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Cette image vous évoque quelque chose ?
Les actualités peut-être, au Congo, à Cuba, en Iran, au Liban, au Mali, en Palestine, au Soudan, en Ukraine, bientôt en Europe ? En réalité ce sont les actualités de 1560, la chronique du peintre Pieter Brueghel père, qui vivait une époque formidable, sur les terres de la Belgique d'aujourd'hui.
La Flandre était sous domination espagnole, la Terre appartenait aux plus violents, on faisait une guerre pour régler une querelle d’héritage, un différend familial, Charles Quint jouait aux petits chevaux ou au Monopoly sur la carte de l’Europe du nord, c’étaient bandes de mercenaires, cruautés et pillages, extorsions fiscales par le colonisateur, et aussi les premiers hivers rigoureux du petit âge glaciaire, récoltes désastreuses, flambée du prix des céréales, famine, et pour épicer le tout la répression de la réforme protestante par les catholiques, dénonciations pour hérésie et exécutions publiques, supplices, pendaisons, buchers… Par chance, la peste, qui n’avait pas fini de décimer Londres, restait pour l’instant au-delà de la Manche.
On comprend l’amertume de Pieter l’Ancien, il imaginait qu’était venue alors la fin prédite de l'Humanité.
Le monde a bien changé depuis ces temps d’ignorance et de brutalité.
On avait parlé de ce tableau de Brueghel lors de sa restauration par le Prado en 2018. La qualité était moyenne et comme la photo est interdite dans le musée, on trouvait peu de reproductions correctes de ses délicieux détails sur internet ; il était même oublié des sites en gigapixels consacrés au peintre. Or notre récente visite virtuelle au Prado a déniché le Triomphe de la mort parmi les trésors reproduits en gigapixels. Vous pouvez bien entendu le consulter en suivant le mode d’emploi laborieux décrit dans notre chronique précitée, ou simplement télécharger ici directement, selon les capacités de votre équipement informatique, la capture assemblée à cette occasion (l'affichage se fera dans un nouvel onglet et pourra prendre quelques secondes) :
●● 10 000 px, 24 Mo, version intermédiaire● 6000 pixels, 13 mégaoctets, cette reproduction vue sur un écran standard d’ordinateur correspond approximativement aux dimensions réelles du tableau (162 cm de large)●●● 17 000 px, 45 Mo, on distingue dans cette reproduction de plus de 3 fois la taille réelle chaque coup de pinceau déposé par le peintre.
"Eh bien merci, mais quel est le rapport avec le titre de votre chronique ?" direz-vous.
Bonne question. Alors voilà : les pointures de la neurobiologie, les Changeux, Dehaene, Ripoll, Moukheiber, Chater, nous confirment tous - il y a belle lurette qu’on l’avait constaté - que le cerveau, pour faire des économies d’énergie, bat continuellement des records de fainéantise, de parcimonie disent les plus bienveillants ; il ne s’occupe naturellement que des activités qui lui demandent le moins d’efforts ; il a déjà assez de mal à organiser l’entretien de l’ensemble du système. Ainsi, dans son inclination à tout simplifier, il donne la priorité aux nombres ronds qui sont les plus faciles à calculer, comparer, mémoriser.
C’est tout. Qu'importe de savoir que vous venez de lire la millième chronique de Ce Blog est Plat ? Vous ne l’auriez pas remarqué.























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