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lundi 20 octobre 2025

Pour en finir avec l'expo de La Tour

Georges de La Tour, Madeleine pénitente, détail

C'est évident, Georges de La Tour est une des obsessions de Ce Blog. Si vous ne partagez pas cette manie, vous avez récréation aujourd'hui, car nous allons faire, un mois et demi après l'ouverture de l'évènement "Georges de La Tour entre ombre et lumière" au musée Jacquemart-André, un récapitulatif des prévisions et promesses confrontées à la réalité.

Les conditions de visite, l'étroite surface d’exposition, la ruée des visiteurs...

Nous avions estimé, comme habituellement dans ce musée et après quelques expériences affligeantes, la surface d’exposition à 200 mètres carrés, valeur confirmée précisément, et regrettée, par un commissaire de l'exposition dans l'émission "Georges de La Tour Superstar" de la radio publique France-Inter, le 22.09.2025. On relève d'ailleurs, dans cet échange de 23 minutes pourtant enthousiaste et complaisant, les aveux spontanés suivants : 
- Je le confirme, les salles sont bondées, on ne peut pas circuler
- On ne peut pas s’installer devant un tableau
- On ne peut pas méditer parce qu’il y a beaucoup de monde

Le journal Libération précise que l'espace est divisé en 8 petites pièces (donc de 25m² chacune). Il avoue apprécier la promiscuité de la chose qu'il nomme intimité. 

De son côté Le Journal des Arts.fr, dans un article exceptionnellement gratuit intitulé "Un Georges de La Tour ramassé à Jacquemart-André", se sent obligé d'avouer "Comme d’accoutumée, le parcours doit composer avec les espaces étroits du musée, qui nuisent inévitablement au confort de visite", et se rachète en précisant "Mais [...] la répartition des œuvres est bien pensée", et en ne reproduisant que des photos promotionnelles, bien choisies et sans vrai public, fournies par Culturespaces, l'industrie lourde des expériences culturelles.

Le fait de ne pas pouvoir circuler dans une exposition, ni s'arrêter devant un tableau, est donc le critère principal de sa qualité ; puisque le troupeau s'y précipite...

Les règles de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public obligent à une surface minimale par visiteur de 5 m² dans un musée (parfois moins, avec accord de la Commission de sécurité), ce qui autoriserait seulement 40 visiteurs simultanés dans cette exposition ; environ une personne par tableau, ce qui est très éloigné de la description par les témoins du drame qui se joue actuellement au musée Jacquemart. On imagine que la Commission de sécurité a été particulièrement laxiste, ou que la réglementation n'est pas respectée, hypothèse insoutenable quand on sait l'honnêteté et la rigueur des partenaires de l'exposition.
Notez que tous les billets pour visites de luxe par groupes de 15 personnes en semaine de 9h à 10h étaient épuisés dès les premiers jours de l'exposition. 


Les œuvres exposées, la fausse rétrospective, le piège du "Nouveau-né"... 

L'expression abusive "rétrospective De La Tour", entendue dès le début de l'émission radiophonique citée plus haut, présente encore sur la page de l'exposition du site du musée, n'a pas disparu des médias, mais on insiste surtout sur le nombre de tableaux de La Tour réunis, comme Le Journal des arts.fr dans son article de réclame, "l’exposition réunit la moitié de la production connue de l’artiste", ou le catalogue de l'exposition en page 7 : "rassemblant plus de la moitié des œuvres connues de l'artiste, enrichie de pièces issues de son atelier", ou dans la boutique du musée "l'exposition réunit plus de la moitié des œuvres connues de La Tour, dont des pièces rares provenant directement de son atelier", phrase incohérente d'un marchand de soupe qui ignore les sens du mot "atelier".
Le pompon de l'outrance revient à la page de l'exposition déjà citée "Plus de 30 chefs-d’œuvre réunis sur la quarantaine d’œuvres connues de l’artiste". Chaque mot de cette phrase est un mensonge. L'ensemble constitue une imposture, une fraude

Le catalogue détaille les 43 œuvres exposées : 13 sont des gravures (n°6-10, Bellange, Callot) et des toiles d'autres peintres (n°28-35, De Coster, Honthorst, Le Nain, Bigot, Finson...) 
Ainsi 30 œuvres attribuées à (jusqu'aux copies dans le style de) Georges de La Tour sont effectivement exposées.
Quel est leur degré de qualité et d'authenticité ?

