, à deux pas des boutiques de luxe, des bijoux clinquants et des vêtements de marques.

Le conseil santé de Ce Glob Est Plat :
Éviter la piqûre de la pointe de la feuille d'agave, qui peut être dangereuse et comporter parfois des effets secondaires insidieux pour les constitutions fragiles: ils en oublient d'un coup, dans leurs écrits, les règles grammaticales et orthographiques les plus rudimentaires. On ne s'en étonnera pas quand on saura que l'agave fournit les ingrédients de certains alcools dont la tequila et le mezcal.

jeudi 31 mai 2007

La vie des cimetières (6)

Telle est la fin de ceux qui ont pratiqué la piété. (13,35) Ils résident aux Jardins d’Éden. Là, ils sont parés de bracelets d’or Et vêtus d'habits verts de soie fine. (18,31) Accoudés sur des trônes à l'abri du soleil et des gelées, Sous les ombrages perpétuels, Et les fruits inclinés à portée de leurs mains. Allah les protége du malheur de ce jour, Et leur accorde l'éblouissement et le ravissement éternels. (76,11-14) Pour les mécréants incrédules qui mijoteront dans les flammes de l'enfer pour en avoir douté, voici la localisation de ce jardin réel: 41° 0'55.49"N & 28°57'52.41"E

vendredi 25 mai 2007

La Bruyère avait raison

Un contemporain distrait ou pressé qui découvre l'histoire de l'art dans les livres ou les musées aura l'impression que l'ordre de présentation des œuvres ou des écoles, généralement chronologique, sous-entend une idée d'évolution, voire de progrès. Il pensera que la représentation de la réalité, longtemps réduite à la figuration monumentale de divinités hiératiques et figées, s'est peu à peu libérée, à partir de la renaissance, et que le génie humain, avec l'aide de la démocratie et de l'électricité, aura su lui insuffler le mouvement, jusqu'à l'apogée que représente l'impressionnisme, ses nuages, ses petites fleurs et ses papillons colorés (le siècle d'abstraction conceptuelle qui suit étant une péripétie négligeable).

Puis un jour pluvieux, égaré dans les sous-sols d'un grand musée parisien, notre contemporain s'arrêtera devant une vitrine poussiéreuse, subjugué par un visage peint aux yeux immenses. Que fait ce portrait parmi les antiquités et les sarcophages? Son petit monde de certitudes vacillera quand il lira sur l'étiquette qu'il a été peint à la cire il y a presque 2000 ans, en Égypte romaine, dans la région du Fayoum.
Et persévérant, au gré des musées, il découvrira d'autres réalisations humaines surprenantes qu'il aurait datées par erreur, à la modernité de leur style, d'une époque proche de la nôtre.

La Bataille d'Alexandre et Darius, monumentale mosaïque découverte en 1831 aux pieds du Vésuve à Pompéi, dans la maison du faune, fait partie de ces œuvres immémoriales «miraculeusement» conservées dont la contemplation nous encourage à cesser d'échafauder de grandes idées sur le genre humain, et à simplement admirer ce qu'il lui arrive de réaliser.

Une copie a été reconstituée exactement à l'endroit de sa découverte. L'original est aujourd'hui quelques kilomètres plus loin, dans une salle du musée national d'archéologie de Naples.

Les spécialistes disent qu'elle représente la bataille du roi grec Alexandre 3 contre le roi perse Darius 3, à Issos (ou Issus) en 333 avant notre ère. Elle mesure 6m x 3m, contient 1 à 2 millions de pièces, daterait de -100 et serait la copie en mosaïque d'une célèbre peinture grecque de Philoxène d'Érétrie. Les avis semblent encore diverger sur la bataille représentée et sur la date de réalisation. Peu importe, inutile de s'attarder sur l'anecdote, illustration complaisante et romancée d'un des épisodes de l'immense et lucrative campagne de pillage de l'Orient conduite en quelques années par Alexandre.

En voici quelques détails impressionnants, fraîchement photographiés.

C'est le héros de l'histoire, à gauche, sur son cheval roux. Alexandre. Il vient de transpercer de sa lance un méchant ennemi. Il va pouvoir lui piquer son argent, et peut-être une ou deux de ses filles. Il va gagner la bataille mais on lit sur son visage un rictus d'amertume, voire de tristesse. Est-ce d'être le seul grec de la mosaïque à ne pas avoir été détérioré par les intempéries?

