dimanche 29 juin 2008

Une soirée de jazz frit

Le festival de Jazz d'Orléans avait invité le 26 juin un des fondateurs du Free Jazz il y a bientôt 50 ans, Archie Shepp. La soirée fut très sage. Shepp joua et chanta essentiellement des blues ponctués comme habituellement de ces cris enroués qu'il déchire de son saxophone ténor. Et c'était assez beau. Comme d'habitude également dans cette grande fête provinciale de la musique libre et en plein air, toute photographie était prohibée.




mardi 24 juin 2008

D'après Clouet, dans le style de Corneille

Corneille de Lyon était un peintre français d'origine flamande actif entre 1530 et 1575. Ses petits portraits raffinés de la noblesse le rendirent célèbre au point d'être nommé, comme l'était François Clouet, peintre du Dauphin puis peintre et valet de chambre du Roi Henri 2 en 1551.
Peu de tableaux lui sont attribués avec certitude. Les experts parlent le plus souvent d'œuvres de l'atelier de Corneille, ou attribuées à Corneille, ou même, d'après Corneille, comme ce portrait d'une certaine Aimée Motier de La Fayette, peint d'après un dessin de Jean Clouet et qui fait partie d'une belle série exposée au musée Condé.

Rien à ajouter, sinon conseiller d'aller le voir au château de Chantilly, qui recèle tant d'autres merveilles.

samedi 14 juin 2008

La porte de Lugano

Il est malaisé d'expliquer ce qui fascine dans la vue d'une porte qui n'isole rien de particulier et qui ne donne sur rien d'autre, dans la vue de ces choses inutiles ou absurdes qui prennent une dimension métaphysique dès qu'elles deviennent un peu monumentales.
Ce portail fantôme, vain décor d'un débarcadère de théâtre, dans le jardin public de Lugano en Suisse italienne, fait penser à la porte incongrue de Font-d'Hurle qui déroutait Vialatte dans une magnifique chronique de 1955 *, ou à Christo quand il emballe soigneusement les édifices les plus volumineux.

C'est ce léger vertige qu'on ressent dans l'observation de la réalité lorsqu'elle prend une apparence irrationnelle.


* Les portes de la Solitude sont des portes monumentales... Il y en a une à Font-d'Hurle (c'est un haut plateau, dans le Vercors) ; elle est en bois, à claire-voie, longue, basse, encastrée dans rien. Il n'y a rien à droite, rien à gauche, pas un mur, pas un fil de fer, rien par-devant, rien par-derrière, si loin que s'étende la vue ; seulement cette inscription grandiose : «Prière aux visiteurs de refermer derrière eux.» On ne saurait mieux dire à l'homme que, d'où qu'il vienne et où qu'il aille, il ne peut jamais ouvrir ou fermer que sur soi. Et ce qu'il y a de plus paradoxal, c'est que, précisément parce que c ' est inutile (ou alors pourquoi ?... je ne sais pas), on se donne la peine de passer par la porte (Kafka en eût fait dix volumes), d'entrer dans un endroit où l'on se tient déjà !
Alexandre Vialatte, extrait de «Mgr Sahara par rené Dupuy», chronique de La Montagne, 22 décembre 1955.

samedi 7 juin 2008

La vie des cimetières (12)

Notre chroniqueur nécrophile n'a rien publié depuis le 11 novembre 2007, mais il n'est pas mort pour autant. Il revient avec un dossier monumental.
Et si, comme la rédaction de Ce Glob Est Plat, vous avez depuis des années éteint radio et télévision et que vous ne vous informez du monde qui change qu'en regardant les arbres, les nuages et les statues grandiloquentes dans les parcs, alors préparez-vous à de grandioses émerveillements.
Car notre nécrophile a rapporté de Milan plusieurs centaines d'images du cimetière des monuments (Cimitero Monumentale), parangon de tous les cimetières, le cimetière qui enterre tous les autres. Les italiens fortunés y font construire depuis 1866, sur 25 hectares, des sépultures à la mesure de leurs vanités, et c'est une surenchère de bon goût et d'élégance plastique.
Et si les noms gravés, défunts comme sculpteurs, sont inconnus ou oubliés, les tombeaux méritent bien la très courte éternité que nous leur consacrerons ici, plus ou moins régulièrement.

Secteur 4, vue sur le Famedio.