Aujourd'hui, variable selon les auteurs, l'œuvre peint de La Tour comprend environ 75 numéros, décomposés très approximativement en :
21 toiles (dont 8 exposées) à l'authenticité indiscutée et jugées comme des chefs-d’œuvre de la maturité
7 toiles (dont 7 exposées) à l'authenticité peu discutée mais œuvres des débuts, moins considérées
12 toiles (dont 9 exposées) à l'authenticité douteuse (de la main du fils Étienne ou d'un soi-disant atelier)
35 toiles (dont 6 exposées) à l'authenticité nulle (copies évidentes ou pastiches)

Notons que les 7 mauvaises copies appartenant à l'ensemble du Christ et des apôtres de la cathédrale d’Albi, pressenties, ne sont heureusement pas exposées, non plus que les deux variantes des "Tricheurs", du Louvre et du Kimbell Art Museum de Fort Worth.
Le catalogue de l'exposition, aux reproductions correctes sans plus, aux textes sans surprise et aux informations parfois approximatives (prétendant par exemple certains tableaux absents de la rétrospective de 1997 alors qu'ils y étaient), est loin de justifier son prix. 

Pour résumer, sur une trentaine d'œuvres authentiques indiscutées de La Tour, Jacquemart en expose une quinzaine, surtout les tableaux diurnes et réalistes du début, nettement moins séduisants, et peu des chefs-d’œuvre nocturnes de la maturité. Très minoritaires, ces derniers sont pourtant les seuls représentés parmi les 6 tableaux de l'animation qui ouvre sur le site la page de l'exposition. L'autre moitié des œuvres exposées est extraite de la bonne quarantaine d'œuvres douteuses voire indéfendables du catalogue de La Tour (pour mémoire, tout musée possesseur d'une œuvre à l'attribution douteuse trouvera grand intérêt à le montrer dans une exposition monographique. La simple citation de sa participation rehaussera automatiquement son pédigrée et son authenticité).

Félicitons malgré tout l'équipe markéting d'Engie-Culturespaces, au moins de trois exploits : avoir convaincu le musée de Rennes d'abandonner pendant plus de 4 mois son tableau légendaire, le fabuleux "Nouveau-né", qui fait inévitablement toutes les affiches et les couvertures, avoir réuni à Paris une bonne part des La Tour disséminés dans les musées de province, et enfin avoir retrouvé l'insaisissable "Christ de Chancelade", copie d'un tableau de l'atelier de Honthorst, que l'auteur de Ce Blog traque sans succès depuis des années (et sans doute pour longtemps encore puisqu'il n'ira pas le voir au 158 boulevard Haussmann).     

Allez, on ne dira plus un mot sur cet évènement en toc, cette exposition qui se maquille en rétrospective en raclant les fonds de tiroir, et qui s'exhibe dans ce luxueux hôtel particulier comme dans un couloir du métro parisien aux heures de pointe. C'est promis !

mercredi 20 août 2025

De La Tour, la douche de l’automne (2 de 2)

Avertissement : les reproductions des La Tour sur internet (et aussi dans la plupart des éditions sur papier) sont désastreuses, les couleurs sont vulgaires, souvent fausses, les rouges et les jaunes sur-saturés. Celle du musée de Washington ne fait pas exception. Ce détail en illustration, d’un La Tour du Louvre, n’a rien à voir avec l’exposition d’automne mais au moins ses couleurs sont-elles à peu près justes.


Nous sommes donc restés suspendus, depuis quelques jours, à cette question de la plus haute importance : 
Y aura-t-il un motif réellement raisonnable de risquer une dépression nerveuse en se rendant à Paris au 158 boulevard Haussmann à l’heure d’ouverture des musées à partir du 11 septembre prochain ? 

Qu’en disent les médias ?

On ne trouve en réalité aujourd'hui qu’un article susceptible de nous informer un peu plus sérieusement que le site du musée sur le contenu de cette exposition Georges de La Tour, il est sur le site de la revue Connaissance des Arts. 
Et il titre sans hésiter "Le mystère Georges de La Tour, maître du clair-obscur, bientôt dévoilé dans une exposition exceptionnelle". Vous vous en doutez, c’est un cliché du markéting, il n’y aura ni mystère ni révélation particulière, sauf si vous étiez persuadés que La Tour était un cycliste renommé ou un grand vin de Bordeaux.

Puis on y lit "la première rétrospective en France depuis près de 20 ans" ; en réalité la dernière rétrospective de La Tour date de 30 ans, mais surtout, ne vous attendez pas à une véritable rétrospective, en tout cas dans sa définition habituelle de présentation chronologique ou thématique d’une part représentative d’une œuvre. Et l’article d’insister en précisant "Une vingtaine de toiles conservées partout dans le monde […] soit près de la moitié de celles attribuées au peintre Lorrain !". 
Oh la vilaine menterie !
Si 30 à 40 tableaux (en fonction des experts) sont effectivement attribués totalement ou partiellement à la main de La Tour, la dernière rétrospective en 1997 au Grand palais de Paris en exposait l’intégralité connue alors, parmi 65 œuvres aux degrés divers d’attribution. La prétendue rétrospective du Boulevard Haussmann n’en présentera au mieux que 9, et autant de mauvaises copies (comme on le verra plus bas).
Quant à leur provenance "partout dans le monde", modérons l’expression : 15 parmi les 18 "La Tour" viendront de France, de province.