Lui, c'est Darius, le roi des méchants, sur son char, prenant la fuite. Malgré les lances qui le protègent, on le sent inquiet, même suppliant, semblant dire à Alexandre "Allez, on se serre la main, c'était juste pour rigoler".
 Là, c'est la débandade derrière Darius. Le conducteur de son char, qui est aussi un méchant, donne l'impression de fouetter autant ses chevaux noirs que ses collègues de bureau qui l'empêchent de fuir. Quelle honte!
 À droite de la mosaïque, c'est l'affolement dans l'équipage de Darius.
 Au centre, devant le char de Darius, un soldat et un cheval perses effrayés. C'est graphiquement peut-être le plus beau détail de la mosaïque. Le cheval est dessiné dans une perspective raccourcie et des lignes sinueuses qui donnent à l'œuvre une grande part de sa profondeur et de son dynamisme. Cette science du dessin, héritée de la Grèce, a été ensuite enfouie, comme nombre d'autres sciences, dans les ruines romaines pendant 15 siècles.
 Au centre, aux pieds du soldat transpercé, un cheval blessé mortellement au flanc regarde s'écouler son sang.
 Au centre, devant le char de Darius, un soldat blessé regarde son reflet désespéré dans le miroir d'un bouclier.
  Au fond de la scène, exactement au milieu, probablement un soldat grec perdu parmi les perses, seul personnage de toute la mosaïque à regarder le spectateur, semble nous demander, d'un air désolé, ce qu'il peut bien faire ici, au milieu de ce vacarme silencieux. Devant lui, un cheval paraît en rire.
 
On trouvera peu, par la suite dans l'histoire de l'art, de représentations de batailles d'une telle énergie et d'une telle lisibilité.
Il y a des moments où la première phrase des Caractères de La Bruyère vient naturellement à l'esprit : «Tout est dit, et l’on vient trop tard depuis plus de sept mille ans qu’il y a des hommes et qui pensent».


Mise à jour du 1.04.2025 : Lors de la restauration de 2022-2025, les experts mosaïstes du parc de Pompéi ont déclaré que la mosaïque avait été créée pour être observée de haut, puis exposée verticalement en 1916 pour s'adapter au musée, mais qu'elle reprendra sa position de mosaïque au sol quand elle sera exposée à nouveau mi-2025.

samedi 5 mai 2007

La vie des cimetières (5)

Ce chat fantastique a été réalisé par Niki de Saint Phalle pour un ami mort en 1989. Malgré une relative renommée, cette tombe incomparable, commémorant un inconnu, n'est pas indiquée dans le dépliant touristique distribué aux entrées du cimetière du Montparnasse (Paris 14ème Arr.). Presque tous les gardiens et promeneurs habitués ne savent pas la situer. Alors pour guider les amateurs de curiosités dans ce labyrinthe de 19 hectares, en voici à peu près les coordonnées terrestres aux bords de la 6ème division:

mardi 1 mai 2007

Montrer ce qui n'existe pas

Une image peut-elle exister en dehors de toute signification, uniquement par la réalité physique qu'elle représente?
Probablement pas. Dans une image isolée, on voit le plus souvent ce qui n'existe pas, le sens construit par notre imaginaire. Ces platitudes de comptoir pour dire que j'ai longtemps hésité à montrer la photographie jointe à cette chronique. Sans commentaire, il me semble qu'elle cautionne et embellit une chose que j'abhorre: la croyance, qui retient l'espèce humaine à un stade infantile, sans même qu'elle parvienne à atteindre l'adolescence et ses doutes. C'est pourquoi, n'écoutant que mon sens des responsabilités sociales, j'ai décidé de ne pas montrer cette image.

samedi 28 avril 2007

La vie des cimetières (4)

À Civaux, dans la Vienne, le médecin du village affirme que les fleurs artificielles supportent sans inconvénient l'humidité ambiante du site et conservent leur fraîcheur originelle durant de longues années.

46°26'46.07"N & 0°39'51.87"E

* Les coordonnées ci-dessus renvoient à Gougueule Eurf, mais il est conseillé, pour avoir une vue par satellite du site actuellement plus précise, d'utiliser les pages blanches.


mardi 24 avril 2007

Simplifions Dante Alighieri

On ne lit plus beaucoup «La divine comédie» de Dante Alighieri. Non que les croyances en ses niaiseries sentencieuses aient de nos jours disparu, mais parce que le style en est ampoulé, et la pensée souvent laborieuse, comme dans ces textes antiques qui seraient à peine compréhensibles sans leur appareil de notes minuscules en bas de page, ou pire, en fin de volume. La Divine Comédie, écrite dans les années 1310, est le récit d'un cheminement tortueux du plus profond des souterrains de l'enfer vers le plus haut étage du paradis. L'auteur s'y fait guider par le poète romain Virgile, mort 13 siècles auparavant, et y croise nombre de personnages mythologiques comme Lucifer, Ulysse, la Sainte Vierge... Le spectacle des souffrances (surtout) et des félicités raconté dans cette épopée a inspiré beaucoup d'illustrateurs qui ont pu ainsi impunément exprimer leurs penchants pervers ou bêtifiants, et faire survivre l'œuvre au fil des siècles.

