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dimanche 13 octobre 2024

Sous les yeux d'Oloron


Au milieu du Moyen-Âge, dans ce qui deviendra petit à petit la France, le premier ordre religieux catholique un peu organisé, l’ordre des Bénédictins, arrangeait à sa manière les préceptes déjà souples de saint Benoît et créait un réseau croissant de monastères pilotés par l’abbaye de Cluny. Libre entreprise et gestion efficace, la fédération était puissante et prospère. 
Et c’était la seule agence de voyages organisés un peu sérieuse du temps. Le 11ème siècle finissant, le succès de la première croisade pour Jérusalem avait insufflé dans toutes les âmes l’élan expansionniste de la parole divine. 

L’ordre des Bénédictins ne proposait pas seulement des voyages chimériques vers un au-delà consolateur des souffrances terrestres, il forgeait lui-même les preuves sur terre de l’existence de ce monde imaginaire. Il en construisait les décors, les édifices religieux, les cathédrales, il y déposait des reliques de l’histoire sainte et en faisait les étapes habilement réparties d’un long itinéraire touristique qui sillonnait tout le pays jusqu'à Compostelle, au fin fond de l’Espagne, le point le plus éloigné vers l’ouest qui ne fut ni arabe, comme le sud du pays, ni encore un peu viking, comme la Bretagne.  
Et chez les Bénédictins, on ne lésinait pas ; les architectes les plus renommés croisaient les sculpteurs les plus adroits et inventifs. Rien n’était trop beau pour attirer et retenir le client dans ce long pèlerinage vers une fiction (tous les spécialistes reconnaissent que l’apôtre Jacques, s’il a existé, n’aura jamais mis les pieds, ni les os, en Espagne).

Oloron Sainte-Marie, au pied des Pyrénées, était alors un important point de ralliement des pèlerins, à 850 kilomètres du terminus. Aux premières années du 12ème siècle, Gaston 4 vicomte de Béarn, de retour victorieux de la croisade, y lançait la construction d’une cathédrale, relayée, et terminée en 1168 par des moines Clunisiens prieurs de Sainte-Foi, à Morlaàs.
Après nombre de pillages, ravages et incendies (trois dont un accidentel, par la foudre), il ne reste aujourd’hui de la cathédrale originelle que le porche-clocher, à l’ouest, et un portail remarquablement décoré qu’il protège des intempéries depuis près de 900 ans.

Au haut du portail, le tympan, en bas-relief, est d’un style sinueux et plat. Les chapiteaux ont probablement été sculptés par les mêmes mains. 
Mais l’archivolte, qui coiffe le tympan, est emplie de figures alignées en hauts-reliefs d’une vigueur réaliste bien plus expressive. 26 personnages sur la voussure intérieure sont occupés à des activités quotidiennes qui semblent suivre de gauche à droite une chronologie ("les saisons" dit Wikipedia, ou la préparation d'agapes copieuses), et 24 vieillards musiciens (comme à Moissac ou Chartres), couronnés et munis de fioles occupent la voussure extérieure.

Il est extraordinaire et rare que la plupart des figures aient conservé dans leurs orbites ces billes de verre uniformisées qui leur confèrent le même regard étonné, halluciné, mais si vivant.
Et il est étonnant que ces yeux de verre qui ont vu tant de flammes et de razzias - durant ces siècles où tant de chapiteaux, de statues ont été mutilées - n’aient pas attiré plus de voleurs.

Récemment encore, en novembre 2019, une voiture-bélier mal intentionnée évitait le portail et sa centaine d'yeux inquisiteurs pour lui préférer la petite porte sud de la cathédrale. Les cambrioleurs, esthètes mais discourtois, n’ont subtilisé que quelques pièces de valeur choisies dans le trésor liturgique, et se sont éclipsés promptement sans refermer la porte derrière eux.



lundi 23 mai 2022

La vie des cimetières (104)


Dans l'actualité, de l’Afghanistan aux États-Unis d’Amérique, les religions se portent bien. Il doit y avoir quelque chose de gratifiant à réussir à maintenir en esclavage une moitié de l’espèce humaine, en invoquant seulement quelques textes primitifs.

En France, moins troublée par ces rancœurs hystériques, la religion, néanmoins consciente que le déclin de son autorité était dû avant tout à une défaillance de sa communication, a choisi de renouveler une iconographie désuète. Elle a commencé par les cimetières.

La statuaire funéraire du 19ème siècle et ses anges disposés parmi les tombes ne faisant plus recette, il fallait secouer les croyances assoupies en revenant à la démesure du temps des cathédrales, mais en se conciliant un style artistique moderne, moins réaliste, plus synthétique.
Et c’est une réelle réussite esthétique, comme ici, dans le cimetière d’Oresmaux, dans le département de la Somme.

