dimanche 27 janvier 2008

La mine du British Museum

Non, cette éblouissante aquarelle n'a pas été peinte par qui vous croyez. Elle est de Pyne (James Baker), admirateur de qui vous savez, et date probablement des années 1830-1840. Elle fait partie des 110810 gravures et dessins, disponibles en ligne dans des reproductions satisfaisantes, de l'immense collection du British Museum à Londres. N'oubliez pas de cocher la case «images only» dans le dialogue de recherche et prévoyez des heures de fouilles et de découvertes dans cette mine de diamants.

samedi 26 janvier 2008

dimanche 20 janvier 2008

Encore un grand pas pour l'humanité

Mosaïque pompéienne du 1er siècle,
squelette épicurien aux pichets de vin (Carpe Diem),
Naples, Musée national d'archéologie

Le 14 septembre 1998, le monde entier apprenait dans l'encyclique «Fides et ratio» du pape Jean-Paul II que «La foi et la raison sont deux ailes qui permettent à l'esprit humain de s'élever vers la contemplation de la vérité». En d'autres termes, on ne peut connaître la vérité qu'en conjuguant une réflexion raisonnable (la logique scientifique) et une adhésion irrationnelle (la croyance dans les dogmes de la religion).

On se rappelle peut-être moins que quelques mois auparavant, le 30 janvier 1998, la France avait mis en application la même idée extravagante, par la publication au Journal Officiel d'un décret surréaliste relatif à la mise sur le marché des médicaments homéopathiques. En résumé, les marchands de ces produits sont dispensés de tout essai pharmacologique, toxicologique et clinique (par exemple de tests en double aveugle) s'ils apportent la preuve, par référence à la littérature reconnue dans la tradition de la médecine homéopathique, que le degré de dilution et les composants utilisés en garantissent l'innocuité. Il y a ainsi deux catégories de médicaments : ceux qui devront démontrer leur efficacité, et ceux auxquels il suffira de croire.

Comme le dit Jean Brissonnet dans une étude passionnante sur la «médecine homéopathique *», ce texte de loi permissif et inégalitaire, imposé par l'harmonisation européenne, pouvait être interprété comme une forme de mépris envers les adeptes de l'homéopathie. Les laboratoires spécialisés ont-ils pris conscience d'un risque de perte de crédibilité auprès de leur clientèle, et est-ce pour cela qu'ils semblent avoir organisé des campagnes de tests à grande échelle directement sur leurs fidèles ?

Les récentes expériences des laboratoires Boiron sont à ce sujet éloquentes. Le 10 octobre 2007, un communiqué de l'agence française de sécurité sanitaire (AFSSAPS) informe que deux médicaments homéopathiques Boiron ont été intervertis durant 6 mois et prescrits pour ce qu'ils n'étaient pas, suite à une erreur d'étiquetage. Le communiqué de l'AFSSAPS dont le ton général est très rassurant, insiste sur l'absence de risque particulier pour les patients et l'absence de cas de pharmacovigilance déclaré.

Pareil test en double aveugle, directement sur la population pendant 6 mois, ça n'a pas de prix ! La loi demande la preuve de l'innocuité de ces médicaments.
Y a-t-il jamais eu plus parfaite démonstration ? Et plus que de leur innocuité, certainement de leur inutilité.

C'est pourquoi contrevenant ici à sa légendaire neutralité, Ce Glob Est Plat conseille à ses lecteurs de s'empiffrer de médicaments homéopathiques afin d'aider les laboratoires français à retrouver leur respectabilité qu'une loi inique venue de l'étranger continue de flétrir.

*
Cette étude date un peu (1999). Quelques informations plus récentes (2004) se trouvent sur le site de F. Roussia. Un entretien édifiant d'une heure avec Jean Brissonnet en 2010 est disponible sur le blog de JM. Abrassart (le balado du scepticisme scientifique).

dimanche 13 janvier 2008

Venise, la vitrine de Zegna


Venise, le 2 juillet 2004, 10h28.

Toujours soucieuse de notre santé et de ses artères, Gougueule a écrémé l'image initiale en la réduisant de 2840 à 1600 pixels de large. (Voir l'image originale)

samedi 5 janvier 2008

La gargouille qui pleure

La silhouette de la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans est, comme celle de Notre-Dame de Paris, balourde et sans grâce. C'est le sort des édifices constamment reconstruits. Mais, comme sur la cathédrale parisienne, le regard qui vagabonde y découvre néanmoins nombre de personnages chimériques, de grotesques et de gargouilles sculptés probablement au 19ème siècle, comme ce squelette qui pleure par ses orbites vides lorsque la pluie ruisselle sur les flancs de la cathédrale.