 
Gustave Doré - Illustration de l'Enfer (X. 40-42) gravée par Pisan
Mais cela ne suffit plus. Pour relancer l'intérêt de la clientèle, un vrai rajeunissement simplificateur est devenu nécessaire, à l'instar du récit wagnérien bêtifiant et alambiqué de Tolkien, «Le seigneur des anneaux», qui a été revigoré par la saga cinématographique ennuyeuse, mais populaire, de Peter Jackson. Un premier pas dans ce sens vient d'être fait par la ville de Paris, à la ré-ouverture du musée du petit palais. Au sous-sol, une statue romantique de Dante Alighieri est mise en scène sous une lumière inquiétante, comme dans les cercles de l'enfer. On notera les différents accés aux enfers actualisés par l'architecte, notamment les petits personnages lumineux verts, fléchés, qui indiquent clairement le chemin vers le purgatoire et le paradis, concession ingénieuse à la modernité. Là où Dante en avait bavé pour retrouver son chemin vers "le soleil et les autres étoiles", ce qui fait la matière essentielle de son ouvrage, le visiteur moderne en vivra l'expérience en toute sécurité, guidé vers la lumière par la signalétique prévenante des services municipaux.

vendredi 20 avril 2007

La vie des cimetières (3)

Est-ce parce qu'on est au cœur d'un cimetière que l'instinct de reproduction, la survie de l'espèce, se manifeste d'une manière aussi impérieuse? Ici, au Père-Lachaise, un mâle effectue sa parade compulsive devant une femelle qui feint l'indifférence.

mardi 17 avril 2007

Les dragons d'Oiron

L'un des blogs les plus actifs du moment, Monster Brains, qui s'est voué depuis plus d'un an à la représentation des monstres et des personnages fantastiques dans l'art, consacre la semaine actuelle aux dragons. Pour le soutenir dans cette persévérance à se faire croire qu'on a peur, Ce Glob Est Plat présente pour sa part les dragons du château d'Oiron. Le château d'Oiron est un immense cabinet des curiosités de l'art contemporain. Le temps n'y a pas encore fait le tri et effacé le superflu, d'où une impression de magnifique fatras hétéroclite. Des chimères taxidermiques de Grunfeld aux humanoïdes orthopédiques de Spoerri, une grande place y est faite au monstrueux, comme dans le bestiaire factice d'un vieux cirque ambulant.

Misfit de Thomas Grunfeld, et Corps en morceaux de Daniel Spoerri

Et puis il y a les dragons en papier mâché (alebrijes) des Linares père et fils, pas dégoûtants ni effrayants du tout. De jolis jouets vernis, fragiles et encombrants, presque abstraits dans leur rotonde blanche.

samedi 31 mars 2007

La vie des cimetières (2)

Le sens commun voudrait qu'on protège un cimetière contre les intrusions nocturnes de profanateurs. Ici, au Père-Lachaise, à Paris, on a plutôt cherché à défendre l'extérieur du cimetière, les vivants, contre les invasions de diverses espèces de revenants, zombies et ectoplasmes. Saluons l'initiative. Pour le bienheureux qui croit, tout est possible.

mercredi 28 mars 2007

La vie des cimetières (1)


Septembre. Dans le petit cimetière de San Miniato al Monte, les derniers rayons du soleil couchant viennent rebondir sur les plis d'une cape et irradier un visage de marbre.

mardi 27 mars 2007

Le pont-canal

Quand l'homme s'ennuie, il met au point des inventions extravagantes. Un jour de l'année 1890, il pensa qu'il serait amusant de faire se croiser les bateaux comme le font les avions, sur des plans différents, dans un espace à 3 dimensions, et même de les faire naviguer au dessus d'une route de campagne normalement sèche. Alors il demanda à Eiffel et quelques autres savants de construire, pour enjamber la Loire, le pont-canal de Briare.
Il l'orna de lampadaires ouvragés, le détruisit pour des raisons stratégiques en 1940 pour le reconstruire en 1941. Depuis, ce canal qui traverse un fleuve "à pieds secs" éblouit le touriste de passage, par cette grandeur un peu oiseuse qu'ont les réalisations prestigieuses d'un autre temps.


