lundi 5 septembre 2011

C'est beau, la nature


Le morpho, papillon bleu iridescent qui batifole imprudemment dans les forêts d'Amérique du sud n'a décidément pas de chance. La nature l'a doté, dans sa dernière métamorphose, de couleurs si précieuses, comme un métal enchanté dans un film de Walt Disney, que collectionneurs et naturalistes n'ont jamais pu se retenir d'en décorer à profusion vitrines et musées.
Et tandis qu'un brave papillon commun flanqué de couleurs vulgaires prend tous les matins le chemin du bureau, vit paisiblement ses quelques mois d'existence, butine au passage et se reproduit comme tout le monde en dizaines de petits papillons également communs, l'éblouissant morpho quant à lui finit généralement jeune, épinglé dans une boite poussiéreuse, au dessus d'une étiquette qui précise, d'une écriture cursive et appliquée, le petit nom de l'animal et le paradis où il a été chassé, agrémentés d'un commentaire affligé sur la disparition de l'espèce.

Moralité : il n'y en a pas.



6 commentaires :

lucm.reze a dit…

Il paraît que pour satisfaire la demande et sauver l’espèce, on en fait maintenant l’élevage. Il est vrai que « Morpho élevé en batterie » c’est moins pittoresque sur l’étiquette.

Costar a dit…

Oui j'ai vu cela. Élever des animaux pour mieux les épingler une fois adultes. Quel monde étonnant !

Tilia a dit…

Pauvre Morpho ! un destin à la James Dean, un peu...

Rien à voir : vous aviez entièrement raison pour l'orfèvrerie. Voir mon commentaire en réponse à Lou Martegau.

Webtramp a dit…

La beauté serait-elle devenue un handicap pour la survie?

Costar a dit…

Eh, peut-être. Celui qui obtient facilement n'a pas besoin d'aiguiser ses moyens d'obtenir et affaiblit petit à petit l'espèce. Bon, c'est peut être du Darwinisme de bazar !

Le Gall : Décrypter Le Système Pyramidall a dit…

très bien vu !