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dimanche 29 mars 2026

Améliorons les chefs-d’œuvre (32)

À Pompéi dès l’ouverture le raz-de-marée des touristes déferle. Des dizaines de nouveaux graffitis se mêleront aux plus anciens sur les murs de la ville. La prochaine récolte des archéologues spécialistes de l’épigraphie sera fructueuse. Peut-être s’étonneront-ils dans la conclusion de leur étude que le Japon et l’Amérique aient découvert le sud de l’Italie dès le premier siècle de notre ère.


Devenue bipède, une fois redressée et ne sachant trop quoi faire de ses mains devenues libres, l’espèce humaine s’est mise à graver ou peindre son opinion sur le monde dès qu’elle rencontrait une paroi. Ne comprenant pas vraiment les idées de ces époques lointaines, la nôtre a appelé ça de l’art pariétal. Et depuis l’être humain ne s’est jamais soigné de cette manie d’afficher son avis en public. Dans l’antiquité c’étaient injures, imprécations, déclarations d’amour, petites annonces, consignes de vote, croquis obscènes, toutes préoccupations qui couvrent les murs de l’antique Pompéï. L’épigraphie latine s’en délecte. Elle tente de les traduire, a appelé cela des graffitis et les protège avec soin.

Ceux qu’on réalise de nos jours, généralement sous pseudonyme, sont jugés illégaux, parce qu’on ne souille pas impunément un mur ou une paroi, qui appartiennent nécessairement à quelqu’un ou à quelque institution ; mais il y a des exceptions à cette rigueur morale, comme nous allons le constater, quand le graffiti peut rapporter de l’argent. On le qualifie alors d’œuvre d’art.     


Nous avons déjà parlé ici-même de Banksy, célèbre artiste de rue engagé, persiffleur et consensuel, jusqu’à très récemment vaguement anonyme, et qui fait depuis 25 ans l’objet d’un marché plus ou moins parallèle qui profite de cet anonymat : on démonte les murs et subtilise ses graffitis, on monte des expositions, voire des musées, faits uniquement de faux Banksy reconstitués, on organise des ventes aux enchères officielles et prestigieuses, on le vend des millions de dollars, jusqu’à 25, on le traite avec les Modigliani, Picasso ou Warhol dans de vastes réseaux de contrefaçons, bref, serait-il surpris taguant son opinion sur le mur d’une propriété privée, il y a peu de chance qu’on le jette en prison.

   

Le cas du graffiti "Migrant child" sur un mur du Palazzo San Pantalon à Venise est le modèle de ces graffitis illicites devenus parfaitement légitimes grâce à la magie de l’argent. 

 

Au printemps 2019, en villégiature à Venise, Banksy laissait un souvenir sur le mur pourri d’un palais à l’abandon (ici en 2017). L’endroit était sitôt visité à l’égal du pont des soupirs et photographié des millions de fois, mais cette dévotion n’aura pas évité sa dégradation particulièrement rapide par l’eau saumâtre de la lagune, qui est le destin de ces manifestations éphémères (ci-contre un récapitulatif des états du graffiti, de 2019 à 2025, d’après Banksy puis Google Maps). 


Intervient alors, fin 2023, le fameux sous-secrétaire d’état italien à la culture, escroc fameux qui a des relations avec la banque propriétaire dudit palais abandonné (Banca Ifis). Il profite de son passage dans le gouvernement d’extrême droite pour monter une sorte de fondation bancaire chargée d’extraire l’œuvre du mur, la restaurer, la déposer sur un nouveau support durable, la protéger dans un présentoir étudié à cet effet, et l’exposer au public, éventuellement à sa place d’origine si les conditions sont réunies. Vu le dernier état du graffiti, on soupçonne que la restauration sera une complète reconstitution, un vrai faux. 

Les arguments du ministre, rapportés dans un article de La Reppublica, sont limpides : "Nous ne souhaitons pas avoir le consentement de l'artiste, la fresque a été réalisée illégalement. J'assume mes responsabilités". On ne saurait mieux résumer ce qui peut transformer un graffiti en art, une œuvre qui peut rapporter des millions à son possesseur, sans contrepartie puisque l'auteur, menacé de poursuites judiciaires, ne peut pas en réclamer les droits ; et le recel aggravé est bien la moindre des casseroles que traine ce ministre exemplaire.


En juillet 2025, l’affaire était bouclée et la portion de mur enlevée. 


Rassurez-vous, il arrive aussi que les autorités respectent la loi, et parfois même un peu trop, autour d’un graffiti égyptien cette fois.   

Le 22, ou le 24 février 2026, afin d’illustrer les méthodes des bâtisseurs pharaoniques, un guide touristique traçait un croquis à la craie blanche sur un bloc de calcaire, au pied de la paroi nord de la pyramide en mauvais état du pharaon Ounas, à Saqqarah près du Caire. 

