dimanche 25 décembre 2016

Un mendiant à l’hôtel de la Monnaie

Maurizio Cattelan - Lui, exposé dans l'hôtel de la Monnaie, Paris décembre 2016.

Qu’est-ce qui peut séduire dans une œuvre de Maurizio Cattelan ?

L’incongruité des situations ? Comme dans les tableaux de Magritte, l’apparition d’un objet ou d’une scène imprévus dans un environnement inadéquat. Sans compter le titre sibyllin, voire absent, qui n'éclaircit pas l'énigme.
Et on ne sait pas clairement si le plaisir est causé par ce surgissement d’une invraisemblance dans une réalité palpable, un peu comme un trait d’humour, ou par le rassurant retour à l’équilibre de la raison qui a tôt fait de se forger une interprétation personnelle.

Mais les blagues trop souvent répétés finissent par lasser. La surprise s’évente. Et la provocation perd tout sens quand elle est encensée par les institutions qu’elle pensait railler. Elle devient une complaisante taquinerie. On en parle dans les cocktails officiels et les inaugurations. On écrit à l’occasion un petit opuscule opportun où on aligne des banalités prononcées par l'artiste. Sa cote s'en ressentira à la hausse.

Maurizio Cattelan, hôtel de la Monnaie, Paris décembre 2016.

La Monnaie de Paris, la plus vieille institution française et qui frappe la monnaie depuis 12 siècles vient de consacrer quelques lambris de l’hôtel de la Monnaie du quai Conti à une petite rétrospective des œuvres de Maurizio Cattelan.

Et cette accumulation de 17 œuvres laisse finalement le spectateur indifférent, une fois sa curiosité satisfaite.
Le sujet le plus touchant est peut-être ce clochard sans domicile caché dans une vieille couverture dans une petite pièce un peu en retrait.

Maurizio Cattelan, hôtel de la Monnaie, Paris décembre 2016.

Car les œuvres de Cattelan ne sont réjouissantes et impressionnantes qu'inopinément, quand on les découvre par hasard, comme à Rotterdam, au détour d’une visite du musée Boijmans, dans la salle consacrée aux peintres paysagistes du 19ème siècle, quand on remarque au milieu de la pièce une effigie de Cattelan qui a percé dans le plancher un trou entre deux étages du musée et regarde innocemment les visiteurs, comme une bonne plaisanterie.

Maurizio Cattelan, hôtel de la Monnaie, Paris décembre 2016.

dimanche 18 décembre 2016

Améliorons les chefs-d'œuvre (12)

Tu es jeune et dynamique, mais malgré tout les choses vieilles t’intéressent, par curiosité, et tu aimes le langage parlé sommaire et approximatif. Alors rejoins-nous sur la retransmission Facebook Live avec le journal Le Monde et visite avec nous Lascaux 4, la toute dernière réplique de la grotte de Lascaux, qui ouvre justement au public le 15 décembre.
C’est une copie incroyable « avec 16 points de mesure sur chaque dessin représenté sur les parois (9’00"). »

Tu es jeune et handicapé. Ça n’est pas grave, tout est adapté à ton handicap. Tu seras également équipé d’un compagnon de visite, une tablette, et un casque connecté avec un fil. Il détectera « la langue dans laquelle tu parles et ton adresse mail (9’55") » et « si tu es malentendant tu pourras y grossir les textes pour mieux les entendre (9’45"). »

Tu ne connais rien à la préhistoire d’il y a longtemps. Pas de problème, le guide obligatoire te parlera dans un micro, tu l’entendras clairement dans ton casque, et il te dira ce que tu dois regarder et penser.

Tu es un peu claustrophobe ou tu crains le froid et l’humidité. Ne t’inquiète pas, la visite de la réplique (qui ne reproduit toujours qu’une partie accessible de la grotte originale) est très rapide. Au bout de 30 minutes tu seras libéré dans le grand hall du Centre international de l’art pariétal où tu pourras alors jouer à loisir avec les technologies virtuelles devant d’autres reproductions partielles de la grotte (recyclées de Lascaux 3), et puis « Il y a un cinéma en 3D et des animations totalement modernes donc ce qui est intéressant c'est que les enfants vont beaucoup s'amuser (3’40"). »

Enfin tu aimes emporter des images en souvenir des visites qui t’ont marqué et pour les montrer aux malheureux qui n'y seront pas allés, mais tu sais que les photographies sont interdites pendant la visite du facsimilé de Lascaux. Ne t’en fais pas, tu achèteras des cartes postales, et puis sinon tu pourras revoir ces 75 minutes de Facebook live, ou même retourner à Lascaux 4.