À noter : les ailes des anges s’animent parfois, et c’est un enchantement (mais les horaires, assez rares, ne sont pas communiqués à l’avance).


jeudi 10 mars 2022

Monuments singuliers (10)



Quelle noble invention que l’idée de personne morale, regroupement d’individus ayant un même objectif. On crée une entreprise commerciale, un parti, voire une nation, on « nomme » quelques personnes physiques pour l’administrer, et pouf ! comme par miracle, l'entité abstraite ainsi créée échappe aux obligations morales de sociabilité et de civilité des individus qui la composent, elle n’a plus à éprouver le moindre sentiment de respect, d’empathie, de responsabilité, de culpabilité envers les individus, y compris ses membres. À bonne distance de la réalité, elle peut décider sans être suspectée de sensiblerie. C’est une chose très utile quand on doit par exemple mobiliser un pays et l’envoyer se faire tuer près de la frontière.

Ainsi, quelques années après la première guerre mondiale, dans les courants d’air des grandes plaines du nord-est de la France, on ramassait encore à la petite cuillère les morceaux éparpillés et anonymes de la Nation. Essentiellement des ossements, sans identité.
Les familles éprouvées n’avaient toujours pas de lieu où cristalliser et conjurer leur peine. On en profita pour les faire souscrire au financement d’un monument aux morts à l’initiative des survivants.

C’est le Monument aux morts des armées de Champagne, l’ossuaire de Navarin, Nécropole nationale. Simple chapelle en forme de pyramide, posée en 1924 dans un champ, portail sur une crypte qui abrite dit-on 10 000 individus, nombre symbolique, car personne ne garantit que toutes les pièces attribuées à chacun lui ont précisément appartenu. Beaucoup d’autres ossements y ont été déposés depuis qui ont été trouvés sur les champs de bataille alentour, et de rares personnalités les ont rejoints, comme le général Gouraud, grand homme de la colonisation, commandant de la 4ème armée, qui, mort à Paris presque 30 ans plus tard, voulut être « enterré parmi les soldats qu’il avait tant aimés ».

Et on a posé au sommet de cet austère monument consacré au recueillement, pour parfaire l’ensemble, un énorme socle de grès rose surmonté d’une statue considérable figurant trois soldats géants aux intentions manifestement belliqueuses, menaçant une armée d'ennemis invisibles d’un fusil, d’une grenade, de trois paires de sourcils virilement froncés et d’une petite valise.

Fantaisie funéraire lourdement saugrenue ? On comprendra peut-être en détaillant l’objet.

À droite le sculpteur a représenté Quentin, jeune fils du président américain Théodore Roosevelt, et abattu dans son avion non loin de là en 1918. Il porte une mitrailleuse avec nonchalance et une petite valise. Pourquoi ? Pour souligner qu’il est venu de très loin soutenir la France ?
Au centre, le général Gouraud, rencontré plus haut, et enterré plus bas, surpris à lancer depuis 98 ans une grenade certainement dégoupillée.
Enfin à gauche, un des frères du sculpteur, tombé à 25 kilomètres de Châlons-sur-Marne, d’après la borne à ses pieds, ou peut-être lors d’une des offensives du boucher du Chemin des dames, le général Nivelle, avec ses 150 000 soldats français envoyés au suicide, ses mutineries consécutives et ses exécutions d’innocents pour l’exemple en résultant.

Voilà un sculpteur inspiré ! 
Il signe, sous la borne, Real Del Sarte, et se prénomme Maxime. Sur place un panneau précise qu’il a réalisé la sculpture avec un seul bras. De mauvaises langues diront que cela se remarque. Il avait perdu une bonne partie de son bras gauche dans le coin en 1916.
Et s’il a couvert la France de ses pesantes réalisations, statues de Jeanne d’Arc et quantité de monuments aux morts (ils furent innombrables après la Grande Guerre à profiter de l’aubaine), il est surtout connu pour avoir dirigé, de 1908 à 1936, les Camelots du roi, service d’ordre et hommes de main du parti l’Action française, qui regroupait ce qui se faisait alors de plus réactionnaire, monarchiste, nationaliste, anti-dreyfusard, antidémocratique et belliciste. On comprend mieux son inspiration.

Aujourd’hui l’ossuaire avoisine, de l’autre côté de la route, un champ de tirs permanents de l’armée, planté de panneaux rouge vif menaçant tout contrevenant d’un danger de mort.
Du haut de leur piédestal, sous un ciel de plomb, les trois militaires géants encouragent leurs 10 000 squelettes, et on croit entendre le vent d’automne hurler « Allez, debout tout le monde, on y retourne ! »



vendredi 5 mars 2021

La foire en ligne

Les pissenlits, qu'est-ce que c'est bon!
Avec un œuf mollet et des p'tits lardons,
C'est l'un de ces instants merveilleux
Qui font douter de la non-existence de Dieu.