Aussitôt dénoncé sur les réseaux sociaux par un témoin bienveillant, le guide était arrêté par la police. Il reconnaissait les faits prétendant pour sa défense que ça n'était pas sur un bloc original de la pyramide, mais la loi s’en moque ; généreusement floue, elle punit quiconque dégrade ou altère volontairement l'aspect d'une antiquité ou d'un site archéologique par quelque moyen que ce soit, et les autorités, lit-on, semblent vouloir faire du guide un exemple. Passible d'au minimum un an de prison et - ou - 9000€ d’amende, son droit d’exercer son métier est déjà suspendu préventivement par le vigilant syndicat des guides égyptiens. 


Le brave pédagogue aura appris à ses dépens qu’il y a graffiti et… graffiti.


Nota bene : La craie est un calcaire doux, et en effacer les traces sur une pierre calcaire dure est sans doute un exercice domestique délicat, mais les autorités égyptiennes en maitrisent la technique puisque les traces étaient effacées dit-on peu après le délit. Et les mêmes autorités affirment que les descriptions catastrophistes régulièrement publiées par l’Organisation Non Gouvernementale Amnesty International sur les traitements inhumains dans les prisons égyptiennes sont très exagérées.

 

Mise à jour 8.05.2026 : Ça y est, la restauration - étonnamment discrète comparée aux couleurs vives des photographies de 2019 - est terminée et le résultat fait une tournée dans Venise un peu comme on montre et vénère à Turin le faux suaire du Christ.  


mardi 25 juillet 2023

Ce monde est disparu (5)


Les amateurs de Jean-Léon Gérômeoh ne vous récriez pas, ils étaient tout de même 200 000 à se déplacer jusqu’au musée d’Orsay, en plein hiver 2010, pour voir la petite exposition rétrospective du monsieur - les gens de gout donc, seront ravis d’obtenir enfin une belle reproduction d’un joli Gérôme rose et bleu, une belle carte postale de vacances. Ce tableau est intitulé Le premier baiser du soleil, c’est chou, non ? 
Eh bien il vient de disparaitre, à nouveau, aux enchères de Christie’s, à Londres, mais on ne sait pour où. 

Le dernier propriétaire l’avait gardé 20 ans sans l’abimer. Il l’avait acheté 300 000$ en 2003. C’était alors une bonne affaire, le tableau venait de perdre presque la moitié de sa valeur en 4 ans et en traversant l’Atlantique, le propriétaire précédent ayant sans doute un besoin d’argent urgent. 
Pour compenser l’inflation sur 20 ans, le nouveau propriétaire aurait dû le vendre 500 000$. Il vient de le laisser partir contre 405 000. Ah, dans les lettres du mot spéculation, il y a bien centuplais, mais il y a aussi capitulons

On est loin des records de 2 ou 3 millions de dollars des Gérôme les plus convoités, mais ça n’est pas si mal pour un bout de toile d’un mètre sur 54 centimètres colorié depuis 1886. Vous aurez d'ailleurs peut-être remarqué d'incroyables différences de couleur entre chaque vente. Ç'est une preuve des avancées de la science photographique.

mercredi 25 septembre 2019

Toutankhamon, un fiasco

Malgré un considérable matraquage publicitaire et médiatique durant des mois, de numéros spéciaux en émissions spéciales, près de 65 600 000 Français n’ont pas visité l’exposition Toutankhamon, à Paris, dans la Grande Halle de la Villette, qui vient de fermer après 6 mois de journées à rallonge.

Cependant, avec force communications de l’Agence d’État (AFP), que les journaux les plus sérieux diffusent sans le moindre examen critique, l’entreprise américaine qui organise ce Barnum international pour le compte du ministère des Antiquités égyptiennes vient d’annoncer un record de fréquentation en France, 1 423 170 visiteurs, en insistant sur les 1 246 975 seulement pour la même exposition, à Paris en 1967, au Grand Palais (l’extrême précision des nombres est empruntée à Étienne Dumont, remarquable et régulier chroniqueur des arts du magazine suisse Bilan.ch).

Sans ergoter sur la durée respective des expositions et l’étendue de leurs horaires, la victoire reste bien courte, si on considère que 52 années d’opulence culturelle et médiatique séparent les deux évènements, et que depuis, les plus grands chefs d’œuvre des arts (le 7ème, par exemple, avec Titanic, les Ch’tis, Avatar), n’ont été boudés que par 45 à 50 000 000 de Français, pas plus.


Au lieu d’illustrer cette chronique par l’image éculée d’un pharaon qui fut tout de suite oublié, au point de ne jamais avoir été profané ni pillé, et qui n’aura pas laissé d’autre trace dans l’histoire que bijouterie, colifichets et fanfreluches, voici plutôt la statue monumentale au British Museum d’un de ses successeurs les plus glorieux, Ramsès 2, grand bâtisseur qui régna 66 ans, à qui on doit l’obélisque de la place de la Concorde à Paris et la responsabilité d’avoir tant persécuté Moïse qu’il finit par se déclarer prophète, fuir dans le désert et inventer une religion planétaire avec une poignée d’insoumis, s’il faut croire le récit biblique.


