mardi 24 mars 2009

La vie des cimetières (20)

Dans les longues allées ennuyeuses des grands cimetières humains, parmi les milliers de monuments aux lignes grossières, aux gestes conventionnels et aux douleurs sempiternelles, se produit parfois un sortilège.

Vous l'approchez alors avec précautions, le contournez lentement, chaque point de vue vous émerveille. Avec fébrilité vous cherchez la signature du sculpteur, vous pestez parce qu'elle est presque illisible et vous regrettez de ne pas être dans un musée devant une étiquette soigneusement calligraphiée. Mais vous êtes dans le Cimetière Monumental de Milan, au bord du secteur 4, devant la tombe d'Enrichetta Maggioni Venegoni que vous ne connaissez pas, et dont les restes sont veillés depuis cent ans par une fillette de bronze à patine bleutée.
(coordonnées à coller dans un logiciel de cartographie : 45.48715, 9.17794).




Appel à la délation : un abonnement gratuit et perpétuel à Ce Glob Est Plat sera offert à toute personne qui fournira des renseignements sur l'auteur de cette sculpture, actif en Italie du nord à la charnière des 19ème et 20ème siècles et dont les initiales sont peut-être R.D.



mercredi 18 mars 2009

Recrudescence de trous blancs

Et voilà, ils ont fait l'expérience ! Comme dans les mauvais films de science-fiction. Pire que les trous noirs du LHC, il y a maintenant les trous blancs du ministère de la Défense.
Prenons l'exemple emblématique de Taverny (mais il y en a d'autres que nous vous invitons à rechercher). D'après l'encyclopédie Wikipedia, il y a dans la forêt de Montmorency, à Taverny, le cœur du système de défense nationale français, dont les installations seraient en cours de démantèlement.

On peut effectivement constater sur l'illustration jointe, issue des pages jaunes, qu'il s'agit d'une liquidation totale, voire mieux. Le plus troublant est le désaccord des cartographes. Pour Google Maps, sur la photo par satellite datée du 21 octobre 2007 (1), les installations militaires semblent au complet, alors que la photo vide des pages jaunes date de 2005. Qui croire ? La rumeur qui prétend que presque tous les articles de Wikipedia sont écrits par le porte parole du gouvernement serait-elle fondée ? Et la végétation n'est-elle pas un peu trop verte et pimpante sur la photo de Google Maps (2) prétendument prise à la fin de l'automne ?

Qui dira les expériences de chimie monstrueuses qui se perpètrent actuellement à notre porte et répandent ces trous blancs, annihilant des hectares du territoire français sous le couvert de la défense de l'État et dans l'indifférence des médias ? Imaginez que cette infection se propage un jour jusqu'aux cabinets des plus hautes instances de notre pays... Où irait alors la France ? Que deviendrions-nous ?

***
(1) En réalité elle n'est pas datée sur Google Maps mais la même photo exactement est datée sur Google Earth.
(2) Pour des motifs déontologiques et éviter les accusations d'espionnage, voire de haute trahison, Ce Glob Est Plat contrevient à sa règle sacrée «La vérité sinon rien» et ne montrera pas cette image sulfureuse.

jeudi 12 mars 2009

Un peu d'information

Pour les oreilles : Le concert de Cologne (Köln Concert) du pianiste Keith Jarrett est un des disques de «jazz» les plus illustres. À juste titre. On peut écouter mille fois sans ennui son extraordinaire dernier mouvement. Et si on veut éterniser ce même plaisir, les 5 concerts en solo donnés en novembre 1976 au Japon (Sun Bear Concerts) peuvent être écoutés en une seule séance de 6h38...

mercredi 4 mars 2009

Le musée des mots en «-isme»

On apprend avec émotion, sur les autobus parisiens, qu'il y aurait plusieurs impressionnismes, au point qu'il est devenu urgent de leur ouvrir un musée, à Giverny (*).
Certes, la manière impressionniste est très populaire. Parce qu'elle représente la réalité comme un éternel printemps, qui serait vu par un astigmate. Elle enchante les femmes par son univers constamment fleuri et vivement coloré, et rassure les hommes parce qu'il est peuplé de femmes en robes flottantes humblement occupées, dans l'ombre, à des tâches quotidiennes. Et quand elle peint les réalités plus brutales de la ville, elle les noie dans des scintillements de lumière ou des brumes et des fumées qui les voilent avec délicatesse.

