samedi 28 avril 2007

La vie des cimetières (4)

À Civaux, dans la Vienne, le médecin du village affirme que les fleurs artificielles supportent sans inconvénient l'humidité ambiante du site et conservent leur fraîcheur originelle durant de longues années.

46°26'46.07"N & 0°39'51.87"E

* Les coordonnées ci-dessus renvoient à Gougueule Eurf, mais il est conseillé, pour avoir une vue par satellite du site actuellement plus précise, d'utiliser les pages blanches.


mardi 24 avril 2007

Simplifions Dante Alighieri

On ne lit plus beaucoup «La divine comédie» de Dante Alighieri.
Non que les croyances en ses niaiseries sentencieuses aient de nos jours disparu, mais parce que le style en est ampoulé, et la pensée souvent laborieuse, comme dans ces textes antiques qui seraient à peine compréhensibles sans leur appareil de notes minuscules en bas de page, ou pire, en fin de volume.

La Divine Comédie, écrite dans les années 1310, est le récit d'un cheminement tortueux du plus profond des souterrains de l'enfer vers le plus haut étage du paradis. L'auteur s'y fait guider par le poète romain Virgile, mort 13 siècles auparavant, et y croise nombre de personnages mythologiques comme Lucifer, Ulysse, la Sainte Vierge...
Le spectacle des souffrances (surtout) et des félicités raconté dans cette épopée a inspiré beaucoup d'illustrateurs qui ont pu ainsi impunément exprimer leurs penchants pervers ou bêtifiants, et faire survivre l'œuvre au fil des siècles.

Gustave Doré - Illustration de l'Enfer (X. 40-42) gravée par Pisan

Mais cela ne suffit plus. Pour relancer l'intérêt de la clientèle, un vrai rajeunissement simplificateur est devenu nécessaire, à l'instar du récit wagnérien bêtifiant et alambiqué de Tolkien, «Le seigneur des anneaux», qui a été revigoré par la saga cinématographique ennuyeuse, mais populaire, de Peter Jackson.

Un premier pas dans ce sens vient d'être fait par la ville de Paris, à la ré-ouverture du musée du petit palais.
Au sous-sol, une statue romantique de Dante Alighieri est mise en scène sous une lumière inquiétante, comme dans les cercles de l'enfer. On notera les différents accés aux enfers actualisés par l'architecte, notamment les petits personnages lumineux verts, fléchés, qui indiquent clairement le chemin vers le purgatoire et le paradis, concession ingénieuse à la modernité.

Là où Dante en avait bavé pour retrouver son chemin vers "le soleil et les autres étoiles", ce qui fait la matière essentielle de son ouvrage, le visiteur moderne en vivra l'expérience en toute sécurité, guidé vers la lumière par la signalétique prévenante des services municipaux.


vendredi 20 avril 2007

La vie des cimetières (3)

Est-ce parce qu'on est au cœur d'un cimetière que l'instinct de reproduction, la survie de l'espèce, se manifeste d'une manière aussi impérieuse? Ici, au Père Lachaise, un mâle effectue sa parade compulsive devant une femelle qui feint l'indifférence.


mardi 17 avril 2007

Les dragons d'Oiron

L'un des blogs les plus actifs du moment, Monster Brains, qui s'est voué depuis plus d'un an à la représentation des monstres et des personnages fantastiques dans l'art, consacre la semaine actuelle aux dragons.
Pour le soutenir dans cette persévérance à se faire croire qu'on a peur, Ce Glob Est Plat présente pour sa part les dragons du château d'Oiron.

Le château d'Oiron est un immense cabinet des curiosités de l'art contemporain. Le temps n'y a pas encore fait le tri et effacé le superflu, d'où une impression de magnifique fatras hétéroclite. Des chimères taxidermiques de Grunfeld aux humanoïdes orthopédiques de Spoerri, une grande place y est faite au monstrueux, comme dans le bestiaire factice d'un vieux cirque ambulant.


Misfit de Thomas Grunfeld, et Corps en morceaux de Daniel Spoerri

Et puis il y a les dragons en papier mâché (alebrijes) des Linares père et fils, pas dégoûtants ni effrayants du tout. De jolis jouets vernis, fragiles et encombrants, presque abstraits dans leur rotonde blanche.