Tentons de comprendre les causes de ce surprenant discrédit.

On pensera d’abord au contenu de l’exposition, parait-il intelligemment mis en valeur, mais plutôt secondaire. Les organisateurs et la presse n’ont pas pu cacher que les pièces majeures du tombeau du pharaon, le grand sarcophage et ses 110 kilos d’or pur ouvragé, la fragile momie, le célèbre masque funéraire qui avait été le couronnement de l’exposition de 1967, n’étaient pas exposés.
Mais l’argument est un peu faible, car on sait que la qualité de son contenu ne fait plus partie des critères qui déterminent le succès d’une exposition. Le public s’y presse désormais à l’aveugle.

On songera alors aux propos involontairement inquiétants du ministre des Antiquités égyptiennes qui ont pu être perçus comme un chantage, et refroidir certaines ardeurs.   
Pour attirer le client, il annonçait que cette exposition était la dernière occasion d’admirer des merveilles qui ne quitteront plus jamais l’Égypte, et qu’il faudra dorénavant venir les voir à Gizeh près des pyramides, dans un futur Grand Musée égyptien, dont on sait qu’il est en construction depuis 2001, et que l’instabilité politique du pays en repousse régulièrement l’ouverture. 

On imaginera surtout que les tarifs, pharaoniques pour une exposition finalement assez ordinaire, auront découragé nombre d'enthousiasmes. 24€ par personne les samedis et dimanches (quand l’entrée de l’exposition Léonard du Louvre est à 17€), et 20€ pour les enfants de 4 à 14 ans, sans compter 6€ l’audioguide et 3€ pour un vestiaire.

Saluons tout de même sportivement ce modeste record national déjà dépassé à l’échelle internationale. Car Paris n’était que la deuxième station d’une grande tournée mondiale, jusqu’en 2024, dans 10 métropoles, dont la troisième dès novembre sera Londres. Or Londres détient déjà depuis 1972 le record de fréquentation pour une exposition consacrée à ce populaire pharaon d’opérette, au British Museum, avec 1 600 000 ou 1 700 000 visiteurs, selon les sources.
 

lundi 4 décembre 2017

Tripoter des extraterrestres (2 de 3)

Les météorites remontent, comme l’affirmait régulièrement Vialatte à propos de tout et de rien, à la plus haute antiquité. Depuis ces temps lointains, les humains (ceux qui n’avaient pas l’entendement embrumé par des à priori) ont observé et constaté que des pierres, parfois nettement métalliques, tombaient du ciel.

Le plus antique récit, gravé sur l’argile, l’Épopée de Gilgamesh, décrit ainsi le premier songe du roi, sur la tablette 1 (illustration 1), « Alors que m’entouraient les étoiles célestes, une sorte de bloc venu du ciel est lourdement tombé près de moi, j’ai voulu le soulever, il était trop lourd, j’ai voulu le déplacer, je ne pouvais le bouger  ».

Plus tard, il y a plus de 3000 ans, apparait dans la langue égyptienne le mot « fer venu du ciel », et la lame d’un poignard finement ouvragé découvert auprès de la momie du pharaon Toutankhamon est faite d’un fer météoritique (il ne contient pas les mêmes proportions d’éléments, notamment de nickel, que le fer terrien).

Le philosophe grec Anaxagore, cité par Laërce, affirme que le ciel tout entier est fait de pierres en rotation qui tombent lorsque leur mouvement cesse. Le romain Pline les croit soulevées et emportées par le vent, et les chroniques chinoises les consignent avec minutie, mais il faut attendre le 19ème siècle et les météorites d’Alès, de Chassigny et d’Orgueil, pour que la chose soit prise au sérieux, étudiée scientifiquement, et finalement acceptée par l’opinion comme une phénomène naturel.

Les météorites tombées à Alès (Alais) le 15 mars 1806 (ill.2, un reste de quelques grammes sur 6kg) et à Orgueil le 14 mai 1864 (ill.3, une part des 14kg) sont parmi les très rares reliques connues de la nébuleuse primitive qui a formé le système solaire. Ce sont comme des morceaux de soleil avant qu’il ne se contracte et s’échauffe. Elles contiennent des traces d’hydrocarbures, de Xénon, de diamant, et de temps en temps un savant américain en mal de financement, mollement démenti par la communauté de ses collègues, découvre dans un éclat les marques du passage d’une forme de vie extraterrestre.

Découverte en Patagonie en 1951, la « pierre » d'Esquel (ill.4) est devenue un mythe, la Marilyn Monroe des météorites. Sa beauté vient de son alliage de fer et de nickel constellé de grains d’Olivine qui s'est forgé dans la région frontière d’un astéroïde où les couches de silicates flottaient dans le fer liquide. Ses 750 kilos ont été débités en tranches fines translucides comme le cerveau d’Einstein, et les éclats, de plus en plus petits, se vendent actuellement au prix de l’or au kilogramme (35 euros le gramme).