Enfin, on nous promet, en plus du petit nombre de La Tour, des toiles, sans doute pas plus d’une quinzaine sinon les murs déborderaient, d’autres peintres dont on ne saura rien, mais qui auront un rapport avec le sujet.

Alors quels La Tour sont annoncés ?

Rappelons que nous ne sommes pas à New York, où le Metropolitan museum met en ligne, avant une exposition, son contenu intégral. Ici, à Paris, chez Culturespaces, on communique dans le mesquin, et seulement l’information flatteuse. Le but est d’attirer le consommateur, pas de l’instruire. Alors on justifie l’exposition d’un prétexte creux "on privilégie une approche thématique destinée à cerner l’originalité de La Tour, lié par son épure formelle et son naturalisme subtil à la révolution du caravagisme", qu’on accompagne de 5 images qui font l’essentiel de l’opération de markéting, des images déjà connues voire très connues du public, les seules qui seront fournies aux médias. 

On a tout de même procuré au site partenaire Connaissance des Arts (L'ŒIL) une sorte de liste des La Tour exposés (remise ci-dessous dans un ordre chronologique incertain) :

1 à 11 : Un ensemble représentant le Christ et les apôtres provenant de la cathédrale d’Albi.
Il s’agit de la série des portraits conservés au musée d’Albi. Ce sont les débuts de La Tour, pas des œuvres majeures. Les 11 tableaux feront sans doute le voyage ; ils sont peu demandés. Il faut dire que seulement 2 sont jugés authentiques. Les 9 autres sont de (très) mauvaises copies. 

12 : Portrait de Saint Philippe, prêté par le Chrysler Art museum de Norfolk (USA). C’est la version authentique d’une des 9 copies précédentes. Les deux versions seront-elles présentes, et côte à côte ?  

13 : Vielleur au chien, prêté par le musée du Mont-de-Piété à Bergues (Nord). C’est, comme les n°1-12, un tableau des débuts de La Tour. Énormément restauré, il ne reste plus grand chose de la main du peintre, mais le chien, dont on dit qu’il a été relativement préservé, est magnifique.

14 à 16 : On l’a vu, Culturespaces a ratissé les provinces françaises. Après Albi et Bergues, Épinal prête Job raillé par sa femme, récemment restauré, et Nancy, fermé pour des années encore, prête toujours sa Femme à la puce à qui le demande poliment.
Le coup de maitre, c’est d’avoir obtenu du musée de Rennes le célébrissime Nouveau-né, un des 3 plus beaux tableaux du monde (oui, oui, 3), devenu une icône dont toute porte de réfrigérateur même peu cultivée se doit d’accueillir les propriétés magnétiques.
À Rennes, les conditions d’exposition du tableau se sont dégradées au fil des années ; il a été recouvert d’une vitre anti-reflets qui l’affuble de mouvantes lueurs verdâtres devenues plus visibles encore depuis qu’il est relégué dans une pièce à l’éclairage déficient et artificiel. Ça ne sera pas pire au musée Jacquemart, mais alors qu’à Rennes jamais personne ne s’y réfléchit, on peut prédire qu’il sera bientôt dénaturé dans les médias jusqu’à la nausée, et inabordable boulevard Haussmann.    

17 : La Madeleine pénitente, venue de la National Gallery of Art de Washington. Encore une merveille. Ne croyez pas les brun-roux et surtout le jaune inqualifiable de la reproduction américaine. Croyez plutôt cette médiocre photo de la version du musée indéfiniment fermé de Nancy, qui aurait pu être empruntée en même temps que la dame qui s’épuce, pour éviter le voyage Washington-Paris ; quoique plus courte elle est aussi belle ; c’est une version dite d’atelier (mais La Tour n’a pas eu d’atelier, seulement un ou deux élèves). 

18 : Enfin les Joueurs de dés prêté par le Preston park museum de Stockton-on-Tees (GB). Sorte de pastiche surchargé de La Tour, qui divise encore les experts aussi bien sur l’époque d’exécution que sur les mains qui l’auraient réalisé, cet étrange collage contient néanmoins quelques beaux détails.

***
Et voilà le compte-rendu d’une exposition à venir rondement mené. L’information concédée étant fragmentaire, une ou deux surprises restent évidemment possibles.
Entrevoir 4 chefs-d’œuvres, quelques curiosités, et si l’éclairage le permet, les vraies couleurs des tableaux de la Tour : à vous de voir.

