dimanche 28 juin 2015

Histoire sans paroles (17)

Jardins du Généralife, Alhambra de Grenade, Andalousie
 
Jardin abandonné d'un palais à Viznar près de Grenade,
huile sur toile de Santiago Rusiñol, 1895
(Grenade, Alhambra, palais de Charles Quint, musée des beaux-arts)

lundi 22 juin 2015

Rembrandt, le retour

Rembrandt, David joue de la harpe pour le roi Saül (La Haye, Mauritshuis)

Comme Caravage ou Corot, Rembrandt est un des peintres phares qui ont modelé notre vision du monde et que la postérité a généreusement crédités de tableaux produits par d’autres, suiveurs et imitateurs anonymes.
Et puis, avec le temps, l’analyse scientifique des peintures progressant avec les évolutions de la technologie, on observe l’érosion lente du catalogue de leurs œuvres indiscutables.

Les plus anciens se souviendront peut-être du grand nettoyage qu'avait subi le catalogue des œuvres attribuées à Rembrandt à la fin des années 1960, sous l'autorité d'Horst Gerson, expert incontesté. Le nombre de tableaux authentiques était alors passé d'environ 600 à 420. Une fonte d'un tiers qui avait causé chez les collectionneurs et les admirateurs du peintre de grandes déceptions, des banqueroutes, voire pire.
Puis d'autres catalogues d’autres experts suivirent qui réduisirent encore le décompte.

On pensait le phénomène irrémédiablement à sens unique, mais le musée Mauritshuis de La Haye présente aujourd’hui et jusqu'au 13 septembre, en vedette d’une exposition intitulée « Rembrandt ? L’affaire Saül et David », un tableau qui, au contraire, revient d’un séjour de 45 ans dans les enfers de l’anonymat.
Acheté sur le marché de l’art comme Rembrandt authentique par Abraham Bredius en 1898, offert au musée et unanimement admiré, il était banni par Gerson en 1969. Il faut dire que son examen détaillé révélait une toile rapiécée comme une vieille chaussette, à l’aide notamment d’un morceau de portrait de religieuse par un imitateur d‘Antoon Van Dyck, recouvert de peinture brune.

Dernier épisode, le tableau vient d’être consciencieusement restauré par le Mauritshuis et son exposition couronne 8 années d’une étude approfondie. Histoire de créer un peu de rumeur médiatique la publicité de l'exposition laisse un léger mystère sur l'attribution à Rembrandt, mais la lecture attentive du site du musée lève tout doute sur les conclusions du groupe d’experts internationaux qu’il a réunis.

Et après tout, peu importe.
Rappelons aux amateurs décontenancés par la valse des étiquettes qu'un tableau n'est pas beau parce qu'il est de Rembrandt, d'ailleurs il en a raté un certain nombre, mais c'est parce qu'un bon nombre de tableaux d'un Monsieur Rembrandt sont des merveilles de clair-obscur et de profondeur humaine qu'il est un peintre influent et inoubliable.
   

dimanche 14 juin 2015

Nuages (36)




Bruxelles avant l'orage, Place de l'Albertine et Hôtel de ville, 5 juin 2015.

mercredi 10 juin 2015

Sale temps sur Moulinsart ?

Le château de Cheverny, amputé des deux bras par Hergé en 1944, retouché en 2005 par Christophe Finot, et en 2015 par Photoshop.

Depuis plus de 20 ans, le nouveau mari de la veuve d’Hergé règne en maitre sur l’héritage, au nom de la société Moulinsart. La moindre association de fans qui souhaite utiliser sans but commercial quelques vignettes d’albums de Tintin doit engraisser le despote sous peine de poursuite judiciaire.

Or une bande de 680 passionnés, « Hergé Genootschap » (l’Association Hergé), a toujours refusé d’honorer cette taxation. Attaquée en justice par Moulinsart l’association a déniché pour sa défense un contrat du 9 avril 1942 où Hergé cède l’ensemble des droits de publication de ses albums dessinés à la société d'édition Casterman, et ce en toutes langues.

La justice néerlandaise vient par conséquent de rejeter la demande de Moulinsart concluant qu’elle n’aurait aucun droit sur la publication des textes et images extraits des aventures de Tintin dans l’exercice du droit de citation.
Ainsi depuis 32 ans, les héritiers d’Hergé auraient usurpé des droits patrimoniaux, illégalement interdit des publications et indument encaissé des bénéfices à la place de la société Casterman.
Mais il semble évident que tous le savaient, et que Casterman qui vit déjà grassement d’Hergé a volontiers abandonné aux héritiers la tâche ingrate des poursuites judiciaires et les gains mineurs en regard de la manne qu’est la publication mondiale des albums de Tintin.

Alors, amateurs du petit personnage insipide, ne vous réjouissez que très modérément, car si la chose se confirme il y a gros à parier que Casterman poursuivra la politique agressive de Moulinsart.

Et si la décision de la justice néerlandaise (semblable à certaines en France) procure une petite satisfaction théorique, il faudra toujours attendre l’an 2054 que l’œuvre d’Hergé revienne au domaine public. Et probablement plus encore, car d'ici là les bénéficiaires des droits d'auteur auront tout le temps d'obtenir de l'incorruptible législateur, comme dans un passé récent, une prolongation de la durée de protection de leur rente.