Le Muséum d'histoire naturelle prétend que la météorite de Tiberrhamine (ill.5) a été découverte au cœur du désert algérien en 1967. Laissons le croire à cette légende. Il est évident que c’est un pavé extrait d’une rue du Quartier latin tout proche du musée, reliquat des soulèvements populaires du printemps 1968 dont le joyeux désordre a certainement perturbé la rigueur de ses travaux de classification et de nomenclature.

À suivre dans un troisième et dernier épisode...

lundi 13 juin 2016

Le commissaire est désappointé

Salle des ventes le 8 juin 2016 à 15h01...

En salle des ventes rue Drouot à Paris, le 8 juin 2016 à 15h01 précisément, un acheteur anonyme et avisé emportait l’adjudication du tableau le plus beau et le plus connu de Luc-Olivier Merson, le Repos pendant la fuite en Égypte, à un prix inférieur à l’estimation basse et dans l'indifférence générale.
Seul le commissaire de la vente, qui venait d’abaisser son marteau, se désolait, d’un « 38 000 euros, c’est pas normal » affligé, sous le regard stupéfait de son assistante (la trace animée et sonore -10Mo- est ici).

Luc-Olivier Merson était illustrateur et peintre d’œuvres mythologiques et moralisatrices, créateur de timbres, de billets de banque et de vitraux, actif et très officiel entre 1875 et 1920 mais touché parfois d’une inspiration inattendue.

Le Repos pendant la fuite en Égypte, toile de 1,30 mètres exposée au Salon des artistes français de 1879 à Paris, a longtemps fasciné public, artistes de toute spécialité, publicitaires et poètes, jusqu’à George Bernard Shaw qui l’imitera dans sa pièce de théâtre « César et Cléopâtre » et écrira en 1918 :

« La scène du sphinx m'a été suggérée par une peinture française sur la fuite en Égypte. Je n'arrive jamais à me souvenir du nom du peintre; mais la gravure que j'ai vue dans une vitrine quand j'étais enfant est restée trente ans dans le grenier de ma mémoire avant que je l'en sorte… »

Aujourd’hui encore le tableau reste l’œuvre emblématique de Merson. En témoignent l’affiche et l’immense banderole de la rétrospective du peintre qui s’est tenue fin 2008 au musée des beaux arts de Rennes ou le très bel article d'Adrien Goetz sur l'exposition.

En 1879 et 1880 devant l’affluence des demandes, Merson en réalisera des répliques. Avec l’original, cinq au moins sont connues (il ne serait pas étonnant qu’il en existe d’autres).


La version du museum of fine arts de Boston datée de 1879 est certainement le modèle initial. Quelques rares étoiles brillent dans un ciel de nuit bleu pétrole, le dormeur au centre se couvre la tête du bras droit.

L’exemplaire de la collection du Hearst castle en Californie, de 1879, est probablement la première variation du thème. Le dessin est strictement identique mais un moment a passé, c’est l’aurore. Le ciel est jaune doré et un pâle croissant de lune brille au dessus du sphinx.

La version du musée des beaux-arts de Nice est une copie exacte de celle de Boston (avec peut-être plus d’étoiles et malgré la couleur bilieuse de l'image infidèle sur le site du musée), mais datée de 1880.

Une version au riche pédigrée décrite comme identique à celle de Nice (photo non disponible), de 1880, a été adjugée chez Sotheby's pour 28 000 euros hors frais le 25 octobre 2006.

Enfin sur l’exemplaire de Drouot, proche de la version de Nice (le ciel est d'un gris plus vert, peut-être dû au jaunissement du vernis), de 1880 également, le dormeur au centre s’est réveillé et, la tête relevée, regarde en direction du sphinx. On trouve parfois cette version, raccourcie et affublée d’une dominante violette ou rose, sur les sites chinois ou bulgares qui vendent des « véritables copies à l’huile peintes à la main ».

Signature et date sur la version de Drouot.

Cette version de Drouot, malgré l’absence d’indications sur sa provenance, a tous les signes d’un authentique Merson, et c’est pourquoi le commissaire est consterné de l’infortune (relative) de son lot numéro 91, ce magnifique exemplaire d’un tableau « légendaire ».

Cependant la cote de Merson n’est pas si élevée, les beaux dessins habiles qui fréquentent quelquefois les salles d’enchères ne dépassent guère quelques centaines d’euros, et les toiles rarement quelques milliers.
Et puis aucun effort n’a été fait pour mettre le tableau en valeur. Le jour même de la vente, pour vérifier le bon état de la peinture, il fallait effacer du doigt une couche de poussière de plusieurs semaines qui la recouvrait encore.