Si vous pensez n’avoir jamais le temps d’aller les admirer séparément en province (vous devez, par exemple, courir sauver la planète des méfaits d'un climat récalcitrant), le musée propose des visites de luxe nettement plus calmes, à un groupe de 15 personnes avec guide, les jours de semaine avant l’ouverture, entre 9h et 10h, pour 42€ (au lieu de 18€50). Dans ce cas n'attendez pas, les places libres s'épuisent déjà. 
Il y aura alors peut-être moyen de s’isoler quelques secondes devant un tableau…


***


Mise à jour du 29.08.2025 : Scoupes ! Si l'on croit trois articles récents, le nombre de La Tour de l'exposition serait augmenté de 5 tableaux, mineurs essentiellement, mais modifiant un peu les décomptes puisque le nombre total de La Tour, toujours si on suppose la série d'Albi complète, passerait de 18 à 23, les tableaux de l'étranger passeraient à 6 sur 23, et les La Tour jugés authentiques seraient de 12 sur 23 (au lieu de 9 sur 18). 


Un article promotionnel de Connaissance des Arts sur les expositions de septembre ajoute évasivement un tableau à la liste des La Tour, le Reniement de Pierre, de Nantes. C'est hélas de très loin le moins intéressant des 3 La Tour que conserve le musée de Nantes. Comme le tableau de Stockton, le seul point où s'accordent les spécialistes est qu'il contient très peu de la main du peintre, avec quelques petits détails réussis invisibles sur les mauvais clichés disponibles. 


On lit également dans un copieux article de 10 pages sur La Tour dans la revue Connaissance des Arts "Au sein de l’exposition, seul l’admirable Saint Jérôme du musée de Grenoble ..." Ainsi Grenoble aurait prêté son La Tour. C'est un La Tour des débuts déjà bien maitrisés, des débuts cruels et véristes qu'on peut moins aimer que les formes épurées de la maturité mais qui restent impressionnants de virtuosité.


Un long article sur La Tour dans BeauxArts Magazine de septembre recense, dans un petit encadré sur l'exposition, les La Tour de l'étranger parmi lesquels 3 "nouveaux" :

Les larmes de saint Pierre, du musée de Cleveland, un des rares La Tour datés (1645), un des rares peints avec du bleu sombre et du bleu-vert, un peu démonstratif pour un La Tour mais attrayant. 

- Un couple de vieillards en deux grands portraits, du MFA de San Francisco. Ils dateraient des débuts du peintre, comme le vielleur au chien de Bergues. Certains spécialistes doutent de leur attribution.  


Tout cela reste à vérifier, au moins en librairie dans le catalogue de l'exposition.


Mise à jour du 07.09.2025 : Deux nouveaux articles viennent d'ajouter 9 tableaux à la liste des La Tour de l’exposition ! Et pas uniquement des tableaux mineurs, au point qu’on se demande comment peuvent être exposés les 32 La Tour et quelques autres (comme Adam de Coster, parait-il) dans les quatre petites pièces du musée. Les chiffres passent ainsi, sous réserve d’inventaire, de 23 à 32 La Tour, les étrangers de 6 à 12, et les La Tour certainement authentiques de 12 à 16.


Est-ce que cela peut modifier votre décision ? Non, évidemment si vous aviez décidé d’y renoncer à cause des conditions de visite, qui ne peuvent qu’empirer, mais oui, éventuellement, si vous pensiez vous abstenir en raison de la proportion importante de tableaux mineurs et de copies (mais vous ne verrez pas plus des grands chefs-d’œuvre nocturnes)


Les 2 nouveaux articles : ilgiornaledellarte, Connaissance des Arts.
Les 9 nouveaux tableaux :
- Les deux versions de Jérôme pénitent (Stockholm et Grenoble). Excellente chose que de pouvoir les comparer
- Les deux versions des Tricheurs (Louvre et Fort Worth). Même remarque que ci-dessus. Les couleurs de la version américaine, qu'on connait peu, sont rares et d'une remarquable délicatesse. 
- Sébastien soigné par Irène, du musée d’Orléans, assez triste copie.
- Fillette au braisier, du Louvre d'Abu Dabi, très peu sinon rien de la main de La Tour.
- L'argent versé (Lvov ou Lviv, Ukraine), les tout débuts de La Tour.
- Souffleur à la pipe (Tokyo, musée Fuji), plutôt joli mais de gros défauts de dessin (la bouche notamment), certainement de la main d'Étienne, fils de La Tour.
- Saint Grégoire (Lisbonne ???), trois points d'interrogation suffiront.
- Saint Jacques découvert très récemment, on invoque encore les mains d'un atelier hypothétique. 

