lundi 1 juin 2009

Henri Martin, peintre (1860-1943)

Henri Martin : La Bastide-du-vert et Marquayrol (musée de Cahors Henri-Martin)On reconnait communément deux grandes spécialités au peintre Edgar Degas : les représentations aux pastels de jeunes filles en tutu et les jugements acerbes sur ses confrères peintres. Henri Martin n'y a pas échappé. Degas le qualifiait, pour résumer, d'impressionniste pour sous-préfectures.
Ça n'est pas faux. Honoré par les grandes institutions de la nation, médaillé, couvert de prix, Henri Martin a tapissé durant près de 60 ans des hectares de murs de mairies et de bâtiments publics avec d'immenses et édifiantes peintures murales, à la manière néo-impressionniste.

Henri Martin : La Bastide-du-vert et Marquayrol (détail)Il a été affecté par toutes les maladies en «...isme» de son temps, du romantisme à l'académisme, ponctuées de fortes poussées d'infantilisme (symbolisme, spiritualisme, mysticisme rose-croix et autres philosophies pour boyscouts).
Alors naturellement, vers la fin des années 1880, comme nombre d'autres peintres de l'époque (Gauguin, Van Gogh, Segantini...), il attrapait le virus du divisionnisme (ou pointillisme), propagé par Seurat et Signac. Et il n'en guérit jamais. Pendant plus de 50 ans, toutes ses œuvres, des grandes machines officielles aux croquis les plus intimes, seront faites de taches colorées juxtaposées.
On comprend pourquoi Degas lui en voulait. Il avait transformé en un style compassé, théâtral, presque académique, une manière de peindre qui était née de la liberté et du refus des conventions et des compromissions. Et trahison ultime, il en vivait royalement. Au point qu'il acheta en 1900 une maison dans le Lot, près de Cahors (suivie de deux autres à Saint Cirq-Lapopie et Collioure), où il se retira presque de toute vie mondaine pour peindre des séries de paysages colorés, calmes et confortables, pendant encore 40 ans.

Henri Martin : La maison du sabotierHenri Martin : Le bassin de Marquayrol









Ce sont ces paysages sereins, modestes et silencieux qui font la part la plus belle de l'exposition consacrée à Henri Martin, actuellement à Douai, pour trois semaines encore. Allez-y sans hésiter, il y a toujours des places de parking disponibles au musée de la Chartreuse.

10 commentaires :

Anonyme a dit…

Ils autorisent les photos, au musée de la Chartreuse ?

Costar a dit…

Oui. C'est un petit musée de province qui n'est pas encore atteint par les impératifs commerciaux de rentabilité. Mais les conditions de prise de vue ne sont pas très bonnes.

Marc Lasserre a dit…

Bonsoir, merci pour ce bel article. Puis-je le reprendre en vous citant dans mon blog dédié au pointillisme ?
(marclasserre.artblog.fr)
Cordialement, Marc.

Costar a dit…

Bien sûr Marc, n'hésitez pas, et parlez-nous un jour, si vous avez le temps, du grand Angelo Morbelli.

Lucie M. a dit…

Bonjour NB: le copyright sur les reproductions des peintures d'Henri Martin expire en janvier prochain. Je signale que l'ayant-droit n'a JAMAIS interdit de reproduction, quoi qu'en disent certains sites, à commencer par celui du tourisme de Cahors, un comble. Lucie

Costar a dit…

Lucie,
La question des droits de reproductions est une plaie du droit d'auteur. J'en parle souvent ici. Quand les artistes comprendront-ils que chaque refus de reproduire leur œuvre les ensevelit un peu plus dans l'oubli ?
Alors merci à Henri Martin et son ayant-droit.

Lucie M. a dit…

Le copyright d'HM vient d'expirer, ouf. Bémol: la porte est ouverte à tout, et les peintures présentées sur le net ne sont pas toutes authentiques, certaines même sont totalement refutées par Cyrille Martin (son petit-fils, seul expert). Prudence et coup d'oeil critique, donc. Par ailleurs je trouve votre article bien sévère: HM est un coloriste hors-pair, au dessin sans faille et au sens aigu de la composition. Un peu trop sage, c'est vrai! Ce fils d'ébéniste se sentait plus au chaud avec les Muses qu'avec les danseuses: Degas et HM, deux facettes d'une époque. Trop long sujet à développer ici. Le catalogue raisonné HM est en route, une vraie aventure. Lucie.

Costar a dit…

Oui Lucie je suis probablement un peu injuste envers les œuvres de la première moitié de sa vie (pour simplifier), mais c'est parce j'aime trop les paysages sereins et doux qui constituent sa seconde vie, et je le dis dans l'article, mais peut-être pas aussi fort. Heureusement les succès et records en ventes publiques depuis quelques années commencent à le réhabiliter sérieusement.
Et un cordial merci pour ces informations.

Anonyme a dit…

Bonjour,

je suis a la recherche des coordonnées de cyrille Martin ou de tout expert onnaisssant l'oeuvre d'HM car il y a au lycée la fontaine à partin un grand décor signé Henri Martin 39 qui est la réplique en grand format d'un petit tableau de HM qui se trouve au muséee de cahors. Nous recherchons (pour mieux connaitre l'histoire du lycée) d'ou vient ce tableau? a-t-il été réalisé par HM pour le lycée ou a-t-il été installé lors de la création de l'auditoriem du lycée en 1993?

ci joint le lien vers la fueille de choux ou j'avais écrit quelques lignes sur le décor et mon echange avec le musée de Cahors...

Si vous avez des infos.... je suis preneur

Cordialement

Romain Bourgeois

http://lycee-jean-de-la-fontaine-paris16.peep.asso.fr/329/assets/File/LaPlume/plume_24.pdf

Costar a dit…

M. Bourgeois,

Je ne suis qu'un amateur très éloigné, mais je pense que vous auriez de l'intérêt à consulter l'excellent M. Rykner qui dirige le site "La Tribune de l'art", qui s'est longuement penché sur le sujet des décors peints d'Henri-Martin, et qui, me semble-t-il, sait comment joindre le petit-fils d'Henri-Martin et seul ayant-droit.
Votre sujet les intéressera assurément.
Vous trouverez au bout de ce lien toutes manières de le contacter.
Bonne enquête.