Finalement le commissaire n’a fait que constater, avec amertume, que la valeur d’une chose dépend assez peu de ses qualités esthétiques ou artistiques.

***
Dernière minute : un étrange phénomène s'est produit. Dans le compte rendu des résultats de la vente sur le site du commissaire priseur, le lot numéro 91 (reproduit page 89 du catalogue) est absent de la liste des lots vendus ! Cette vente a-t-elle été rêvée ? Si le prix de réserve n'était pas atteint, le commissaire n'aurait pas adjugé le lot ? Affaire à éclaircir.

Mise à jour du 27.03.2019 : le tableau mystère est reparu aujourd'hui dans une vente Artcurial à Paris, dépoussiéré, les lacunes de 2016 repeintes, restauré, et emporté pour 40 000 euros (50k avec les frais), un peu au dessus de l'estimation haute.


L'âne et la poussière sur la version de Drouot.

mardi 29 septembre 2015

La vie des cimetières (66)

 Le cimetière de Ronesque-le-Roc (suite et fin) en couleurs


Du cimetière on aperçoit, au nord, fierté de l'Auvergne, la pyramide parfaite du Puy Griou, qui du haut de ses 1690 mètres éclipse celle du Louvre à Paris et celles du plateau de Gizeh en Égypte.

 
 
 
 

mardi 7 février 2012

Améliorons les chefs-d'œuvre (1)

Jean-Léon Gérôme, Le marchand de couleurs, 1891, retouché en 2012


On trouve dans le catalogue des œuvres du peintre Jean-Léon Gérôme, au milieu des spectacles pompeux et des portraits de naïades en caoutchouc quelques gemmes au charme inattendu, comme « Deux générations sur le pas de la porte » du musée de Rouen, ou « Le marchand de couleurs », reproduit ci-dessus. Ce dernier était exposé dans la récente rétrospective parisienne, fin 2010. L'étiquette le situait au Museum of Fine Arts de Boston, mais il ne fait curieusement pas partie des cinq tableaux de Gérôme recensés dans les collections du musée.
Il est parfois appelé « Le pileur de couleurs ». En effet, sur le tableau original, un personnage pulvérisait d'un geste ample des pigments roses dans le panier à gauche, mais par un adroit subterfuge inspiré des meilleures méthodes de l'information chinoise et des journaux à sensation, la rédaction de Ce Glob est Plat a préféré le supprimer, le jugeant dissonant dans l'harmonie générale du tableau.

Gérôme avait peint un personnage manifestement posé en studio. L'attitude artificielle, raide comme le Vieil Horace dans le Serment peint par David. Les jambes dans une position indéterminable. Affublé d'une lumière qui se raccordait si peu à l'ambiance de la scène que ce corps qui ne projetait pas d'ombre semblait découpé dans un livre illustré et collé approximativement ici, quelques centimètres au dessus du sol.

Absolument conscient du sacrilège que constitue cette atteinte à l'intégrité du patrimoine de la France, Ce Glob est Plat proposera dans cette nouvelle série de massacrer également des tableaux italiens, par exemple en redonnant un peu de vie au sourire inanimé et enfumé de la Joconde, ou des tableaux espagnols, en effaçant certains angelots grotesques.

lundi 15 novembre 2010

Un Van Gogh sur trois est un Van Gogh

Un Van Gogh sur trois est un Van Gogh. Et encore. Peut-être moins.

Le 21 aout 2010, aux environs de 19h02, la presse sur internet s'effarouchait du vol d'une toile de Van Gogh, découpée au cutter dans le musée Khalil, au Caire, dont elle déplorait unanimement les conditions de sécurité scandaleuses.

Ça démarrait en coup de vent, sur le site leparisien.fr « Vol audacieux en plein jour d'une valeur inestimable... La police a visionné les enregistrements des caméras de surveillance... Un responsable du ministère assure que le tableau a été récupéré dans les bagages de deux italiens à l'aéroport » (1). Affaire rondement menée, grâce à l'habileté et la sagacité des officiers de sécurité déclarait-on sur certains sites anglais.

Quelques heures plus tard arrivaient les premiers démentis, et dans la journée du 22 tous les sites d'informations avaient corrigé leur copie et s'étaient alignés sur la rédaction de l'Agence France Presse (2) : le ministre de la culture, mal renseigné par un haut fonctionnaire désormais en disponibilité, s'était excusé en public. Les deux italiens étaient irréprochables et relâchés, le tableau toujours invisible. Et comme les systèmes de sécurité et d'alarme ne fonctionnaient pas, de nombreuses sanctions allaient tomber. Les responsables du musée avaient pourtant protesté « on attendait des pièces de rechange » (3). Inflexible, le ministre a suspendu à peu près tout le monde, avec interdiction de quitter le territoire égyptien.