[…]
Les pissenlits, de toute manière,
Faut s'en délecter tant qu'on est sur la Terre
Plus tard, on les mang'ra par en d'ssous,
Par la racin', mais ça n'a pas l'même goût.

Les Pissenlits (José Artur - Ricet Barrier) 
 
Il y a bien longtemps que vous n’alliez plus visiter la Foire internationale d’Art Contemporain (la FIAC). Elle ne durait que quelques jours par an, à Paris depuis 45 ans, généralement au Grand palais ou au Louvre. Elle réunissait plusieurs centaines de galeries influentes qui exposaient ce qu’elles pensaient être l’art contemporain, et vous finissiez la journée de visite le corps lessivé et l’esprit abruti par des milliers d’œuvres parmi lesquelles vous aviez cherché, souvent en vain, des émotions nouvelles. Et puis les prix étaient loin au-dessus de vos moyens.

L’année dernière, le coronavirus a empêché la FIAC 2020, mais les organisateurs planifient déjà une FIAC 2021 en octobre, dans le « Grand palais éphémère » qui se construit actuellement autour de la statue (pas encore déboulonnée) du maréchal Joffre, au pied de la tour Eiffel. Et ils y envisagent les FIAC suivantes jusqu’en 2026, durant la refonte du Grand palais.
 
Pour faire patienter l’adepte et tâcher de continuer la vente à la manière des commerces non essentiels sur internet, la FIAC a ouvert le 4 et jusqu’au 7 mars une exposition-vente en ligne (c’est absurde de fermer si vite !)
La présentation est bien faite et montre un peu plus d’un millier d’objets qui vous donneront certainement une idée complète et précise de la création contemporaine en vogue. Comme dans la vraie FIAC, les prix sont d’un autre monde, et les surprises rares.

Nous avions préparé l'éloge de « Weed #558 » du sculpteur hyperréaliste Tony Matelli, un impressionnant pied de pissenlit en bronze peint et grandeur naturelle, mais il a été vendu peu avant la publication de ce billet. Il ressemblait beaucoup à cet autre pissenlit de l'artiste. Il est remplacé dans le catalogue par « Weed #556 », mauvaise herbe malingre mais moins chère, 22 000$ (le lien n'est plus accessible puisque la FIAC en ligne est fermée).
On rêverait d’exposer chez soi ces herbes en bronze, dans un coin, à l’angle d’une plinthe, si elles n’étaient hors de prix et ne risquaient d’être un jour arrachées et mises aux ordures par erreur en faisant le ménage.



Détail d’un pastel de Jean-François Millet actuellement au MFA de Boston. Heureusement, le peintre est mort depuis plus de 70 ans et la reproduction de ses pissenlits est donc libre de droits d’auteur, contrairement aux herbes de Matelli, qui n’a pas 50 ans et semble en bonne santé.

dimanche 9 août 2020

Un quatrième socle à la crème

Le lecteur (*) qui ne sait pas ce qu’est le quatrième socle se reportera à cette courte présentation de 2014 en lien.

Ainsi, selon une régularité très imprécise mise en place depuis 2005, une sculpture, « THE END », de Heather Phillipson, vient d’être inaugurée (en 26 secondes) sur le 4ème socle de la place Trafalgar au cœur de Londres, en remplacement de celle de Michael Rakowitz, « The invisible enemy should not exist », qui y était restée 2 ans.

La créatrice de THE END (La Fin) avoue des convictions écologistes, féministes, antiracistes et végétariennes, et précise que sa sculpture, sous la cerise et la crème glacée, est imbibée d’intentions politiques dénonçant l'orgueil et l'effondrement imminent de la civilisation.


Les intentions sont honorables, mais la signification ne transparait pas clairement. Peut-être dans la présence de l’énorme mouche, commune dans toute « vanité », ou du drone dont les hélices tournent mollement. 
La population londonienne est, de loin, la plus espionnée d’Europe (avec 628 000 caméras - comme dans les plus grandes villes de Chine). La caméra du drone est fonctionnelle et surveille en permanence quelques sans-abris, des pigeons et des toiles d’araignée.
 
Comme le dit au New York Times une passante, informée des motivations politiques pessimistes de l’artiste, « personne n’y pensera, les passants auront juste envie d’une crème glacée ». 
 
