La vie des cimetières (121)
Présentée avec Niklaus Manuel Deutsch dans la chronique précédente publiée simultanément (La vie des cimetières 119), voici l’intégrale de la fameuse Danse macabre qu’il avait peinte sur le mur du cimetière du monastère des dominicains de Berne autour de 1520, dans un montage en 6 panneaux des copies à l’aquarelle du musée historique de Berne, réalisées par Albrecht Kauw en 1649.
Les liens renvoient vers chaque scène de la Danse macabre dans le Catalogue raisonné des œuvres de Manuel Deutsch, où elle est accompagnée d’une analyse détaillée et des quatrains associés, le tout en langue allemande (souffrez d’éventuels contresens, la traduction automatique de l’allemand par les navigateurs n’est pas parfaite).
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Les danses macabres, longues fresques où la mort sous la forme de squelettes plus ou moins décomposés taquine toutes les classes sociales, sont nées au milieu du 14ème siècle, après les grandes pestes, quand avait disparu la moitié de la population en Europe. Elles étaient censées faire croire à l’égalité de tous devant une mort inévitable, et incidemment pour les indigents la fin tant espérée de leurs souffrances et pour les riches la vanité de leur fortune qu’il serait bienvenu de confier au clergé. Les premières danses des morts inventoriées furent peintes en 1424 sous les arcades du mur sud de clôture du défunt cimetière des Innocents (une copie subsiste dans l’église de La Ferté-Loupière), et sur le mur du cimetière du couvent des dominicains à Bâle vers 1440.La littérature sur le sujet est immense, la page de Wikipedia est riche, et le premier site à visiter en introduction peut être La mort dans l’art de P. Pollefeys, petite encyclopédie illustrée de la danse macabre, prévoyez quelques heures de visite et copiez-y ce que vous pouvez car il a déjà perdu des liens vitaux et ce genre de site personnel est mortel également.
Vous trouverez dans la chronique suivante à paraitre simultanément (La vie des cimetières 120) les reproductions de bonne qualité, en 6 panneaux montés dans l’ordre original, de l’intégralité des 24 scènes, avec un index descriptif enrichi des liens vers des commentaires savants détaillés et les quatrains-dialogues, dans le catalogue raisonné des œuvres de Manuel Deutsch (en allemand).
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Mots clefs : Bâle , Berne , Catalogue , Christ , Cimetière , Classes sociales , Copies , Danse macabre , Deutsch (Niklaus Manuel) , Fresque , Kauw , Mort , Mur , Protestants , Réforme , Religion , site , Squelette , Suisse , Vie des cimetières
Les cimetières sont pleins de gens qui y sont parvenus.Faut-il nécessairement tenter de réaliser ses rêves ?
Voilà plus de 16 ans, le 24 mars 2009, Ce Blog, dans une chronique au style assez mauvais, s’extasiait devant la sculpture en bronze d’une enfant assise sur la tombe d’une femme morte vers 30 ans, située près de l’allée centrale dans l’immense cimetière monumental de Milan.
Présomptueux, il suppliait alors l'internet de lui trouver le nom du sculpteur responsable de cette merveille. Naturellement la planète ne l’a pas entendu. Le comptable de la déesse Gougueule affirme qu'en 16 ans, 163 internautes seulement auraient posé le regard sur cette page fatidique.
Mais en 16 ans, Gougueule elle-même, notre Big Sister planétaire, a grandi démesurément. Aujourd’hui elle sait tout de nous. L’heure était donc venue de lui poser la question ultime, la grande Question sur la vie, l’univers et le reste : qui a créé la jeune fille assise sur la tombe d’Enrichetta Maggioni Venegoni ?
Et à l'invocation de ces 4 mots suivis de 3 clics de souris, apparait aujourd'hui la page miraculeuse, la page qui abolit en un instant 16 ans de tourments métaphysiques*.
* Ne soyez pas effrayés par le mot "métaphysique", c’est le vocable qu’on utilise couramment, comme le mot "poétique", quand on ne sait pas exprimer quelque chose. Par paresse on fait croire qu’il y aurait un au-delà de ce qu’on sait dire ; une sorte de superlatif irréfutable, certifié par l'autorité d'un terme scientifique.
Ainsi l’auteur de la sculpture, créée en 1901, dont le titre est "Prière sur la tombe de la mère", se nomme Del Bò (ou Del Bo', ou Dal Bo) et se prénomme Romolo (Romulus). On déchiffre maintenant clairement sa signature sur la robe de la jeune fille, DelBo avec le R et le D superposés.
Et on découvre alors sa vie, son inspiration symboliste, ses autres œuvres, et on lui trouve du talent, on apprécie bien sûr la simplification des formes, la grâce peut-être de certaines lignes, mais on est en réalité profondément déçu. Tout cela est très inexpressif. Il n’y a rien de pire que d’essayer de représenter de grandes idées symboliques, des grands principes, par des moyens artistiques. Le résultat est toujours grotesque, risible. Sans doute est-ce parce que les grandes idées sont elles-mêmes dérisoires dès qu’elles rencontrent la réalité.
Singulièrement, sur la tombe d’Enrichetta Maggioni Venegoni, c’est l'expression sobre de la jeune fille, son attitude de curiosité attentive, recueillie mais un peu indifférente, qui en font la beauté.
Ne croyez pas les larmes sur son visage, elles ne sont pas de la main du sculpteur. C'est l’effet des intempéries sur le bronze.
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