Sur les rares sites moins plagiaires, informés par la presse égyptienne, on apprenait du musée, surnommé « Le Petit Orsay », que son système de sécurité était défectueux depuis quatre ans, et qu'on y trouvait Renoir, Monet, Rodin, Gauguin, Degas, Picasso et quelques gardiens alanguis dans l'entrée (Nathalie Niel sur suite101.fr, le 23), que tous devaient prochainement quitter le musée, en prévision de travaux de modernisation, que le vol avait été commis à l'heure de la prière quand les gardiens s'étaient absentés (rfi.fr, le 24), et que plus tard, dans la bousculade des journalistes accourus, une statuette de Cupidon s'était éparpillée sur le carrelage du musée (fluctuat.net, le 25).

Résumons, en écoutant sur le site europe1.fr la communication sonore et émue du fringant Pierre Cornette de Saint Cyr, célèbre commissaire-priseur de la scène parisienne « Découper au cutter un tableau de Van Gogh est un insupportable crime contre l'esprit... La seule issue pour le voleur sera d'exiger une rançon, mais qu'il se méfie, les autorités égyptiennes seront violentes ». Elles le seront, en effet, mais pas pour le voleur.

Le lecteur qui tient à connaitre la fin de cette histoire palpitante sera cependant désappointé. Car aujourd'hui le tableau court encore, mais pas les onze personnes condamnées à trois ans de prison (chacune) pour négligence : le responsable des beaux-arts du Ministère de la Culture, un collègue infortuné, la directrice du musée, son adjoint et sept gardiens. Ils ont naturellement une voie de recours, et pourront être libérés s'ils paient une caution de 10000 Livres, soit un an d'un salaire moyen (4). Nous voilà rassurés, les responsables désignés sont punis et le gouvernement lance précipitamment une vaste campagne de rénovation des sécurités des musées égyptiens. Les mauvais esprits rejetteront la faute sur le médiatique ministre de la culture, qui ne s'intéresse qu'à son image et aux antiquités égyptiennes, mais il faut admettre que pour des peintres impressionnistes et un Picasso, voir passer à peine une dizaine de visiteurs les jours d'affluence n'est pas vraiment stimulant.

Fataliste, Mohamed Salah sur courrierinternational.com constate qu'il ne peut en être autrement, dans une ville ou l'eau et l'électricité sont en permanence défaillantes.


Voilà les nouvelles. Et la belle harmonie de l'information. Notons cependant, par scrupule, une petite dissonance. Car si tout le monde s'entend sur le nom du peintre, c'est la cacophonie sur le sujet du tableau.

Quelques sites irrésolus parlent de « Vase aux fleurs ». Lemonde.fr du 23 le nomme « Coquelicots et marguerites » et affiche un tableau qui représente des branches de genêts et deux coquelicots (image C). Pour Nathalie Niel sur suite101.fr, c'est « Genêts et coquelicots », sans illustration. Le Site gouvernemental égyptien d'information l'appelle « Fleurs de pavot », et la majorité des sites le baptise en chœur « Coquelicots » (qui est un cousin du pavot).

Ils ont donc imploré une illustration auprès de la déesse Google, avec des coquelicots, si possible de Van Gogh. La première réponse fut celle du site commercial AllPosters.com (5), et dès le 22, leparisien.fr, 20minutes.fr, et probablement lexpress.fr et lefigaro.fr (6) illustraient leurs billets avec cette trouvaille (image B). Pas de chance, c'était la mauvaise reproduction d'un très mauvais tableau, attribué du bout des lèvres à Van Gogh par son propriétaire, le Wadsworth museum d'Hartford (USA, Connecticut), et exclu par les Vangoghophiles.

Le pompon revient à ouest-france.fr qui par honnêteté ou incompétence n'a toujours pas changé l'illustration postée le 22 (image A). Elle représente des coquelicots et des marguerites (comme dans le titre attribué par Le Monde) dans un vase au décor floral posé sur une nappe fleurie le tout sur fond de fleurs en tapisserie. Jolie prouesse, mais qui manque peut-être un peu de fleurs. Qui n'a pas dans sa famille une cousine éloignée qui distrait sa solitude en peignant ce genre de choses, à l'aquarelle ?

Finalement quel est le Vrai Gogh ? Les amateurs de peinture s'en doutent un peu, mais en sont-ils certains ? On raconte que ce tableau, déjà volé en 1977, retrouvé l'année suivante au Koweit dans des conditions douteuses et exposé depuis au musée Khalil n'était qu'une copie. Sur trois Van Gogh, il n'y en aurait aucun ?