***
(*) Le lect·placeici·le·genre·qui·convient qui ne se reconnaitrait pas dans l’expression « le lecteur », neutre par convention, peut s’il éprouve le besoin de marquer une différence entre les genres quand cela n’est pas nécessaire, imaginer une nouvelle convention grammaticale.
Il notera néanmoins qu’il y a bien plus de deux genres (féminin, masculin, intersexe, transsexuel, transgenre…),
qu’en la matière seules les solutions simples et commodes à l'oral et à l'écrit auront des chances de survivre dans la langue, et que c’est hélas une illusion de penser que la grammaire, qui n’en est qu’une conséquence, pourrait abolir ou même affaiblir la domination d’un genre ou d’une espèce.

mercredi 8 janvier 2020

Histoire sans paroles (34)


Orcival, en Auvergne, un toponyme qui tinte doucement, comme une clochette, la vallée de la source, peut-être, ou vallée de l’ours, et une histoire somme toute assez commune ; une relique de la Vierge en personne, parait-il, une statue reliquaire de bois, couverte d’argent et d’or, un pèlerinage assez populaire pour construire en écrin une magnifique église à flanc de colline, romane vu l’époque.
Six siècles plus tard, 1789, le grand village traverse l’Histoire sans dommages, mais devient peu à peu un petit bourg, une localité lit-on parfois, un endroit. Restent un pèlerinage annuel au printemps, pour les fêtes de l’Ascension, et une description complète de l’église, savante et surannée, sur un site du ministère de la Culture.


vendredi 27 décembre 2019

Passons, passons...

Passons, passons puisque tout passe
Je me retournerai souvent
Guillaume Apollinaire (Cors de chasse, dans Alcools)
Ici s'élève un grand débat entre la science et le vulgaire. La science prétend que les hommes sont répandus sur le pourtour de la terre, qu'ils ont les pieds à l'opposite les uns des autres, que partout le ciel est également sur leurs têtes, et que partout le point de la terre foulé par les pieds de ses habitants est le centre pour chacun. Le vulgaire demande pourquoi les hommes placés à l'opposite ne tombent pas : comme s'il n'était pas facile de répondre qu'eux aussi ont le droit de s'étonner que nous ne tombions pas ! Il y a une opinion intermédiaire, et que la foule si indocile trouve probable : c'est que le globe est inégal, semblable pour la figure à une pomme de pin, et que la terre est habitée tout autour de cette espèce de cône. 
Pline l’ancien, Histoire naturelle, Livre 2, (an 77 de l’ère actuelle)

Visiteur, qui pose pour la première fois ton regard sur ce blog, sache que tu arrives dans un endroit peu fréquentable (et d’ailleurs très peu fréquenté). Sous une apparence austère parfois attrayante, tu constateras qu’il peine à respecter les valeurs dites sacro-saintes, les nations, les drapeaux, les religions, les institutions.
Tu noteras qu’il méprise les souverains affublés d’un numéro, en l’écrivant en chiffres arabes, qu’il ne fête pas les dates anniversaires des grands hommes, ni des grandes femmes, qu’il informe sur les expositions généralement après leur fermeture, et surtout, qu’il escamote l’accent circonflexe sur les mots aout, gout, abime ou maitre.

Bref, tu abordes un blog inconvenant.
Si, en dépit de cet avertissement, tu as décidé de poursuivre, apprends qu’il va faire, sous tes yeux, un pas supplémentaire dans l’ignominie et piétiner ses principes en célébrant son propre anniversaire.


Le 27 décembre 2006, dans un premier billet balourd mais déjà assoiffé de vérités scientifiques et… disons artistiques, le blog réclamait des images, que jamais il n’obtint, du verso d’une admirable statue d’Arsinoë 2, qui venait de sortir des eaux de Canope, ville engloutie près d’Alexandrie dans la baie d’Aboukir. Elle gisait là parmi d’autres débris dans un dépotoir à statues dont la religion était périmée, sauvée d’un recyclage moins noble par l’engloutissement de la cité.
Toutes ses représentations, sur internet et dans la presse, la montraient de face, de trois-quart, très rarement de profil, et jamais de dos. Personne depuis n’a proposé de dévoiler ce secret.

Tu penses certainement, visiteur, que le titre du blog comporte déjà une faute d’orthographe et une ambigüité, soit une inversion de lettres s’il entend écrire le mot blog, et dans ce cas ce serait un anglicisme inélégant, soit une faute d’orthographe s’il veut parler de la Terre, hypothèse plausible à la vue de l’illustration du bandeau de titre.

L’équivoque était délibérée.
À un blog ambitieux, il fallait des lecteurs susceptibles d’accepter n’importe quoi. Et c’est dans les exclus, dont on entendait déjà que l’internet et les réseaux sociaux étaient envahis, chez ceux qui souffrent d’être dévalorisés, socialement, affectivement, et qui sont prêts à adhérer à n’importe quelle explication qui ne serait pas celle de la société qui les ignore, que le blog pensait trouver des lecteurs.

Les adeptes de la Terre plate étaient parmi les mieux inspirés. Leur refus pathologique d’accepter la réalité quand elle ne coïncide pas avec leur vision du monde a quelque chose de Don Quichotte, leur opiniâtreté à réécrire autrement les règles les plus élémentaires de la science a tout de la poésie pataphysique et des prémices d’une grande religion. À n’en pas douter, c’était l’avenir.

