jeudi 9 mars 2017

La vie des cimetières (75)

Le tombeau du facteur Cheval par le facteur Cheval, 
au cimetière de Hauterives dans le département de la Drôme.

C’était l’époque des colonies françaises de Cochinchine, de la redécouverte des temples exubérants de l’Inde et de l’empire khmer dont les gravures envahissaient les magazines illustrés comme le « Magasin Pittoresque », encyclopédie populaire que l’administration des postes et télégraphes distribuait aux abonnés.

C’était l’époque où Ferdinand Cheval, simple facteur mégalomane, transcendait l’art du « nain de jardin » en édifiant lentement dans sa cour un énorme temple de pierre et de ciment, débordant d’enjolivures de « style nouille » et d’aphorismes candides. Il l’appelait le « Palais idéal » et aurait souhaité y être enterré, ce que la loi interdisait.
Alors exalté par le succès touristique de l’ouvrage de sa vie il achetait une concession au cimetière du village et y édifiait son propre tombeau, durant 8 ans, dans le style naïf et luxuriant qui avait fait sa renommée.

Depuis, le monument est devenu historique et la concession perpétuelle. Le village de Hauterives entretient soigneusement le Palais, le mausolée, et les 150 000 visiteurs qui s’y rendent tous les ans.