Décidément, on n’en finira jamais avec cette exposition, on racle les fonds de tiroir, à quelques jours de l’ouverture, comme si les musées étrangers ou de province pas vraiment sûrs de leur La Tour se précipitaient pour leur ajouter un peu d’authenticité dans une grande "rétrospective".
Allez, ajoutons pour faire un mauvais jeu de mots et arriver aux "33 La Tour" le douteux Vielleur de Remiremont

Mises à jour pendant l'exposition : 20.09.2025, Libération vient de publier un long article assez intelligent sur l'exposition (en cours). Il y aurait 8 petites salles d'exposition (et non 4). Il insiste sur le qualificatif "petit" et trouve la chose plaisamment intimiste. Dans quelles conditions privilégiées l'auteur a-t-il visité ? Il n'augmente pas le nombre de tableaux de La Tour, mais ajoute tout de même à la liste le très surprenant et méditatif Saint Jean-Baptiste dans le désert, du musée de Vic-sur-Seille où La Tour est né, découvert voilà trente ans, et qui pour les experts serait son dernier tableau, une œuvre qui ne cherche même plus à séduire. 22.09.2025, Connaissance des Arts, décidément partenaire dévoué de Jacquemart, fait son petit devoir hebdomadaire sur l'exposition en interrogeant les commissaires. Réservé aux abonnés on ne peut lire que les premières lignes mais on y note la confirmation que l'espace d'exposition est bien, hélas, de 200m², et on y découvre, sur une photo de l'exposition, un autre La Tour prêté par Nancy, la Découverte du corps de saint Alexis, à ajouter à la liste des copies d'après La Tour, mais pour une fois une copie au dessin parfait et aux couleurs superbes, rares et magnifiques, bleu nuit, violet doux et rose.

lundi 20 février 2023

Comptes de faits (6)

"6000 personnes par jour qui se bousculent pour aller voir les Vermeer… À quoi ça ressemble ? Ce sont les mêmes qui vont au salon de l’auto."
Chaval, entretiens avec Pierre Ajame, automne 1966.

Johannes Vermeer, peintre connu et apprécié à Delft de son vivant, était oublié depuis deux siècles et confondu aux peintres plus ou moins anonymes du même genre et de la même région, quand un journaliste plus curieux que les autres le distingua de ses confrères et se mit à le rechercher sans répit dans les collections et les ventes, à convaincre lentement des personnes fortunées et en vue, bientôt suivies par des écrivains, puis par les journaux, et enfin, récemment, par le cinéma populaire. Tout cela prit un bon siècle, mais depuis, le moindre barbouillage supposé de la main de Vermeer est devenu un chef-d’œuvre (pour mémoire on ne reconnait pas un chef-d’œuvre par l'objet même, qui peut être indifférent, mais par un mouvement de foule autour de lui, une onde faite d’humains attirés individuellement vers l'objet parce qu'il le croient aimé par les autres)

Et Taco Dibbits le sait bien. Directeur du Rijksmuseum d'Amsterdam, organisateur depuis 20 ans des expositions les plus courues en Hollande, détenteur d’un record personnel de 4780 visiteurs par jour autour de Rembrandt, il claironnait depuis 2021 qu’il allait exposer en 2023 à Amsterdam quasiment tous les Vermeer connus, et que personne n’en reverrait jamais autant réunis au même endroit.

Taco Dibbits savait probablement qu’en automne 1966, à Paris, l’exposition "Dans la lumière de Vermeer" à l’Orangerie, avec ses 12 Vermeer, avait accueilli (contenu) 6000 visiteurs par jour. 
Taco Dibbits savait certainement que la rétrospective de 1996 au Mauritshuis de La Haye (à 57 kilomètres d’Amsterdam), avec 23 Vermeer, avait supporté 5000 visites par jour et avait été contrainte en catastrophe de se réorganiser avec une salle supplémentaire (25% en surface), dès la première semaine. 
Taco Dibbits savait sans doute qu’en février 2017, le jour de l’ouverture de l’exposition "Vermeer et les maitres de la peinture de genre" au Louvre, les 12 Vermeer exposés avaient attiré 9400 visiteurs dont une bonne partie, munie cependant de droits d’entrée (l’impayable billet unique), avait été refoulée, créant un capharnaüm dont le musée mit des semaines à se remettre et qui reste dans les mémoires comme un des sommets de la logistique muséologique. 

Taco Dibbits savait tout cela en organisant son exposition ultime. Alors il a tout fait pour la fluidité du flux. 
(Précisons que la description qui suit ne prétend pas traduire une exacte réalité qui aurait été constatée sur place, elle n'est faite que de la lecture de la presse en ligne).

Quand le Louvre en 2017 avait regroupé 60 tableaux hollandais autour des 12 Vermeer, le Rijksmuseum en 2023 avait seulement 28 Vermeer à répartir dans 9 grandes salles, par thème, certains tableaux, comme la Femme lisant une lettre ou la Femme versant du laitse retrouvant seuls. Les vastes pièces aux murs presque vides en ont pris un aspect de salle d’attente, comme aux guichets de la poste.
Les tableaux ont été éloignés au mieux les uns des autres, les cartels explicatifs éloignés des tableaux et les articles plus longs, analytiques et biographiques, traditionnellement affichés à l’entrée de l'exposition, ont été déplacés près de la sortie. 
Pour éviter qu’on ne s’en approche trop, chaque tableau a été protégé par un arceau de sécurité autorisant "8 à 10 spectateurs simultanés" déclare Taco Dibbits, estimation optimiste, les hollandais ne souffrent peut-être pas du même embonpoint que les visiteurs du Nouveau Monde. 