Un sondage fameux et très respectable, réalisé avec beaucoup de sérieux, de mathématiques, et de biais de toutes sortes par l’Ifop a largement confirmé ce choix depuis.
Il se proposait, souvenons-nous, de mesurer la croyance des Français dans les grands mensonges supposés manipulés par les pouvoirs occultes des sociétés secrètes ou des gouvernements corrompus. Pour donner un exemple de la qualité des questions imaginées par l’Ifop, parmi les complots proposés (liste p.99), étant sous-entendu que tous sont faux, la question suivante était posée « Êtes-vous d’accord ou pas avec l’affirmation que Dieu a créé l’homme et la Terre il y a moins de 10 000 ans ? », et 18% des sondés y répondaient positivement.
Vous noterez que ceux qui pensent qu’un dieu à créé l’ensemble il y a plus de 10 000 ans, hélas nombreux, ne pouvaient pas se prononcer, ni ceux, rares sans doute, qui pensent que tout cela s’est créé sans aide extérieure il y a moins de 10 000 ans. On mesure là toute la finesse de la méthode.

La question qui regarde le blog était plus claire « Êtes-vous d’accord ou pas avec l’affirmation qu’il est possible que la Terre soit plate et non pas ronde comme on nous le dit depuis l’école ? »
9% des sondés ont répondu positivement. Ce qui fait beaucoup de lecteurs potentiels.
Hélas, le sondage lui-même était noyauté par les servants d'un vaste complot mondial, car en 13 ans de chroniques d’une régularité astronomique, aucun adepte de la Terre plate n’a jamais pris contact ni laissé un commentaire sur le blog. Pas un lecteur de plus. Les spécialistes pensent aujourd'hui qu’il n’y a en réalité que quelques milliers de fidèles, et essentiellement aux États-Unis (Flat Earth Society).

Pourtant le blog avait concocté une documentation pointue destinée à soutenir les adeptes de la planéité, et déniché à l’appui de leurs certitudes le témoignage inestimable d’Augustin d’Hippone, le fameux Saint Augustin, lointain héritier des chimères de l’imputrescible Platon, et le plus grand penseur du christianisme. Il écrivait dans La cité de Dieu (16-9) au début du 4ème siècle :
« Quant à leur fabuleuse opinion qu’il y a des antipodes, c’est-à-dire des hommes dont les pieds sont opposés aux nôtres et qui habitent cette partie de la terre où le soleil se lève quand il se couche pour nous, il n’y a aucune raison d’y croire. Aussi ne l’avancent-ils sur le rapport d’aucun témoignage historique, mais sur des conjectures et des raisonnements, parce que, disent-ils, la terre étant ronde, est suspendue entre les deux côtés de la voûte céleste, la partie qui est sous nos pieds, placée dans les mêmes conditions de température, ne peut pas être sans habitants. Mais quand on montrerait que la terre est ronde, il ne s’ensuivrait pas que la partie qui nous est opposée ne fût point couverte d’eau. D’ailleurs, ne le serait-elle pas, quelle nécessité qu’elle fût habitée, puisque, d’un côté, l’Écriture ne peut mentir, et que, de l’autre, il y a trop d’absurdité à dire que les hommes aient traversé une si vaste étendue de mer pour aller peupler cette autre partie du monde. »
On comprend aisément qu'un argumentaire aussi robuste ait pu influencer plus de 1000 ans de science en Occident ! D’ailleurs Augustin mériterait d’être le parrain de ce blog. Car il ne faut pas blâmer les apôtres de la Terre plate. À leur manière, excentrique et malhabile, ils essaient de refaire l’histoire de la science. Les aurait-elle écoutés, l’espèce humaine n’aurait peut-être jamais réussi à transformer ce petit caillou, fut-il plat ou globuleux, en enfer.

Un autre échec de l’histoire du blog, parmi tant d’autres, fut la recherche pathétique du nom d’un sculpteur dont la signature peu lisible est gravée sur la statue d’une fillette assise sur une tombe, dans le cimetière monumental de Milan, en Italie du nord.
Pas la moindre proposition depuis 10 ans. Effrayant silence des espaces infinis de l’internet !

Mais ne nous attardons pas sur ces revers, et réjouissons-nous, puisque cette chronique célèbre un anniversaire. Voici une surprise, en vidéo. Elle dure 4 minutes. Le commentaire n’est qu’en anglais, mais à une minute et 13 secondes, vous verrez qu’on peut se passer de tout commentaire. Elle a été filmée en novembre 2016 au British Museum, à Londres, mais aurait pu l’être à Saint Louis, dans le Missouri, au printemps 2018 (à 15min.20) ou à l’Institut du monde Arabe de Paris, fin 2015 (à 20min.57) ou peut-être de retour au musée des antiquités de la Bibliotheca Alexandrina d’Alexandrie, en Égypte, qui sait ?