***

1. Cette rédaction a disparu du site, l'article a été totalement réécrit.
2. On retrouve la même source sur les sites de Libération, Le Monde, Europe 1, TF1, Ouest-France, Figaro, l'Express. Les plus honorables font mention de la date du rectificatif.
3. Si vous trouvez cette histoire drolatique vous aimerez lire le récit similaire qui relatait les vols au musée d'Art Moderne de Paris, il y a quelques mois.
4. Ça ne couvrira pas la perte du tableau, estimé à 50 millions de dollars. Pour cela il aurait fallu incarcérer 35000 personnes aptes à payer la caution.
5. Le filigrane de la marque AllPosters qu'on obtient en agrandissant l'image était visible sur les illustrations des sites d'information. Elles ont été remplacées depuis mais on en trouve encore trace dans les archives de leparisien.fr.
6. On peut aisément déduire que lefigaro.fr a substitué l'image, en lisant les commentaires d'internautes, que le site a oublié d'édulcorer « On est vraiment sûr qu'il est de Van Gogh ? ça a un petit côté couvercle de boîte de chocolats, j'ignorais que Vincent avait peint des mièvreries pareilles... », ou encore « Vous ajoutez à la confusion en publiant la photo d'un tableau qui n'a rien à voir avec celui volé au Caire. Le vôtre est une croute piochée au hasard sur le Net. Ce n'est pas très professionnel tout ça ». Quant à lexpress.fr, le site affiche maintenant une page étrange avec trois photos d'officiels répondant à la presse, dont deux fois la même photo du procureur.


(*) Mise à jour du 24.03.2019 : après mures réflexions et expertises, le tableau vaguement attribué (image B) vient de l'être définitivement à Van Gogh (jusqu'à une prochaine mise en doute).

dimanche 30 août 2009

1618, le nombre bête

Avertissement au lecteur : cette chronique à teneur très technique a été relue et corrigée par un scientifique de renom, qui a insisté pour garder l'anonymat, afin de ne pas s'approprier indument la gloire qui rejaillira nécessairement des révélations qu'elle dispense.
Il existe dans la nature nombre de phénomènes qui ne sont pas dus au hasard mais à une sorte de dessein délibéré et transcendant, presque intelligent. S'il n'y avait qu'un exemple à produire afin de confondre les incrédules, ce serait celui de l'emplacement des contrôles des excès de vitesse par la police. Une espèce de loi naturelle fatidique les positionne sans aucune exception en bas d'une longue descente de la route, en principe après un virage ou un tunnel.
Quel mystérieux motif conduit alors la nature ?

Tout esprit aguerri aux lois des nombres et des symboles y verra aisément l'empreinte du «Nombre d'Or». C'est un nombre (Un plus racine de cinq, divisés par deux) aux propriétés mathématiques remarquables. Sans entrer dans de ténébreuses explications techniques, on dit que c'est le plus irrationnel des nombres réels. C'est dire tout son mystère. Il serait même le seul nombre dont l'inverse est égal à lui-même moins l'unité (Un divisé par Lui égale lui-même moins un). On ose à peine le croire. Son vrai nom est 1, 618 033 988 749 894 848 204 586 834 365 638 117 720 309 179 805 76... jusqu'à l'infini, sans période. C'est pourquoi on préfère l'appeler par son diminutif 1,618 ou 1618.

Quelle forme insensée aurait notre univers sans les nombres, par exemple ici le nombre Pi ? (Nébuleuse Bulle de savon PN G75.5+1.7 - Cliché NOAO)Il est de notoriété publique qu'on le retrouve partout dans la nature, essentiellement dans le mouvement des étamines des fleurs de tournesol, des écailles de pomme de pin et dans le rapport entre le nombre de petits pois et de carottes, relativement à leur poids respectif, dans les conserves Cassegrain. Il est ainsi la clef des énigmes et des beautés du monde. On sait que certains calculs épineux inaccessibles aux profanes prouvent que le Nombre d'Or équilibre les proportions des pyramides d'Égypte, des temples grecs les plus en ruines et des cabines téléphoniques londoniennes, les rouges, celles qui sont des passages vers le monde fantastique des communications télépathiques.

Ça n'est pas un hasard si Kepler a publié sa troisième loi du mouvement des planètes, fondement de l'universalité des lois physiques, en 1618, l'année même où Velázquez peignait la «vieille femme faisant frire des œufs». Jusqu'à nos jours où le Nombre d'Or est devenu le symbole des objets de luxe et du développement durable réunis «on peut maintenant consommer le luxe tout en sauvegardant la planète, sur les plans environnemental et social». On comprend que de telles affirmations révolutionnaires dérangent. Et certaines études scientifiques ou artistiques mal intentionnées pourront toujours chicaner, ce ne sont pas de misérables pamphlets financés par la concurrence, notamment la Grande Distribution, qui empêcheront le Nombre d'or de s'infiltrer dans l'univers et d'y répandre ses bienfaits, à l'instar du nombre Pi dont plus personne, de nos jours, ne songe à mettre en doute la souveraineté.

Et l'étude minutieuse des contraventions prodiguées par les fonctionnaires de police en cas d'excès de vitesse confirme définitivement cette intentionnalité qui dépasse l'humain et le guide en permanence. Il suffit en effet d'additionner les 6 montants d'amende convertis en décimes (8930), d'en soustraire 1937 (la date de la mort de l'écrivain H.P. Lovecraft, les initiés comprendront), et de diviser par le résultat le numéro de référence figurant sur la contravention, en bas à droite (11316), pour obtenir le Nombre d'Or avec une précision d'un dix-millième...