Lascaux, l'original du deuxième cheval chinois, paroi droite du diverticule axial 
(extrait du beau site officiel Lascaux.culture.fr)


Autres citations de la retransmission Live et commentaires des spectateurs en ligne :  

13'40" « on évite de l'appeler Lascaux 4. Et pour ceux qui s’intéresseraient au vrai Lascaux, elle va bien et se régule toute seule. »
 
37'00" « Si on ne les préserve pas les peintures risquent de disparaitre. La réplique est faite pour protéger Lascaux et l'offrir au public mais ça n'est pas du tout dans un but commercial, loin de là, c'est dans un but de recherche. »  

72'38" Le téléphone de la marque Apple est cité pour la 3ème fois en une heure. Tu n’as pas d’iPhone ? Alors là, on n’a pas de solution à te proposer.

« Pour des hommes préhistoriques leurs esprits étaient assez développés »

« Il y a t'il des pokémons dans la grotte ? »

« Est-ce que c'est de l'art ? »
  

mardi 13 décembre 2016

Stanislas est un cumulard


Stanislas Leszczynski cumulait les fonctions. Roi de Pologne, duc de Lorraine, grand-duc de Lituanie, arrière-grand-père de Louis 16, et record au jeu de Scrabble avec les 49 points de son patronyme (au mépris de toute convenance phonétique dans la suite des lettres SZCZY).
Par ailleurs il a joué un petit rôle dans Ubu roi d’Alfred jarry en 1896.

Les Nancéiens que la question du cumul des mandats préoccupe peu honorent encore Stanislas comme un bienfaiteur de la Lorraine et prétendent qu’il est également le créateur du baba au rhum.
Ils l’ont représenté dans le bronze en 1831 et l’ont enfermé au centre de Nancy dans une bulle hermétique qui le protège de la pollution atmosphérique et des déjections des pigeons irrespectueux.


mercredi 30 novembre 2016

... Émile Friant

Ce peintre s’appelait Émile Friant.

Il était né en 1863 dans la région de Nancy, et le musée des beaux-arts de Nancy lui consacre aujourd’hui une rétrospective jusqu’au 27 février 2017.
Ses plus beaux portraits y sont exposés.



Un peintre oublié...

Qu’est-ce qu’un beau portrait ?

Peut-être l’image d’un visage dont on peut voir, à sa surface, comment elle a été réalisée, les touches du pinceau, les traits du crayon, mais d’où sourd pourtant comme derrière une vitre trouble une présence singulière, une personne, avec ses plaisirs et ses douleurs.

Les peintres qui ont eu cette habileté sont souvent renommés, mais curieusement pas l’auteur des magnifiques visages féminins reproduits sur cette page.
Célébré en son temps il a été vite oublié, balayé par la surenchère des avant-gardismes bigarrés qui se sont succédés depuis plus d’un siècle.








À suivre…

mardi 15 novembre 2016

Améliorons les chefs-d'œuvre (11)

Le lecteur se souvient peut-être de l’aventure du luxueux facsimilé du tableau géant de Véronèse conservé au Louvre, les Noces de Cana. La société espagnole Factum Arte l’avait imprimé et accroché dans le réfectoire du couvent de San Giorgio Maggiore pour le compte d’une association vénitienne, et certainement vendu au prix de l’original si on considère les moyens techniques mis en œuvre et le faste de son inauguration.
Coutumière de ces reconstitutions pharaoniques et habile à émouvoir la sensibilité des autorités ecclésiastiques ou culturelles inconsolées de la disparition d’icônes de leur patrimoine, la société Factum Arte vient de brillamment récidiver, cette fois à Palerme en Sicile.

Caravage, Nativité (détail)
L’évènement fondateur remonte à la nuit du 17 octobre 1969, dans l’oratoire San Lorenzo de Palerme, quand d’anonymes indélicats découpaient grossièrement et emportaient une toile de Michelangelo Merisi dit le Caravage, une grande nativité.

Les bruits les plus effrayants ont couru sur le sort de l’œuvre, jusqu’à celui de sa perte définitive, d’après le témoignage d’un maffieux qui déclarait en 1996 que la toile avait été tellement pliée et abimée par les manipulations que le commanditaire du vol en aurait pleuré et ordonné sa destruction.
Puis durant 45 ans, pour en raviver le souvenir, une photographie aux couleurs fanées remplaça dans son cadre baroque le chef d’œuvre de Caravage.

Mais la société Factum Arte est arrivée, consolatrice de la veuve et de l’orphelin patrimoniaux. Elle a mis en œuvre son abondant argumentaire technique, ses expertises cabalistiques, ses imprimantes uniques au monde, mobilisé les officiels les plus considérables jusqu’au président de la République italienne en personne, et le tour était joué.
L’oratoire San Lorenzo est depuis le 12 décembre 2015 orné d’une photographie plus belle encore que l’original, que Factum Arte n’hésite pas à baptiser « Re-matérialisation de l’œuvre ». Reconnaissons tout de même qu’où elle se situe, à 4 mètres au dessus du sol derrière son mobilier rococo, on ne distingue pas bien les subtilités du délicat relief imaginé pour simuler les défauts d’une toile et les traces de pinceau du peintre.
Et soyons persuadés que Factum Arte dans ses laboratoires les plus secrets, et à l’aide de technologies pointues, est en train de concocter le facsimilé le plus parfait qu’on puisse imaginer, et qui remplacera définitivement tous les autres, le facsimilé d’un président de la République inaugurant un évènement quelconque avec son cortège d’officiels. D’ailleurs c’était peut-être le cas à Palerme.