Enfin rappelons aux lecteurs de tout genre qu’une petite zone de saisie « Rechercher dans ce blog » permet d’y trouver n’importe quel mot incongru et de flâner parmi 680 chroniques richement illustrées, qui peuvent être lues avec des années de retard sans que la constance de leur futilité encyclopédique n’en pâlisse. Ils y dénicheront des informations insoupçonnées et inactuelles sur la peinture, le droit d'auteur et les cimetières, et sur toutes sortes d’animaux et de végétaux, éléphants, autobus, Tati, Kubrick, et même Mozart (mais que les inconditionnels de la planéité ou de la platitude ne cherchent pas les mots Terre ou globe, ils en ressentiraient sans doute de l’amertume).

lundi 16 décembre 2019

Souvenir tendancieux du Puy


Pour le voyageur qui voudrait garder en mémoire une image de la belle cathédrale du Puy-en-Velay, mais en effacer l’indécente Vierge rose qui la domine de son promontoire jupitérien, le plus difficile sera de trouver un angle favorable où celle-ci n’apparait pas. Cela demandera un peu d’imagination.
Mais il pourra alors exhiber ses photos sans risquer les quolibets peu charitables que susciterait sinon cette perspective curieuse qui donne l’impression d’un trucage, d'une maquette qui ne respecte aucune proportion, et qui éveillerait les soupçons sur un prétendu voyage lointain, alors que la photo semble prise dans le parc d’attraction de la France miniature, à Élancourt près de Paris.

Cette Vierge inexpressive et sulpicienne était dit-on d’un rouge tuile, délicatement repeint en rouge cuivré en 2013. En fait elle parait le plus souvent rose orangé.

Alt Alt
Au lieu de visiter ce monument vaniteux fait de la fonte des canons de la guerre de Crimée en 1860, et équipé d’un escalier interne de 3 étages et de quelques hublots, le sage gravira de préférence les sombres ruelles pentues de la vieille ville du Puy, jusqu’à la cathédrale.

Essoufflé, il aura l’impression d’y entrer par la cave, croisera un aveugle de bois et sur des bas-reliefs usés des êtres émergeant à peine de la pierre, et il s’arrêtera devant la ténébreuse Vierge noire et l'enfant divin qui surgit de son manteau comme la créature monstrueuse dans le film Alien

La cathédrale est sombre, le beau cloitre, encaissé et oppressant. Le lieu est désert.
Il recevrait cependant plus de 1000 visiteurs par jour, en moyenne !
Des fantômes, peut-être. Ou alors, l’obscurité les dissimule. En 75 ans la ville du Puy a perdu, avec régularité, près d’un tiers de sa population.

dimanche 7 janvier 2018

Monuments singuliers (9)

 
Après une enfance très solitaire, Alfred Hitchcock concevait quelques-uns des plus importants chefs-d’œuvre de l’histoire du cinéma.
Il apparaissait 41 fois, pour quelques secondes, dans ses propres films, et au bout de 80 ans de douleurs et de joies, ses cendres étaient éparpillées au large de Los Angeles en 1980.

Il reposait homéopathiquement dissout depuis une décennie dans l’océan Pacifique quand la ville de Dinard, située en Bretagne au bord de la Manche et traditionnellement prisée des touristes anglais décidait de le reconstituer en métal et à différentes échelles.



Elle venait, pour honorer ses voisins d’en face, de créer en 1990 le Festival du film britannique et avait commandé au sculpteur nantais Lionel Ducos une grande effigie de bronze représentant le cinéaste, flanqué d’une mouette et d’un corbeau. Elle serait ancrée, comme flottant, sur un œuf de béton.
La même en miniature et à patine dorée formerait le trophée distribué chaque année au réalisateur lauréat.


Après une dizaine d’années, l’air marin et les intempéries eurent raison de la sculpture qu’il fallut enlever, si bien que le sculpteur en refit un exemplaire plus dynamique, cravate au vent, sans œuf, inauguré en 2009 pour le 20ème anniversaire du festival, et installée 50 mètres plus bas (c’est la version qui illustre cette chronique).
Depuis, les mouettes de la plage de l’Écluse, aidées des vertus balistiques de la gravité, y recouvrent un peu de leur dignité et de leur réputation offensées en 1963.

En 2014 le trophée du festival, après 20 ans, a été remplacé par une abstraction de poisson plat, ventru et vertical, beaucoup moins amusante.



samedi 3 juin 2017

La vie des cimetières (77)



Ici gisent, depuis 1881, les restes de Joseph Vion, abbé libertaire défroqué, devenu militant républicain et maire, parti comme Victor Hugo pour Jersey en 1851, contraint à l’exil par le despotique Louis-Napoléon Bonaparte.

De retour en France, il faisait ériger un ilot artificiel au milieu de son étang de Bouzy-la-Forêt pour y installer le tombeau d’Émilie Gaigné, amour ancillaire morte en 1875. On raconte qu’on y trouve aussi les restes de son chien, et que les deux pesantes statues qui le gardent, la Science (celle de gauche) et la Liberté, sont de la main du célèbre sculpteur orléanais Alfred-Désiré Lanson.