mercredi 21 mars 2007

Vers l'infini, et au-delà

Le plus beau tableau, et probablement le plus célèbre, d'un des principaux paysagistes russes de la fin du 19ème siècle était exposé au musée d'Orsay l'an dernier, avec quelques autres chefs d'œuvre de la peinture russe. C'est un grand tableau (206 x 150 cm.) qui demande un certain recul pour être admiré dans son ensemble.
Hélas, l'organisateur particulièrement inspiré avait trouvé intelligent de l'accrocher dans un angle à l'entrée de l'exposition, exactement en regard, perpendiculairement, d'un texte certainement très instructif puisque tous les visiteurs s'y arrêtaient un bon moment, masquant ainsi systématiquement et en permanence une grande partie du tableau.

Alors, à l'intention de tous les frustrés qui n'ont vu que des bribes, voici le tableau entier, dans une magnifique reproduction due à un site russe
* riche en images de qualité.
Intitulé "Au dessus du repos éternel", il a été peint par Isaac Levitan en 1894.

* Dans l'index alphabétique sélectionnez la lettre L (Русская живопись. Л.) et dans la page qui s'affiche, parmi les peintres en L, tous les liens commençant par "Исаак ЛЕВИТАН (1860-1900)" mènent vers un tableau de Lévitan.

dimanche 18 mars 2007

Priapus et Galipette (féerie)

C'était il n'y a pas très longtemps. L'affreux gnome Priapus...

...poursuivait la gentille fée Galipette de ses assiduités.

Un triste matin d'hiver, on retrouva la malheureuse dans un ravin, démembrée et exsangue.

Depuis, la police mène une surveillance discrète au pays des fées.

dimanche 11 mars 2007

Quand la grande roue s'arrêta

Au début de l'année 2002, un petit typhon futile remuait les autorités parisiennes. Elles avaient permis depuis quelques années, pour fêter somptueusement le changement de millénaire, que le propriétaire de la grande roue (60 mètres) exerce son commerce sur la célèbre place de la Concorde, à l'entrée du jardin des Tuileries. Une fois le millénaire passé, le commerçant imaginant que son attraction était là pour un millénaire encore, refusait de quitter la place.

Pour éviter que ces situations se répètent, et à l'intention des négociants qui souhaiteraient engager un investissement totalement garanti, Ce Glob Est Plat conseillera la grande roue du parc d'attraction de Pripyat, en Ukraine. Située à moins de 3700 mètres du grand sarcophage de Tchernobyl. Aucune autorité ne viendra jamais la démonter, au moins pendant quelques millénaires. En voici les coordonnées précises: 51°24'30.57"N & 30° 3'20.21"E.

Finalement, après quelques péripéties très médiatisées, la grande roue était démontée fin janvier 2002.

jeudi 8 mars 2007

Frère, biographie

Théodore Frère, peintre de paysages d'orient.

24 juin 1814, Paris, France,
24 mars 1888, ...

De son vivant, Théodore Frère était estimé et honoré, en France, et en Égypte où on lui décerna le titre de "Bey" et où il participa au cortège officiel de l'inauguration du canal de Suez en 1869.
De nos jours, s'il ne fait plus partie du panthéon des grands peintres honorés par les institutions ou par les éditions d'art , il est resté très apprécié des amateurs et le moyen le plus sûr de voir ses œuvres est de fréquenter les salles de ventes qui en ont vu passer 400 pendant les 20 dernières années.
Son frère Édouard, cadet de 2 ans, peintre à succès également, représentait des scènes de la vie du peuple, édifiantes et sentimentales, dignes du calendrier des postes.

Théodore ne s'intéressait qu'au paysage.

Après 1830, afin de populariser sa politique de conquêtes, le gouvernement français incitait et aidait les artistes à partir pour l'Algérie. C'était le début de l'orientalisme.
Théodore passera sa vie à voyager en Afrique du nord, au moyen-orient et à peindre des paysages désertiques. Sans se soucier d'histoire ou d'anecdotes. Ses personnages sont des silhouettes anonymes passant dans des décors abstraits, sans détails, presque vides. Le seul être vivant semble y être le soleil.
Ses tableaux illustrent ce que disait Vialatte du désert "c'est l'éternité, le pur espace des géomètres".