Afin de ne pas briser le charme de cette émouvante histoire de résurrection nous éviterons de nous demander si l’exorbitante fabrication d’un facsimilé (avec des techniques ultramodernes) est aujourd'hui le meilleur moyen de préserver le souvenir d’une œuvre disparue.

dimanche 6 novembre 2016

Monuments singuliers (4)



Le monument aux morts pacifiste de Gentioux

Un jeune enfant en blouse d’écolier et chaussé de sabots dresse un poing serré vers une stèle où sont inscrits les noms des morts du village lors de la guerre de 1914-1918, au dessus d’une épigraphe qui s’exclame « Maudite soit la guerre ».
C’est le monument érigé en 1922 par la commune de Gentioux dans le département de la Creuse.

La protestation peut sembler modeste, la sculpture grossière et le message simpliste, mais s’il faut ériger un monument aux morts, quel est le meilleur exemple à montrer aux enfants d’un village ? Un écolier indigné et décidé devant l’inventaire des disparus, ou, comme dans le village de Murat-le-Quaire à 60 kilomètres vers l’est, les symboles habituels glorifiant les faits d’armes, les obus, et la croix de guerre qui récompensa la bonne conduite de ces hommes morts scrupuleusement comme on leur demandait.

L'ouvrage n'a jamais reçu l'onction préfectorale. En 1990 il était inscrit (mais pas classé) dans la liste des monuments historiques. Tous les ans le 11 novembre s'y retrouvent plusieurs centaines de sympathiques libres-penseurs antimilitaristes, anticléricaux, voire anarchistes.

mercredi 26 octobre 2016

Nuages (40)

Au fond, le versant oriental de la crête de la Grande Paréi, en Savoie.

samedi 22 octobre 2016

Le musée de Stockholm est fermé (2/2)

… Et on ne trouve pas que œuvres de peintres suédois ou norvégiens au musée national de Stockholm, mais aussi des chefs d’œuvre d'artistes européens fameux, comme Boucher (il fut le professeur de Roslin), Chardin, Cranach, De La Tour, François de Nomé, Greco, Hammershoi, Rembrandt Van Rijn, Reynolds, Watteau, ou méconnus comme l’allemand Christian Ezdorf.

Ezdorf Christian - La côte islandaise


Hammershoi Vilhelm - Paysage à Lejre


De Nomé François - L'incendie de Troie (détail)

vendredi 21 octobre 2016

Le musée de Stockholm est fermé (1/2)

Depuis 2013 le Musée national suédois de Stockolm (Nationalmuseum) est fermé pour rénovation. Sa réouverture est aujourd’hui prévue en 2018. Les délais sont si longs que le mois n’est plus précisé. N'oublions pas que la réfection de son équivalent hollandais, le Rijksmuseum à Amsterdam, aura duré 10 ans.

Le 6 octobre dernier, peut-être pour tempérer l’impatience des amateurs, le musée a fait don d’une base de données de 3113 reproductions en haute qualité à la fondation Wikimedia Commons, acceptant ainsi que les images soient partagées, diffusées, et même utilisées lucrativement sur toute la planète.

On trouve quelques merveilles dans cette base hyperboréenne. Les lignes claires et gracieuses des magnifiques aquarelles de Carl Larsson, des portraits virtuoses d’Anders Zorn et du magistral Alexander Roslin, des joyaux de peintres méconnus comme Uno Troili, des paysages de L.A. Ring, des œuvres du peintre cité systématiquement en premier dans les encyclopédies grâce aux rigueurs de l’ordre alphabétique, Carl Frederik Aagaard, et beaucoup de portraits laids de rois et de reines - les souverains suédois ont-ils toujours été disgracieux ou les peintres officiels médiocres ?