C'est ainsi que le Nombre d'Or contrôle de son impitoyable logique les routes de notre destinée.

mercredi 1 avril 2009

Les mornes sermons de Monsieur Merson

Il y a quelques jours s'achevait au musée des beaux arts de Rennes une exposition très attendue consacrée au peintre français Luc-Olivier Merson. Personne ne connaît Merson, mais tout le monde a vu un jour une reproduction du «repos pendant la fuite en Égypte», tableau fascinant, presque uniformément gris et quasiment vide, représentant une scène de la mythologie chrétienne.

Les deux versions exposées à Rennes, côte à côte : à gauche celle de Boston, à droite celle de la collection Hearst. La version de Nice était absente.Cette belle composition eut immédiatement, en 1879, un succès considérable. Les américains en réclamèrent des quantités. Merson en fit quelques variations (qu'on trouve notamment aux musées des beaux arts de Nice et de Boston).

L'originalité du tableau et le titre de l'exposition de Rennes (L'Étrange Monsieur Merson) ne pouvaient qu'attirer l'esprit curieux, qui était hélas consterné, au fil de l'exposition, par la pesanteur grossière des compositions, la pauvreté expressive des visages, le dérisoire de l'inspiration, l'omniprésence des tableaux d'histoire moralisateurs. En bref l'ennui.

Détail d'un vitrail illustrant Gargantua de RabelaisIllustrateur au talent mièvre et fade, Merson fut un peintre sans grâce et un dessinateur sans finesse. Apprécié et honoré, il vécut des commandes de l'État, de l'Église et de la bourgeoisie, pour qui il réalisa des fresques, des vitraux, des billets de banque et des timbres poste.


Alors pourquoi «L'Étrange M. Merson» ?Une vision de L.O. Merson - Musée de Lille
Parce que s'il a toujours peint des anecdotes édifiantes, et dans un style académique et pompeux, il les a souvent illustrées par des scènes inédites, et inattendues. Témoin cette toile, «Une vision», où Jésus crucifié hésite entre un vague éclair au chocolat et une meringue opulente, pour finalement désigner la meringue.
Mais était-il nécessaire de déterrer Merson pour cela, et au même moment enterrer indéfiniment tous les chefs d'œuvre de la collection permanente du musée, aujourd'hui invisibles pour cause de réorganisation ?

jeudi 8 mars 2007

Frère, biographie

Théodore Frère, peintre de paysages d'orient.

24 juin 1814, Paris, France,
24 mars 1888, ...

De son vivant, Théodore Frère était estimé et honoré, en France, et en Égypte où on lui décerna le titre de "Bey" et où il participa au cortège officiel de l'inauguration du canal de Suez en 1869.
De nos jours, s'il ne fait plus partie du panthéon des grands peintres honorés par les institutions ou par les éditions d'art , il est resté très apprécié des amateurs et le moyen le plus sûr de voir ses œuvres est de fréquenter les salles de ventes qui en ont vu passer 400 pendant les 20 dernières années.
Son frère Édouard, cadet de 2 ans, peintre à succès également, représentait des scènes de la vie du peuple, édifiantes et sentimentales, dignes du calendrier des postes.

Théodore ne s'intéressait qu'au paysage.

Après 1830, afin de populariser sa politique de conquêtes, le gouvernement français incitait et aidait les artistes à partir pour l'Algérie. C'était le début de l'orientalisme.
Théodore passera sa vie à voyager en Afrique du nord, au moyen-orient et à peindre des paysages désertiques. Sans se soucier d'histoire ou d'anecdotes. Ses personnages sont des silhouettes anonymes passant dans des décors abstraits, sans détails, presque vides. Le seul être vivant semble y être le soleil.
Ses tableaux illustrent ce que disait Vialatte du désert "c'est l'éternité, le pur espace des géomètres".

On ne trouve pas de monographie, ni de catalogue d'exposition sur Théodore Frère.

mercredi 27 décembre 2006

La face cachée d'Arsinoe


C'est Arsinoë 2, ou Isis, ou Aphrodite, sculptée il y a 2300 ans et découverte au fond de l'eau près d'Alexandrie, en Égypte. Vous pouvez la voir à Paris, au Grand Palais, jusqu'à début mars 2007. Je n'ai pas trouvé de cliché (dans la presse ou sur la Toile) dévoilant, même légèrement, son noir séant de basalte. Une photo prise au grand palais laisse supposer qu'on ne peut pas faire le tour de la sculpture. C'est regrettable! Elle est sans doute callipyge. Ce Glob Est Plat vous tiendra évidemment informés s'il parvient à obtenir une image de cette face cachée...