Enfin la durée de l’exposition a été optimisée : 114 jours en continu, sans fermeture, 8 heures par jour du dimanche au mercredi, et 13 heures sans interruption du jeudi au samedi (avec nocturne donc). 


D’après le site de "Connaissance des Arts" Taco Dibbits pensait alors accorder un total de 350 000 entrées, en moyenne 3000 par jour. En réalité il en a distribué 450 000, soit 4000 par jour, avant de décider la fermeture définitive des guichets, et dès l’inauguration de l'exposition le site de vente de billets affichait complet, mais promettait de faire tous ses efforts pour chercher à offrir plus d’entrées.

Car le musée peut encore, en effet, ajouter 4 nocturnes hebdomadaires (Il est peut-être plus facile de négocier des heures supplémentaires avec le personnel du musée que des jours de rallonge avec les assurances et les musées prêteurs). Il passerait alors de 71 à 91 heures d'ouverture par semaine, une augmentation de 28% qui se répercuterait directement sur le nombre de visiteurs, de sorte que si Taco Dibbits réagit à temps, il pourra pulvériser son propre record d’entrées, dépasser le Graal des 5000 visites par jour, et dès lors prétendre - il est jeune encore - à la direction des musées les plus prestigieux.

Enfin, le nombre de visites n’est pas tout, et le pragmatique directeur s’est couvert, pour pondérer les effets néfastes d'éventuelles circonstances imprévues, en renforçant le prix du billet d’entrée, qui est de 30 euros ! Toutefois, ça ne met le Vermeer qu'à 1,07€, ce qui est en fin de compte assez peu. Pour mémoire les 12 Vermeer du Louvre en 2017 étaient à 17€, soit 1,42€ pièce, et même à ce prix on n’était pas certain de les voir. 

***
Pendant ce temps très à l'ouest, dans les musées des arts de Nantes et de Rennes, les deux plus beaux tableaux du monde (bon d’accord, deux des trois plus beaux), faits de la main d’un peintre du même siècle et au même destin posthume que Vermeer, voient passer, les jours de semaine, quelques dizaines de touristes égarés, parfois moins.
On ne dira bien entendu pas son nom, afin d'éviter que la trentaine de fidèles de Ce Glob ne se trouve à l’origine d’un incontrôlable mouvement de foule.

lundi 13 juin 2016

Le commissaire est désappointé

Salle des ventes le 8 juin 2016 à 15h01...

En salle des ventes rue Drouot à Paris, le 8 juin 2016 à 15h01 précisément, un acheteur anonyme et avisé emportait l’adjudication du tableau le plus beau et le plus connu de Luc-Olivier Merson, le Repos pendant la fuite en Égypte, à un prix inférieur à l’estimation basse et dans l'indifférence générale.
Seul le commissaire de la vente, qui venait d’abaisser son marteau, se désolait, d’un « 38 000 euros, c’est pas normal » affligé, sous le regard stupéfait de son assistante (la trace animée et sonore -10Mo- est ici).

Luc-Olivier Merson était illustrateur et peintre d’œuvres mythologiques et moralisatrices, créateur de timbres, de billets de banque et de vitraux, actif et très officiel entre 1875 et 1920 mais touché parfois d’une inspiration inattendue.

Le Repos pendant la fuite en Égypte, toile de 1,30 mètres exposée au Salon des artistes français de 1879 à Paris, a longtemps fasciné public, artistes de toute spécialité, publicitaires et poètes, jusqu’à George Bernard Shaw qui l’imitera dans sa pièce de théâtre « César et Cléopâtre » et écrira en 1918 :

« La scène du sphinx m'a été suggérée par une peinture française sur la fuite en Égypte. Je n'arrive jamais à me souvenir du nom du peintre; mais la gravure que j'ai vue dans une vitrine quand j'étais enfant est restée trente ans dans le grenier de ma mémoire avant que je l'en sorte… »

Aujourd’hui encore le tableau reste l’œuvre emblématique de Merson. En témoignent l’affiche et l’immense banderole de la rétrospective du peintre qui s’est tenue fin 2008 au musée des beaux arts de Rennes ou le très bel article d'Adrien Goetz sur l'exposition.

En 1879 et 1880 devant l’affluence des demandes, Merson en réalisera des répliques. Avec l’original, cinq au moins sont connues (il ne serait pas étonnant qu’il en existe d’autres).


La version du museum of fine arts de Boston datée de 1879 est certainement le modèle initial. Quelques rares étoiles brillent dans un ciel de nuit bleu pétrole, le dormeur au centre se couvre la tête du bras droit.

L’exemplaire de la collection du Hearst castle en Californie, de 1879, est probablement la première variation du thème. Le dessin est strictement identique mais un moment a passé, c’est l’aurore. Le ciel est jaune doré et un pâle croissant de lune brille au dessus du sphinx.