Avertissement : les fichiers sont au format TIFF, très lourds à télécharger (en moyenne 30 Mo par image et jusqu’à 275 Mo !). En outre les fichiers ne sont pas classés par auteurs mais dans l’ordre alphabétique des titres d’œuvres en anglais, ce qui est absurde, mais propice à une flânerie sans but. Car il faudra de la ténacité pour retrouver, par exemple, la cinquantaine d’aquarelles de Carl Larsson dans la base… 



1  Aagaard C.F. - Jeu de quilles en forêt de Saeby, printemps (détail)
2  Schultzberg A. - Stockholm, démolition de l'orphelinat (détail)
3  Hill C.F. - Paysage en Champagne (détail)



1  Bennet C.S. - Stockholm, le Palais royal (détail)
2  Gude H.F. - Le fjord Sandvik (détail)
3  Eckersberg J.F. - Paysage près de Romsdalen (détail)



1  Müller H.G. - Deux chouettes se disputant un rat (détail)
2  Cederström G. - Épilogue (détail)
3  Pasch J. l'ancien - Les poules (détail)

jeudi 13 octobre 2016

Revue de détails à Washington (2/2)

Suite et fin de quelques détails parmi les peintures de la National Gallery of Art de Washington.
(n'oubliez pas d'appuyer sur le bouton Zoom)  



1.1  Van Eyck Jan - Annonciation 1435
1.2  Bosch - Mort et la misère 1490
1.3  Vermeer - Peseuse 1664
2.1  Boilly LL - Le studio du peintre 1800
2.2  Gonzalès Eva - Nounou et enfant 1878
2.3  Vermeer - Dame écrivant 1665
3.1  Degas Edgar - Leçon de danse 1879
3.2  Johnson Eastman - Cueillette des fleurs de nénufar 1865
3.3  Homer Winslow - Retour du père 1873



1.1  Bricher AT - Quiet day near Manchester 1873
1.2  Bellotto Bernardo - Forteresse de Konigstein 1758
1.3  Vallotton Félix - Église de Souain 1917
2.1  Gérôme JL - Vue de Medinet El-Fayoum 1870
2.2  Dossi Dosso - Énée sur la côte lybienne 1520
2.3  Turner - Venise douane et San Giorgio 1834
3.1  Van Gogh  - Champs verts à Auvers 1890
3.2  Calame Alexandre - Paysage suisse 1830
3.3  Cuyp Aelbert - Cavaliers dans un paysage 1660



1.1  Coorte Adriaen - Nature morte aux asperges 1696
1.2  Harnett WM - Le vieux violon 1886
1.3  Hulsdonck Jacob van - Fraises et œillet 1620
2.1  Bronzino - Jeune femme et enfant 1540
2.2  Manet - Toréador mort 1864
2.3  Eakins - Archevêque 1905
3.1  Chardin - La bulle de savon 1734
3.2  Di Giovanni Benvenuto - Christ dans les limbes 1491
3.3  Chardin - Le château de cartes 1737

Revue de détails à Washington (1/2)

Contrairement aux grands musées français qui se pavanent sur tous les médias, le musée d’art de la ville de Washington en Amérique, la National Gallery of Art, n’a pas besoin de claironner qu’elle est un des plus beaux musée du monde. Elle le prouve tous les jours en partageant sur internet des images de haute qualité de sa collection, libres de toute utilisation, même commerciale. La planète entière peut le constater.
Le musée conseille même fortement de partager et diffuser ses images.

Alors abimons-nous à distance dans les détails inouïs des tableaux accrochés dans ce musée généreux mais lointain et qu’on ne visitera peut-être jamais autrement.   
(n'oubliez pas d'appuyer sur le bouton Zoom) 



1.1  De La Tour Georges - Madeleine repentante 1640
1.2  Gentileschi Orazio - Sainte Cécile et un ange 1620
1.3  Gentileschi Orazio - Sainte Cécile et un ange 1620
2.1  Chardin - La petite maitresse 1740
2.2  Largilliere Nicolas de - Elizabeth Throckmorton, religieuse 1737
2.3  Leonard de Vinci - Ginevra de Benci 1478
3.1  Rotari Pietro - Portrait de femme avec une fleur 1761
3.2  Reynolds Joshua - Miss Beatrix Lister 1765
3.3  Barocci Federico - Portrait Quintilia Fischieri 1600



1.1  Botticelli Sandro - Madone et enfant 1470
1.2  Bronzino - Jeune femme et enfant 1540
1.3  Cranach l’ancien - Portrait de femme 1522
2.1  Weyden Rogier van der - Portrait de femme 1460
2.2  Gainsborough Thomas - Mrs Cobb Methuen 1777
2.3  Gainsborough Thomas - Mrs Graham 1777
3.1  Cercle de Velazquez  - Pape Innocent 10 1650
3.2  Titien - Portrait de Ranuccio Farnese 1542
3.3  Rembrandt - Autoportrait 1659

À suivre...

mercredi 28 septembre 2016

Tableaux singuliers (5)

Tout amateur de Venise connait ces vastes vues limpides peintes avec une précision au millimètre et où fourmillent de minuscules personnages affairés et indifférents.
L’auteur en est le plus souvent Antonio Canal, dit Canaletto, initiateur et grand fournisseur de ces paysages dessinés à l’aide de la chambre obscure et peints avec un flegme d’entomologiste.
C’est la Venise du 18ème siècle, la Venise du déclin, quand la ville est devenue un décor de carnaval, et qu’il ne lui reste que d’exhiber son passé en attendant la proche invasion du tourisme de masse.