Le touriste funéraire qui tient à admirer cette « ile des morts » miniature, devra faire preuve de témérité. Car les berges de l’étang qui cernent le tombeau sont des propriétés privées protégées de messages dissuasifs orthographiés « défence d’entrer ».

Dès lors le seul endroit public offrant un point de vue sur le mausolée se situe au milieu de la portion de la RD952 qui traverse le sud de l’étang à Saint-Aignan-des-Gués. L’aventurier devra alors s’engager sur une route en pente, sans bas-côté, fréquentée par des centaines de poids lourds en excès de vitesse, et fortement déconseillée au piéton qui n’aurait pas déjà rédigé ses dernières volontés.




mardi 14 février 2017

La vie des cimetières (74)

Encore quelques instants de vie quotidienne au cimetière monumental Staglieno, à Gênes, en Ligurie




dimanche 25 décembre 2016

Un mendiant à l’hôtel de la Monnaie

Maurizio Cattelan - Lui, exposé dans l'hôtel de la Monnaie, Paris décembre 2016.

Qu’est-ce qui peut séduire dans une œuvre de Maurizio Cattelan ?

L’incongruité des situations ? Comme dans les tableaux de Magritte, l’apparition d’un objet ou d’une scène imprévus dans un environnement inadéquat. Sans compter le titre sibyllin, voire absent, qui n'éclaircit pas l'énigme.
Et on ne sait pas clairement si le plaisir est causé par ce surgissement d’une invraisemblance dans une réalité palpable, un peu comme un trait d’humour, ou par le rassurant retour à l’équilibre de la raison qui a tôt fait de se forger une interprétation personnelle.

Mais les blagues trop souvent répétés finissent par lasser. La surprise s’évente. Et la provocation perd tout sens quand elle est encensée par les institutions qu’elle pensait railler. Elle devient une complaisante taquinerie. On en parle dans les cocktails officiels et les inaugurations. On écrit à l’occasion un petit opuscule opportun où on aligne des banalités prononcées par l'artiste. Sa cote s'en ressentira à la hausse.

Maurizio Cattelan, hôtel de la Monnaie, Paris décembre 2016.

La Monnaie de Paris, la plus vieille institution française et qui frappe la monnaie depuis 12 siècles vient de consacrer quelques lambris de l’hôtel de la Monnaie du quai Conti à une petite rétrospective des œuvres de Maurizio Cattelan.

Et cette accumulation de 17 œuvres laisse finalement le spectateur indifférent, une fois sa curiosité satisfaite.
Le sujet le plus touchant est peut-être ce clochard sans domicile caché dans une vieille couverture dans une petite pièce un peu en retrait.

Maurizio Cattelan, hôtel de la Monnaie, Paris décembre 2016.

Car les œuvres de Cattelan ne sont réjouissantes et impressionnantes qu'inopinément, quand on les découvre par hasard, comme à Rotterdam, au détour d’une visite du musée Boijmans, dans la salle consacrée aux peintres paysagistes du 19ème siècle, quand on remarque au milieu de la pièce une effigie de Cattelan qui a percé dans le plancher un trou entre deux étages du musée et regarde innocemment les visiteurs, comme une bonne plaisanterie.

Maurizio Cattelan, hôtel de la Monnaie, Paris décembre 2016.

mardi 13 décembre 2016

Stanislas est un cumulard


Stanislas Leszczynski cumulait les fonctions. Roi de Pologne, duc de Lorraine, grand-duc de Lituanie, arrière-grand-père de Louis 16, et record au jeu de Scrabble avec les 49 points de son patronyme (au mépris de toute convenance phonétique dans la suite des lettres SZCZY).
Par ailleurs il a joué un petit rôle dans Ubu roi d’Alfred jarry en 1896.

Les Nancéiens que la question du cumul des mandats préoccupe peu honorent encore Stanislas comme un bienfaiteur de la Lorraine et prétendent qu’il est également le créateur du baba au rhum.
Ils l’ont représenté dans le bronze en 1831 et l’ont enfermé au centre de Nancy dans une bulle hermétique qui le protège de la pollution atmosphérique et des déjections des pigeons irrespectueux.


dimanche 28 août 2016

Les saisons de Houdon

Ce n’est peut-être pas un hasard si les deux grands portraitistes de la fin du 18ème siècle, les sculpteurs Houdon et Pajou membres de la très respectueuse Académie royale, après avoir réalisé de magnifiques bustes de l’aristocratie de l’Ancien Régime, ont traversé sains et saufs les tempêtes de la Révolution française et de l’Empire.
Ils étaient tous deux membres de la progressiste et influente loge maçonnique des « Neuf Sœurs », qui joua un rôle important dans la lutte des colons américains pour l’indépendance et la propagation des idéaux républicains, et ils y côtoyèrent Lalande, Helvetius, Benjamin Franklin, Thomas Jefferson, et même Voltaire et Joseph Ignace Guillotin.