On ne trouve pas de monographie, ni de catalogue d'exposition sur Théodore Frère.

dimanche 4 mars 2007

Aristote m'a déçu !

Un grand événement astronomique doit toujours être accompagné de son explication scientifique si on veut éviter de tomber dans les aberrations de l'irrationnel et les affres de la croyance. Alors, cette nuit, pour comprendre le fonctionnement de l'éclipse totale de lune (qui promettait d'être elle-même éclipsée par la couverture nuageuse) je me suis décidé à lire ce que le grand Aristote en disait.

22h40 - un commencement difficile derrière les nuages

Je passe pudiquement sur l'épisode où il affirme que l'éclipse est causée par la terre, sphérique, qui s'interpose entre le soleil et la lune. Je laisse à de plus compétents le soin de discuter ce point.

01h18 - les nuages sont partis. mais trop tard pour l'éclipse totale

J'en arrive à la cause de ma déception, en citant un passage un peu obscur de son traité du ciel: "Un tremblement de terre coïncide parfois avec une éclipse de lune. Quand la lumière et la chaleur du soleil quittent l'air, le vent causé par le refroidissement de la lune qui approche du point de l'éclipse retourne dans la terre et génére ainsi le tremblement de terre."

02h26 - la pleine lune où s'accroche un petit reste d'ombre

C'était hier ma dixième éclipse de lune, et aucune n'avait jamais été accompagnée d'un tremblement de terre. J'attendais beaucoup de cette dernière, mais rien n'advint. Pas la plus petite vibration. Le silence. On en vient à se demander comment Aristote peut être considéré comme le fondateur de la pensée et de la science occidentales.

***
Je n'ai pas trouvé de traduction française numérique du Traité du ciel d'Aristote, alors le lien eDonkey suivant pointe vers une traduction anglaise: ed2k://|file|Aristotle - On The Heavens.txt|231136|FCDDC3C34A7E9F9404BA6F29554EA189|/

Mise à jour (07.03.2009) : Philippe Remacle a récemment ajouté, dans sa phénoménale mine des auteurs grecs et latins, une traduction intégrale en français du Traité du ciel d'Aristote.

samedi 3 mars 2007

Aivazovski et Turner sont dans un bateau...

Le musée de la marine, au palais de Chaillot à Paris, expose du 7 février au 4 juin 2007 une quarantaine de tableaux d'un peintre célèbre, représenté dans tous les musées de Russie, en Arménie, en Turquie, et presque inconnu en europe de l'ouest, Ivan Aivazovski.
S'il faut croire les notices psittacistes qui annoncent l'exposition, et une biographie officielle du peintre (éditions soviétiques Aurora 1980), William Turner l'a tellement adoré qu'il l'aurait qualifié de génie dans un long poème ridicule, en italien. Si l'anecdote est risible, une rencontre reste plausible. À l'époque où Aivazovski, à 25 ans, étincelait dans les salons artistiques de France et d'Italie, Turner, presque septuagénaire, arpentait la Suisse et l'Italie du nord.
Les deux peintres partageaient la même obsession. Au long de quelques milliers de peintures, proches du cliché romantique et du chromo maritime, inondées de tempêtes échevelées, de batailles navales embrumées et de naufrages au clair de lune, on voit partout se répandre chez Aivazovski, comme chez Turner, la même hantise pour l'eau, l'air et la lumière. Allons voir cette exposition, et cette lumière si rare.

mardi 27 février 2007

Les banyans de Garibaldi

En pénétrant dans le jardin Garibaldi, au cœur de Palerme, le flâneur ne s'attend pas à faire soudain quelques pas dans la préhistoire. Il se trouve entouré d'une famille de gigantesques végétaux dinosauriens. Ce sont d'énormes banyans (Ficus magnolias) plantés là vers 1860. Le promeneur se rappelle alors que les frères de ces pachydermes immobiles cherchent depuis des siècles à engloutir les temples d'Angkor dans une jungle minérale.

 
La rédaction de Ce Glob Est Plat, consciente de la confusion faite dans cette chronique entre le minéral, le végétal et l'animal, n'en garantit pas la rigueur scientifique. Elle a néanmoins rappelé à son reporter de ne pas fumer systématiquement tout ce qui se trouve dans les jardins publics.

samedi 24 février 2007

Tableau Mystère numéro 1



Qui est l'auteur de ce petit bijou ?
Allez, je donne un indice, ses dimensions : 20 x 25 cm.