Pendant une vingtaine d’années, de 1723 à 1745 Canaletto est assisté de son père et, en 1735 de son neveu Bernardo Bellotto dit Canaletto le jeune. Le père meurt en 1744, et le neveu, très brillant, s’absente souvent à partir de 1743, et va peindre Rome, Florence, Turin où ses vues ne concurrencent pas celles de l’oncle.

Le principe, hérité de certains maitres hollandais comme Van der Heyden, est de peindre avec le plus de minutie possible un quartier de la ville que les clients reconnaitront et seront fiers de suspendre sur leurs murs. Et comme le client cherche en général la grandeur, la majesté, l’ostentation, on trouvera toujours dans ces tableaux des édifices illustres. Parfois le point de vue choisi les éloigne un peu au second plan. Si le premier plan est en travaux ou en ruines, l’intégrité du peintre veut qu’il le reproduise également avec exactitude.




Ainsi dans les œuvres de l’oncle comme du neveu, vues réelles ou imaginaires, les paysages ordinaires sans un monument mémorable sont rarissimes. C’est pourquoi ce tableau du musée de Bristol où on les remarque à peine est si singulier. Il représente un endroit désolé et banal de la lagune, non loin de la vieille tour en ruines de Malghera au centre (détruite au 19ème siècle). À l'horizon une vague silhouette rappelle un peu l’église de la Salute.

Les experts attribuent le dessin du British Museum à l’oncle, ce serait l’original, mais la question est discutée. Un dessin similaire de la main du neveu est conservé à Darmstadt.
La peinture est sans trop de contestation (depuis quelques décennies seulement) attribuée au neveu, sur des critères de style dans certains détails.
Cette scène triviale et sans grand attrait (ce qui fait son charme un peu surréel aujourd’hui) ne risquait certainement pas de menacer les affaires de l’oncle, qui commençait alors à connaitre une certaine désaffection de la clientèle.

Canaletto s'en ira pour Londres en 1746, et représentera pendant 10 ans la Tamise et les monuments anglais, pour revenir mourir à Venise.

Bellotto pendant ce temps rencontrera lui aussi un succès considérable dans les cours de Dresde, Vienne, Munich, et enfin de Varsovie où il mourra, 12 ans après son oncle. 

mardi 20 septembre 2016

La vie des cimetières (72)


Par un beau jour de l'été 20.., l’auteur de ce blog se faisait expulser par le gardien du cimetière de Puteaux au motif que la photographie des sépultures y était interdite.
N’écoutant que son courage l’auteur s’était alors retiré dignement, non sans un imperceptible rictus de mépris.
Rappelons que Puteaux n’est pas un village perdu sur un plateau désolé du Massif central mais une ville dynamique de la banlieue parisienne au cimetière imposant de 4,3 hectares et qui jouxte le quartier d’affaires de La Défense.

Quelle circonstance a pu embrouiller ainsi l'entendement de l’employé municipal ?
On ne dira jamais assez les troubles nerveux occasionnés par la sensation de pouvoir que procurent certaines responsabilités sur des esprits fragiles, comme de régner en petit maitre sur un peuple sans nombre, fut-il trépassé. Le brave fonctionnaire tentait-il d’exercer une autorité contrariée par l’absence de réaction sensible de ses administrés habituels ?

Quelques années plus tard, l’auteur, armé d’un appareil photo astucieusement camouflé dans un téléphone de poche, déambulait discrètement dans les allées convoitées.

Et finalement il y a trouvé les tombes décevantes, pas de monuments vraiment monumentaux, pas de statuaire kitsch ni de mausolée présomptueux, peu de sculptures au gout douteux, et peu d’ombre.
En revanche le cimetière et ses occupants jouissent d’une localisation qu’envieraient tous les promoteurs immobiliers de la planète. Une déclivité générale du plan du cimetière offre à tous une vue dégagée sur Paris et sur son centre de gravité, ce clou de métal géant planté par Gustave Eiffel.

Ce jour-là le cerbère du cimetière ne s’est pas manifesté. Il aura peut-être déjà rejoint ses ouailles.


vendredi 16 septembre 2016

La mort du Zapping

À dater d’un jour mémorable de septembre 1989 il n’a plus été nécessaire de s’abrutir devant les écrans de télévision. On pouvait jeter l’appareil aux ordures (ou au moins le laisser éteint presque toute la journée) car Patrick Menais venait de créer le Zapping.
Le Zapping était une émission de quelques minutes regroupant les instants les plus marquants, les plus lamentables, les plus amusants diffusées sur l’ensemble des chaines de télévision, sans aucun commentaire mais avec un certain point de vue exprimé par l’ordre de juxtaposition des extraits.