La version du musée des beaux-arts de Nice est une copie exacte de celle de Boston (avec peut-être plus d’étoiles et malgré la couleur bilieuse de l'image infidèle sur le site du musée), mais datée de 1880.

Une version au riche pédigrée décrite comme identique à celle de Nice (photo non disponible), de 1880, a été adjugée chez Sotheby's pour 28 000 euros hors frais le 25 octobre 2006.

Enfin sur l’exemplaire de Drouot, proche de la version de Nice (le ciel est d'un gris plus vert, peut-être dû au jaunissement du vernis), de 1880 également, le dormeur au centre s’est réveillé et, la tête relevée, regarde en direction du sphinx. On trouve parfois cette version, raccourcie et affublée d’une dominante violette ou rose, sur les sites chinois ou bulgares qui vendent des « véritables copies à l’huile peintes à la main ».

Signature et date sur la version de Drouot.

Cette version de Drouot, malgré l’absence d’indications sur sa provenance, a tous les signes d’un authentique Merson, et c’est pourquoi le commissaire est consterné de l’infortune (relative) de son lot numéro 91, ce magnifique exemplaire d’un tableau « légendaire ».

Cependant la cote de Merson n’est pas si élevée, les beaux dessins habiles qui fréquentent quelquefois les salles d’enchères ne dépassent guère quelques centaines d’euros, et les toiles rarement quelques milliers.
Et puis aucun effort n’a été fait pour mettre le tableau en valeur. Le jour même de la vente, pour vérifier le bon état de la peinture, il fallait effacer du doigt une couche de poussière de plusieurs semaines qui la recouvrait encore.

Finalement le commissaire n’a fait que constater, avec amertume, que la valeur d’une chose dépend assez peu de ses qualités esthétiques ou artistiques.

***
Dernière minute : un étrange phénomène s'est produit. Dans le compte rendu des résultats de la vente sur le site du commissaire priseur, le lot numéro 91 (reproduit page 89 du catalogue) est absent de la liste des lots vendus ! Cette vente a-t-elle été rêvée ? Si le prix de réserve n'était pas atteint, le commissaire n'aurait pas adjugé le lot ? Affaire à éclaircir.

Mise à jour du 27.03.2019 : le tableau mystère est reparu aujourd'hui dans une vente Artcurial à Paris, dépoussiéré, les lacunes de 2016 repeintes, restauré, et emporté pour 40 000 euros (50k avec les frais), un peu au dessus de l'estimation haute.


L'âne et la poussière sur la version de Drouot.

dimanche 27 juillet 2014

Un revenant

Il y a, aux musées des beaux-arts de Rennes et de Nantes, les deux plus beaux tableaux du monde (surtout à Nantes). Ce sont des choses qui ne se discutent pas. Ils sont ce que l'être humain a créé de plus sublime, de plus parfait, comme le Taj Mahal en architecture, le Clavier Bien Tempéré en musique, ou les Coquillettes aux Cèpes.

Celui de Rennes, fruit d'une saisie révolutionnaire des biens du clergé en 1794, représente deux femmes. L'une, de face, un nouveau-né sur les genoux, l'autre de profil, à gauche, cache de sa main la flamme d'une bougie.
Celui de Nantes a été acheté par la ville en 1810, avec la collection de François Cacault, riche diplomate. Il figure de profil un vieillard endormi à la lecture d'un livre, et face à lui, sur la gauche, un enfant richement vêtu lui adresse un signe des mains. Son bras cache la flamme d’une bougie qui éclaire faiblement la scène.

Georges de La Tour - Le songe de saint Joseph, c. 1640
Musée des beaux-arts, Nantes.

Unanimement admirés, quelquefois vénérés, ils seront durant plus d'un siècle attribués aux plus grands noms, de Schalcken, Honthorst, Valentin, à Le Nain, Zurbaran, Velázquez, parfois Rembrandt ou Vermeer !

Le tableau de Nantes arborait pourtant, en haut à droite, une signature lisible, « Gs De La Tour F... », comme un autre tableau de la même collection, d'un style nocturne semblable, représentant six personnages dont quatre soldats jouant aux dés (Le reniement de Pierre), signé et daté de 1650 en bas à droite « G. De La Tour inv. et fec. /MDCL ». On ne saurait être plus explicite.
Mais personne n'avait entendu parler d'un G. De La Tour, peintre au milieu du 17ème siècle.