C'est un peu le monde merveilleux de Walt Disney.
Alors imaginez plusieurs impressionnismes... Chacun pourrait choisir l'impressionnisme qui lui convient, comme on choisit la couleur d'un papier peint : un impressionnisme à fleurs jaunes pour l'été, un impressionnisme parme à l'automne, vert pomme pour le printemps.

En haut, 4 vues (parmi 28) de la cathédrale de Rouen peintes par Monet autour de 1890. En bas 4 vues (parmi des centaines photographiées par vous et moi et partagées sur Panoramio) du Château de Cendrillon, à Disney World en Floride. Impressionnisme chez Monet, «impressionnantisme» chez Disney, la différence saute aux yeux.

Le musée ouvrira le 15 mai sur un coup d'éclat, une exposition «Le jardin de Monet à Giverny» (hélas pauvre en tableaux, à peine une vingtaine), suivi d'une rétrospective Joan Mitchell, peintre américaine rangée sous l'étiquette «expressionnisme abstrait» et qui a peu à voir avec l'impressionnisme sinon qu'elle a longtemps vécu à Vétheuil dans la maison que Monet avait habitée.
Mais après tout, Monet fut un des précurseurs, derrière Turner, de l'abstraction en peinture. Et puis, tout le monde aura sa place au musée des mots en «-isme».

***
(*) Le Musée des Impressionnismes s'installera dans les locaux du Musée Américain de la fondation Terra à Giverny, qui lui abandonne la place (par défaut de rentabilité ?). Ainsi disparaît un musée qui n'aura pas vécu vingt ans. Où verra-t-on désormais les tableaux de Georges Inness, Guy Orlando Rose, Martin Johnson heade, Edward Hopper, John Singer Sargent ?

jeudi 26 février 2009

La vie des cimetières (19)

Le petit cimetière de Grand' Anse, sur l'ile de Praslin aux Seychelles.

jeudi 19 février 2009

La raiforme de l'ortografe

Dans les sous-sols du palais du CNIT, à La Défense, on n'apprend l'alphabet que jusqu'à la lettre DManet a peint un piquenique empreint d'ambigüité, Monet des amoncèlements de nénufars, Gauguin les iles, et Van Gogh des potpourris d'ognons bien murs, de cèleris et de giroles. Bosch a peint un charriot de foin, Vermeer une dentelière, Harnett un révolver pas complètement règlementaire, Samuel Van Hoogstraten des enfilades de pièces dont chacune doit sans doute recéler pêlemêle un porteclé, un tirebouchon, une serpillère, un faitout voire un curedent. Goya a certainement imaginé une chauvesouris et un millepatte dansant une valse douçâtre devant un parterre de cent-dix-sept sconses, sous les notes suraigües de quelques jazzmans atteints d'exéma, ou d'autres scénarios aussi infernaux où l'abime côtoie la voute étoilée. Ces peintres ont libéré leurs fantasmes, leurs tocades, les ont laissé faire et ont ainsi créé cette pagaille d'artéfacts qui hante désormais notre imaginaire.

Arrêtons-là cette énumération de quincailler et dont vous soupçonnez surement l'apriori : c'était une espèce de gageüre, enchainer un grand nombre d'embuches du français en respectant les prescriptions de la «rectification» de l'orthographe de 1990.

Si, pris d'un doute abyssal, vous avez demandé au hautparleur de votre ordinateur de sonner chaque faute d'orthographe de ce mémento (dont on conçoit que la sècheresse ne vous plait guère), il est probable qu'il n'aura pas cessé de sonner indument. C'est que vous ne l'avez pas autorisé à tenir compte de cette évolution de l'orthographe. Certains correcteurs le permettent.

Depuis bientôt vingt ans ces rectifications ont peu subi le véto des médias ou la piqure des boutentrains des chaines de télévision, et si elles n'ont pas atteint les maximums de protestation ou de haine qu'on aurait pu prévoir, c'est parce qu'elles sont des recommandations, certes appuyées, mais autorisant l'alternative. Et si la dictée de votre enfant est sanctionnée pour avoir employé l'une des deux orthographes admises, vous pouvez être surs de votre droit et assoir votre protestation sur un texte officiel dument estampillé.