Évidemment c’était une émission sur la télévision diffusée à la télévision, sur la chaine Canal+, mais on l’a très rapidement trouvée sur internet, et puis il suffisait de n’allumer l’appareil que 5 minutes par jour pour les plus avides d’information, ou même une fois par semaine, voire une fois l’an pour les observateurs les plus désinvoltes des spectacles du monde. L’année du Zapping regroupait alors en 4 heures les évènements audiovisuels marquants de l’année passée.
Et c’était un plaisir de contempler à distance leurs contradictions, leur absurdité souvent, leur poésie, rarement, en fin de compte leur insignifiance.

Hélas ces années d’insouciance et de décrassage de l’encéphale seront bientôt loin.
Car Canal+ est devenue en 2015 la propriété d’un petit actionnaire despotique et stupide qui n’a pas compris que le succès de la chaine venait pour une bonne part de son insolence (tempérée).
Parmi les irrévérencieux, Patrick Menais avec son équipe de 12 zappeurs était un des plus sincères. En octobre 2015 il diffusait des extraits d’une émission censurée sur sa propre chaine pour des motifs de copinage entre son despote de patron et une banque indélicate. Puis il a récidivé. C’était un suicide en direct. Et on apprenait sans surprise que l’ultime Zapping de la chaine avait été diffusé le 2 juillet 2016.

Espérons que Patrick Menais aura les moyens de perpétuer ailleurs ce regard salutaire sur les travers de l’espèce humaine, car il n’est pas question de se remettre à regarder toutes ces chaines médiocres, vulgaires, complaisantes et hypnotiques dont on s'était libérés il y a 27 ans.

Mise à jour le 10.01.2017 : Menais et son zapping reviennent sous un autre nom, Vu, et sur une autre chaine de télévision, France 2, à partir du 16 janvier 2017 à 17h25.
 

mercredi 7 septembre 2016

Dormez, on s'occupe de tout

Entre autres textes, la loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013 et la loi n°2013-660 du 22 juillet 2013 dans son Article 9 encouragent l’administration française, l’école et l’enseignement supérieur à privilégier l’utilisation des logiciels libres.
Sage décision. Les logiciels libres sont gratuits, respectent l’égalité des chances de l'utilisateur et l’indépendance commerciale de l’administration, ils sont souvent de grande qualité, ne récoltent pas les informations personnelles de l’utilisateur pour les monnayer, permettent la compatibilité des données entre eux et les logiciels commerciaux, et enfin leur code source est publiquement diffusé et les spécialistes peuvent ainsi y vérifier l’absence de portes dérobées qui permettraient d’espionner les actions de l’utilisateur.

C’est certainement dans le respect de la loi et en vertu de ses principes républicains voire humanitaires que le Gouvernement français, par la plume de la ministre de l’Enseignement, a signé le 9 novembre 2015 un énième accord de coopération avec la société Microsoft.
Cette fois-ci l’entreprise américaine fournit gratuitement des services de formation, d’accompagnement au changement vers l’éducation numérique, et met à disposition sa célèbre suite logicielle Office 365 avec toutes les ressources et technologies nécessaires pour son fonctionnement.

On connait l’adage éculé « si un logiciel ou un service sont gratuits c’est que les informations fournies par l’espionnage du comportement et des données du client qui les utilise constituent le produit ». Le client devrait être rémunéré pour cela.
Cohérent, Microsoft met gratuitement ses ressources à la disposition des écoles. Cela lui couterait 13 millions d’euros pour une phase de 18 mois. Des miettes pour une société qui sait que former les enfants dès l’école à l’utilisation des logiciels de la marque revient à les enrégimenter définitivement. Adultes ils les retrouveront (ou les réclameront) en entreprise où leur utilisation aura alors un prix, récurrent, mensuel et pour des décennies.

Nombre de commentateurs ont fait remarquer que le partenariat Microsoft serait comparable à faire enseigner la biologie et la chimie par la société Monsanto, ou à confier les cantines et l’alimentation des écoliers à la société Mac Donald.
Rappelons que Microsoft avec son système d’exploitation Windows 10 et sa suite logicielle Office 365 ne respecte ouvertement pas les principes humanitaires cités plus haut, d’ailleurs l’accord du 5 novembre instaure déjà la mise en place d’une « plateforme d’analyse des données d’apprentissage ».

Mais la vie privée sera respectée, insiste-t-on, car une Charte de confiance (en projet seulement lors de la signature) sera rédigée (sans précision de date).

Il faut lire, sur le blog de la ministre, les 237 commentaires qui fleurissent la nouvelle de cette coopération. Souvent clairement motivés, les plus indulgents se disent déçus ou honteux, beaucoup insinuent ou l'accusent ouvertement de corruption. Certains l'injurient. 