Disons presque personne. Car Augustin Calmet, moine bénédictin, abbé de Sénones, savant notamment dans le domaine des esprits, vampires et autres revenants, fouilleur d’archives, écrivait à Nancy en 1751, dans une compilation intitulée Bibliothèque lorraine ou histoire des hommes illustres qui ont fleuri en Lorraine : « Tour (Claude du Ménil de la) natif de Lunéville, excellait dans les peintures des nuits. Il présenta au roi Louis 13 un tableau de sa façon, qui représentait un Saint Sébastien dans une nuit ; cette pièce était d'un goût si parfait que le Roi dit ôter de sa chambre tous les autres tableaux, pour n'y laisser que celui-là. La Tour en avait déjà présenté un pareil au Duc Charles 4. Ce tableau est aujourd'hui dans le château de Houdement, près de Nancy. »
Ainsi un siècle après sa disparition, on se souvenait d’un certain La Tour, d’une anecdote sur sa notoriété de peintre, et de la localisation d’une œuvre de sa main.
Puis le silence des archives l’ensevelit à nouveau pour un autre siècle.

En 1863, Alexandre Joly, bibliothécaire et conservateur du musée de Lunéville écrivait dans le journal de la Société d'archéologie lorraine tome 12, p. 90-96, un article sur « Du Mesnil-La-Tour, peintre ». La notice de Calmet avait stimulé sa curiosité, et une exploration minutieuse avait ramené à la surface un nombre suffisant de documents d’archives pour dessiner en ombre chinoise une silhouette biographique.
Ces sept pages sont émouvantes (cliquer sur le numéro de la page 90 dans l’index à gauche). Joly corrige les erreurs de Calmet et retrace quelques évènements de la vie d’un peintre dont le prénom est en réalité Georges, né à Vic-sur-Seille. Il cite le titre de quelques tableaux, mais il n’en situe aucun.
Il termine son article par cette phrase « Un jour ou l'autre on découvrira peut-être, sur les parois de quelque église de campagne, une toile délabrée de cet artiste, qui suffira, je l'espère, pour combler cette lacune. [...] Attendons. »

Georges de La Tour - Signature en haut à droite du Songe de Joseph.

En 1900, Louis Gonse, historien de l’art, membre éminent d’organes très officiels, pressentait, dans « Les chef-d'œuvres des musées de France, la peinture » un lien formel entre le tableau de Rennes (le Nouveau-né, alors attribué à un Le Nain et dont il disait « Cette œuvre me hante ! ») et un tableau du musée d’Épinal qui figure un vieil homme nu assis humblement et sermonné par une femme debout imposante et qui tient une bougie (Job et sa femme en prison). Il écrivait « j'approche, malgré moi, le tableau d'Épinal de l'admirable Nativité de Rennes. Je signale l'analogie, sans aller plus loin. »

Les pièces du puzzle se rapprochaient lentement.

La révélation vint alors d’un jeune allemand historien d'art, fouineur érudit et qui avait voyagé en Bretagne en 1912, Herman Voss. Il connaissait les textes de Calmet (sa biographie laconique avait été reproduite en Allemagne en 1803 et 1849) et de Joly.
Voss publia dans une revue allemande (Archiv für Kunstgeschichte) un court article d’une page dans lequel il réunissait les deux tableaux signés de Nantes et le Nouveau-né de Rennes, en les attribuant au La Tour de Lunéville dévoilé par Calmet et Joly. Mais c’était en 1915, les échanges entre l’Allemagne et l’Europe étaient alors exclusivement consacrés à la fourniture de chair à canons.
Il faudra attendre un article de 1922, et peu à peu des tableaux poussiéreux sortiront des réserves de musées, des d'églises, des collections, et des documents d’archives complèteront un peu la vie et l’œuvre de Georges de La Tour.

Voss deviendra plus tard, un peu malgré lui, directeur du musée du Führer de Linz qui prévoyait de rassembler les pillages artistiques des nazis.
Il mourra en 1969 sans assister à l’accomplissement de son intuition de 1915, la grande rétrospective Georges de La tour de 1972 qui transformera ce revenant obscur en un des plus grands peintres de tous les temps et déplacera 350 000 visiteurs à l’Orangerie des Tuileries de Paris.

Hulton E.C., le musée de Rennes vers 1900 (détail).
Le Nouveau-né, à droite, était alors attribué à un des frères Le Nain.

Les trois tableaux de cette renaissance ont été parfois réunis. En 1934, pour l’exposition « les peintres de la réalité » au musée de l’Orangerie, en 2006 pour la reprise de la même exposition, et lors des deux grandes rétrospectives du peintre en 1972 à l’Orangerie et en 1997 au Grand palais, toujours à Paris mais jamais en Bretagne.
Aujourd’hui c’est chose faite, et jusqu’au 17 aout au Musée des beaux-arts de Rennes où ils illustrent ensemble une petite exposition attachante sur le thème de la redécouverte du peintre « Trois nuits pour une renaissance ».

Signalons qu’on trouvera quasiment l’intégrale des documents et articles citant La Tour dans un livre de poche très illustré, « Georges de La Tour, histoire d'une redécouverte », de Cuzin et Salmon, dans la collection Découvertes de Gallimard, édité en 1997 à l'occasion de la rétrospective.
Peut-être est-il encore disponible.