Le musée Fabre de Montpellier expose une exceptionnelle collection permanente de très beaux bustes de Pajou, et de chefs d’œuvres de Houdon, dont les marbres originaux de l’Hiver, superbe espièglerie callipyge réalisée en 1783, et de l’Été sculpté en 1785, remarquable par son naturel (notamment dans le traitement du regard), naturalisme avant l’heure qui émerveillera bien plus tard Carpeaux et Rodin.

Houdon Jean-Antoine, l'Hiver (Montpellier musée Fabre)

Houdon Jean-Antoine, l'Été - détail (Montpellier musée Fabre)

samedi 23 juillet 2016

La vie des cimetières (70)

Au cimetière du Père-Lachaise, sur le monument funéraire d’Auguste Burdeau, sculpté par Alfred Boucher pour l’inauguration du 1er juillet 1901, on croit voir la Posterité écrivant le nom du regretté ministre et philosophe, pour qu’il soit ainsi gravé dans les mémoires.
En réalité, si on regarde bien, son ciseau tire un trait définitif sur une vie.



jeudi 14 avril 2016

Anecdotes autour d'une cathédrale



La cathédrale de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) est ténébreuse. C’est la crasse disent les visiteurs. Les Auvergnats objectent que c’est la couleur grise de la pierre volcanique de Volvic.

En effet il y a peu à l'échelle géologique, le puy de la Nugère qui surplombe Volvic digérait mal et se laissait aller à d’épaisses coulées d’une lave sombre. 9000 ans plus tard, après s’être assurés que le tout était bien refroidi, les paroissiens du coin se servirent abondamment pour édifier non loin une splendide cathédrale à la gloire de leur dieu et de ses soi-disant représentants sur terre. C’était entre les 13ème et 14ème siècles de l’ère actuelle.

Vint la Révolution.
On sait que la pierre de Volvic peut durer des millénaires, mais rien, ni l’évidence ni la raison pas plus qu’un puissant édifice de pierre, ne peut résister à la fureur d’une population qui se libère de siècles de frustration pour consentir à d'autres servitudes.
Et la cathédrale ne doit d’avoir à moitié survécu qu’aux négociations d’un habile prélat et à quelques concessions humiliantes, dont un acte de foi inscrit au printemps 1794 sur le fronton de la façade nord qui déclare « LE PEUPLE FRANÇAIS RECONNOIT L’ÊTRE SUPRÊME ET L’IMMORTALITÉ DE L’ÂME ». Il est vrai que l’affirmation pouvait s’appliquer indifféremment à l’ancienne comme à la nouvelle croyance, en restant vague sur la définition de l’Être Suprême.
Robespierre, effrayé par les louches complaisances iconoclastes du culte de la Raison, avait alors repris les choses en main et proclamé le culte de l’Être Suprême. C’était un ensemble disparate de valeurs censées moraliser périodiquement le peuple, tous les dimanches. On y trouvait entre autres la liberté du monde, la haine des traitres, l’agriculture, la pudeur, la bonne foi et l’immortalité.

C’était l’époque de la Terreur. 
Au cours de somptueuses festivités populaires organisées par le peintre J.L. David on brulait des statues de l’Athéisme, de l’Ambition et de la fausse Simplicité. On s’amusait vraiment bien. 
Gossec avait composé l’hymne à l’Être suprême, les paroles de Désorgues disaient :

« Père de l’Univers, suprême intelligence, 
Bienfaiteur ignoré des aveugles mortels, 
Tu révélas ton être à la reconnaissance, 
Qui seule éleva tes autels
[…]  
Ton temple est sur les monts, sur les airs, dans les ondes, 
Tu n’as point de passé, tu n’as point d’avenir, 
Et sans les occuper tu remplis tous les mondes, 
Qui ne peuvent te contenir. »

La complexité du concept, notamment les deux derniers vers, donnait des migraines aux plus zélés et laissait les autres indifférents. Le culte disparut après quelques mois, fin 1795.





Enfin Viollet-le-Duc, architecte habité par le Moyen Âge, fut chargé de la restauration de l’édifice à partir de 1866. Les deux flèches, deux travées, la façade occidentale et une grande partie de la statuaire seront refaites suivant ses instructions.

Comme Alfred Hitchcock dans nombre de ses films, l’architecte avait coutume de déposer sa propre effigie un peu partout sur les monuments qu’il restaurait. On le retrouve en apôtre de bronze sur la flèche de Notre-Dame de Paris, en pierre sur la façade du même monument tenant un bouquet de violettes, pèlerin sur la chapelle de Pierrefonds ou accroupi sur la flèche de la cathédrale d’Amiens.

On le trouvera sculpté en pied et en saint Paul flanqué d’une épée sur la façade occidentale de la cathédrale de Clermont-Ferrand.