Ce cliché est la photo officielle et solennelle de la signature de l’accord du 9 novembre 2015. À gauche la ministre de l’Éducation, à droite le président de Microsoft France. Comment imaginer une seconde que ces deux splendides spécimens en pleine action pensent à autre chose qu’à l’épanouissement des écoliers ?

dimanche 28 août 2016

Les saisons de Houdon

Ce n’est peut-être pas un hasard si les deux grands portraitistes de la fin du 18ème siècle, les sculpteurs Houdon et Pajou membres de la très respectueuse Académie royale, après avoir réalisé de magnifiques bustes de l’aristocratie de l’Ancien Régime, ont traversé sains et saufs les tempêtes de la Révolution française et de l’Empire.
Ils étaient tous deux membres de la progressiste et influente loge maçonnique des « Neuf Sœurs », qui joua un rôle important dans la lutte des colons américains pour l’indépendance et la propagation des idéaux républicains, et ils y côtoyèrent Lalande, Helvetius, Benjamin Franklin, Thomas Jefferson, et même Voltaire et Joseph Ignace Guillotin.

Le musée Fabre de Montpellier expose une exceptionnelle collection permanente de très beaux bustes de Pajou, et de chefs d’œuvres de Houdon, dont les marbres originaux de l’Hiver, superbe espièglerie callipyge réalisée en 1783, et de l’Été sculpté en 1785, remarquable par son naturel (notamment dans le traitement du regard), naturalisme avant l’heure qui émerveillera bien plus tard Carpeaux et Rodin.

Houdon Jean-Antoine, l'Hiver (Montpellier musée Fabre)

Houdon Jean-Antoine, l'Été - détail (Montpellier musée Fabre)

mardi 16 août 2016

La vie des cimetières (71)

Voici la suite des épisodes (ici et ) de l’invasion des légumes verts venus de l’espace.
Aujourd’hui la scène se passe à Paris dans le cimetière Montparnasse.



samedi 13 août 2016

Un peu de réclame cocardière

Paris ne manque pas de lieux accueillants, comme ce quartier du quai d’Orsay et de l’Assemblée nationale, près des Invalides. Son architecture faite de lignes pures et austères pourrait certainement attirer le touriste. 
Or on lit partout qu’il boude la France, et on accuse le terrorisme. 
Pourtant, où pourrait-on se sentir plus en sécurité que dans ce quartier chargé d’histoire, farci de caméras de surveillance et sillonné par des bataillons de militaires et de policiers couverts d’armes ?

Une touche de couleur, tout devient tout de suite plus gai, et le touriste apparait. 

lundi 8 août 2016

Eckersberg et la réalité

En 1984, dans une ample exposition sur « l’âge d’or de la peinture danoise », le public français découvrait 54 œuvres de Christoffer Wilhelm Eckersberg. Au fil du temps il revoyait parfois quelques tableaux, comme au Grand palais à Paris en 2001, qui illustraient le thème des paysages d’Italie peints en plein air.
Aujourd’hui jusqu’au 14 aout 2016, la Fondation Custodia à Paris lui consacre une grandiose rétrospective de 80 peintures et une quarantaine de dessins.

Très marqué par ses années passées à Paris de 1810 à 1813, notamment dans l’atelier de David, Eckersberg manifestera toute sa vie une rigueur (voire une rigidité) des formes et des volumes dans sa peinture d’un monde limpide et léger, comme minéralisé, un monde voisin de celui d’Ingres (ancien élève de David) sans en maitriser autant les raffinements dans ses portraits de la bourgeoisie mais excellant dans ses petits paysages esquissés sur le motif et terminés en atelier.

Eckersberg, la villa Raphaël dans les jardins Borghese à Rome, 1815. Détail (Hambourg Kunsthalle)

Comme Ingres également Eckersberg aurait voulu être reconnu comme peintre d’histoire, genre le plus noble de l’époque. Mais comme Ingres il n’avait aucun sens du drame ni du pathétique, et pas un gramme de romantisme non plus. Il était fait pour les points de vue détachés, équilibrés, sobres.

On en voit l’évidence dans la salle de l’exposition consacrée à onze paysages romains. Eckersberg n’y montre jamais les vues les plus courues, ou alors sous des angles banals ou inhabituels et garnies de détails réalistes qui leur ôtent toute grandeur. Dans ses vues des ruines de Rome la profondeur des siècles s’évapore, l’histoire s’arrête l'instant d’une peinture.

On a jugés cruels ses portraits de la bourgeoisie. Ils étaient foncièrement réalistes. Professeur, devenu une célébrité au Danemark, directeur de l’Académie royale des beaux-arts, Eckersberg enseignait qu’il ne fallait pas chercher l’inspiration dans les tourments de l’esprit mais dans l'observation du monde comme il advient « Ne peignez que ce que vous voyez, mais dans les moindres détails ».

Et son petit tableau de 1836 (n°68 de l’exposition) intitulé « Figures courant sur le pont de Langebro au clair de lune » en est l’exemple abouti. L’eau est calme, l’atmosphère est paisible. Dans l'ombre du clair de lune on n’aperçoit pas tout de suite l’agitation des personnages qui courent ou s’exclament sur le pont. Le peintre ne montre pas le motif de leur alarme, et on ne le saura jamais.
L’histoire s’est arrêtée le temps d’une peinture.


