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samedi 13 juin 2026

Investir dans l'art ?

Otto Dix - La guerre, tryptique et prédelle 1928-1932, technique mixte sur panneaux de bois, 420cm (Dresde Neue galerie - Albertinum)



Le Journal de l’art (Ilgiornaledellarte) présentait récemment une étude sur le rendement moyen des œuvres d’art sur le marché secondaire des ventes aux enchères (écart entre prix d'achat et prix de vente), sur la période des 25 dernières années, avec les données de 45 000 ventes dans les principales maisons d’enchères (Christie’s, Sotheby’s, Phillips). 

Le rendement moyen aurait été de 6,8% entre deux reventes inférieures à 10 000$, 3,7% entre 10 000 et 50 000$, 1,9% entre 50 000 et 1 000 000$, et -1,3% (négatif) au-delà du million de dollars.
Ces résultats grossiers varient selon de nombreux critères comme le délai entre deux reventes, la taille du marché de l'artiste, le pourcentage d'œuvres vendues et de ventes à perte, l’énigmatique "risque par unité de rendement"… 

Les chiffres de cette étude sont fournis par deux économistes américains expérimentés qui mettent à disposition gratuitement sur leur site des outils d’évaluation du rendement par artiste. Ils prennent la précaution dans les conditions générales de ne garantir ni les données collectées ni les outils - néanmoins brevetés - d'analyse et dénient toute responsabilité sur leur utilisation.
Leur ferez-vous confiance ?

Et s'il s'agit de confiance, investissez plutôt dans les armements et les drones, les rendements sont bien meilleurs. Mais n’attendez pas, si vous souhaitez en profiter un peu, car ces bulles financières peuvent exploser sans prévenir.

dimanche 9 août 2020

Un quatrième socle à la crème

Le lecteur (*) qui ne sait pas ce qu’est le quatrième socle se reportera à cette courte présentation de 2014 en lien.

Ainsi, selon une régularité très imprécise mise en place depuis 2005, une sculpture, « THE END », de Heather Phillipson, vient d’être inaugurée (en 26 secondes) sur le 4ème socle de la place Trafalgar au cœur de Londres, en remplacement de celle de Michael Rakowitz, « The invisible enemy should not exist », qui y était restée 2 ans.

La créatrice de THE END (La Fin) avoue des convictions écologistes, féministes, antiracistes et végétariennes, et précise que sa sculpture, sous la cerise et la crème glacée, est imbibée d’intentions politiques dénonçant l'orgueil et l'effondrement imminent de la civilisation.


Les intentions sont honorables, mais la signification ne transparait pas clairement. Peut-être dans la présence de l’énorme mouche, commune dans toute « vanité », ou du drone dont les hélices tournent mollement. 
La population londonienne est, de loin, la plus espionnée d’Europe (avec 628 000 caméras - comme dans les plus grandes villes de Chine). La caméra du drone est fonctionnelle et surveille en permanence quelques sans-abris, des pigeons et des toiles d’araignée.
 
Comme le dit au New York Times une passante, informée des motivations politiques pessimistes de l’artiste, « personne n’y pensera, les passants auront juste envie d’une crème glacée ». 
 
***
(*) Le lect·placeici·le·genre·qui·convient qui ne se reconnaitrait pas dans l’expression « le lecteur », neutre par convention, peut s’il éprouve le besoin de marquer une différence entre les genres quand cela n’est pas nécessaire, imaginer une nouvelle convention grammaticale.
Il notera néanmoins qu’il y a bien plus de deux genres (féminin, masculin, intersexe, transsexuel, transgenre…),
qu’en la matière seules les solutions simples et commodes à l'oral et à l'écrit auront des chances de survivre dans la langue, et que c’est hélas une illusion de penser que la grammaire, qui n’en est qu’une conséquence, pourrait abolir ou même affaiblir la domination d’un genre ou d’une espèce.