Eckersberg, femme sur une balançoire en forêt, plume et lavis d'encre, 1810. Détail (Copenhague SMfK)

samedi 30 juillet 2016

La taxe G, encore...

La loi Création (fourretout dont le patronyme complet est Loi relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine, ou LCAP) vient d’être définitivement adoptée par l'Assemblée et le Sénat français.
Au dernier moment, sans que le sujet ait été discuté, un groupe de pression a obtenu des élus que soit glissé dans la loi un article 10 quater fantasmagorique, devenu définitivement L136-1 à 4 du code de la propriété intellectuelle, applicable au plus tard le 7 janvier 2017. Il institue des « dispositions applicables à la recherche et au référencement des œuvres d’art plastiques, graphiques ou photographiques ».
Le groupe de pression est influent ; dans son discours de clôture la ministre de la Culture affirmait « Le Gouvernement est décidé à défendre à Bruxelles les auteurs des arts visuels, dans le prolongement de l'article 10 quater ».
Cette affirmation pourrait bien être un signe de la fragilité de l'article.

Pour le résumer : lors de la publication sur internet de la reproduction d’une œuvre d’art (plastique, graphique ou photographique), un droit de reproduction de cette reproduction dans les moteurs de recherche est aussitôt créé au profit de sociétés de gestion agréées qui ont la charge de percevoir la rémunération payée par les exploitants du moteur quand ils citeront cette œuvre, et de la redistribuer à l’auteur de l’œuvre.

Le sujet n’ayant pas été débattu, aucune information n’est parue sur les modalités de mise en application de la loi. En pratique, on peut supposer que seules les œuvres qui auront été déclarées aux sociétés de gestion et qui porteront une marque les distinguant aux yeux des moteurs de recherche seront concernées.

Qui définira si c’est une œuvre d’art ou un urinoir ? Les déclarants, les sociétés agréées ?
D’après la loi l’assiette de la rémunération fera l'objet d'une convention entre les exploitants des moteurs de recherche et les sociétés de gestion sur la base des recettes d'exploitation. Bon courage aux développeurs de l’usine à gaz à mettre en place !
Remarquons qu’aucune œuvre du domaine public ne devrait faire l’objet de ce droit puisque la jurisprudence française affirme qu’il ne peut y avoir de droit d’auteur sur une photo fidèle d’une œuvre du domaine public. On devine que les grands musées ne se gêneront pas pour réclamer des droits puisqu’ils ajoutent déjà un copyright abusif sur les petites reproductions médiocres de leurs sites.

Enfin, à partir de quelles dimensions une vignette ne sera plus considérée comme une simple citation et deviendra une reproduction  soumise à droit d’auteur ?


Parmi l’infinité des reproductions du citoyen Kane dans ces deux miroirs, sait-on où finit la citation et où commence la représentation ? (Image extraite du film Citizen Kane d'Orson Welles, à la minute 111)


Il est probable qu’aucun accord entre moteurs et sociétés de gestion, ni aucun décret d’application ne viendra jamais organiser la mise en œuvre de l’article, et que pour éviter cette taxe déguisée, Google directement visée cessera simplement d’indexer, à partir du 7 janvier 2017, les sites français reproduisant des « œuvres d’art », notamment les sites institutionnels comme le Louvre ou Orsay.
Elle l’a déjà fait en 2011 pour des motifs similaires contre les sites des journaux belges d’information référencés par son moteur. Pour sa défense Google avait argüé du bénéfice en visibilité donc en ventes et abonnements apporté par son outil de recherche.
Face à la perte financière la rébellion belge n’avait duré que 3 jours.

Cette loi n’est que la continuation des tentatives faites depuis des années pour taxer les grosses sociétés qui profitent des lois fiscales trop protectrices (mises en place par les mêmes législateurs) sans reverser une part de leur chiffre d’affaires en impôts, et qui commencent à sérieusement échapper au contrôle des États.

Ils ont créé leur propre Léviathan et croient l’épouvanter avec un chasse-mouche. 

samedi 23 juillet 2016

La vie des cimetières (70)

Au cimetière du Père Lachaise, sur le monument funéraire d’Auguste Burdeau, sculpté par Alfred Boucher pour l’inauguration du 1er juillet 1901, on croit voir la Posterité écrivant le nom du regretté ministre et philosophe, pour qu’il soit ainsi gravé dans les mémoires.
En réalité, si on regarde bien, son ciseau tire un trait définitif sur une vie.



mardi 19 juillet 2016

Histoire sans paroles (21)

Scénographies fétichistes à Naples (église Santa Maria anime del purgatorio) et à Gênes (musée d'histoire naturelle).