Sauf erreur cette chronique contient allègrement 60 mots dont l'orthographe a été modifiée en 1990. Regrettons de ne pas avoir pu y placer «diésel, ponch, placébo ou relai».
Vous trouverez derrière l'icône ci-contre le corrigé de l'exercice. Après cela les plus inconscients s'aventureront sous ce lien et y dénicheront plus de 1300 mots rectifiés supplémentaires, parait-il.

samedi 14 février 2009

La vie des cimetières (18)

Cimetière américain de Suresnes, sur le Mont Valérien.
Le terrain a été concédé à perpétuité aux États-Unis en 1919.

On dit que le rêve de tout Américain est d'être cosmonaute (1), et que le rêve de substitution, en cas d'encombrement dans les navettes spatiales, est d'être gardien de la Tombe des inconnus (2).
Être gardien de cette Tombe, c'est, après des années d'épreuves insoutenables (dont l'apprentissage par cœur d'un quizz de cent questions), être un jour admis au sein d'une élite qui passe sa vie en habit d'apparat à se dandiner devant un cube de pierre blanche dans lequel sont conservés quelques restes non identifiés de soldats peut-être américains.

Ça se passe au cimetière national d'Arlington près de Washington, selon un cérémonial inchangé depuis 1937. 24 heures par jour, un soldat exécute 21 pas devant la Tombe avec la démarche d'une danseuse qui aurait la colique, s'arrête pendant 21 secondes, puis fait 21 pas dans l'autre sens, agrémentés de quelques gestes équivoques pratiqués avec son fusil rutilant. Il est régulièrement relevé par un clone qui accomplit alors le même rituel. Et ainsi de suite.
Peut-on imaginer métier plus exaltant ? Surveiller pour l'éternité des reliefs de chair à canon (3).

Et si toutes ces solennités patriotiques ne suscitent pas l'envie de se faire tuer pour une idée, un dieu ou une ressource naturelle, c'est à désespérer de la nature humaine. Mais prévenons les postulants, le métier de chair à canon anonyme est sérieusement menacé par les progrès de l'identification par l'ADN. On dit même qu'il n'y aurait plus de soldat inconnu (au moins occidental) depuis les années 1980.

(1) On devrait différencier les astronautes américains, les cosmonautes russes, les taïkonautes chinois et les spationautes français, mais ces distinctions sont idiotes et cocardières. Ils ont toujours fait le même métier, et parfois dans les mêmes engins.
Un extrait du discours de Princhard dans le Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline(2) Si on croit l'article très sérieux de Wikipedia sur ce métier convoité.
(3) L'expression rappelle les «saucissons de bataille» du discours visionnaire de Princhard dans le «Voyage au bout de la nuit» de Céline.


***
Pour les oreilles : dans le chef d'œuvre de Michael Cimino, «Voyage au bout de l'enfer» (the deer hunter), avant de partir pour la guerre du Vietnam où leurs vies vont être détruites, les principaux personnages du film font une fête qui s'achève par la mélodie mélancolique d'une mazurka de Frédéric Chopin, jouée sur un piano incertain. C'est la mazurka opus 17 n°4, une des plus jolies parmi les presque 60, souvent ennuyeuses, composées par Chopin.

dimanche 8 février 2009

Nuages (14)

18h20, ne rien faire...

18h50, regarder passer un nuage...

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Pour les oreilles : Le 28 avril 1937 le saxophoniste ténor Coleman Hawkins enregistrait à Paris, avec son «All-star jam band», une version époustouflante de «Out Of Nowhere» (1). Il y avait ce jour-là Benny Carter à la trompette, Django Reinhardt à la guitare, Stéphane Grappelly au piano.
On ressent déjà l'ambiance presque funèbre qu'on retrouvera dans sa célèbre version de «Body And Soul» (2) enregistrée à New-York le 11 octobre 1939.

(1) Cliquer sur le petit triangle bleu à gauche du dernier titre
(2) Cliquer sur le petit triangle bleu à gauche du 4ème titre

mercredi 4 février 2009

Zapping 2008, tout est dit

Il n'y a qu'un film essentiel en 2008, c'est le «zapping de l'année», réalisé pour la chaîne Canal+ par Patrick Menais. On peut en voir ici les 50 premières minutes, et ici les 3 heures suivantes.
Tout y est : les fautes de français d'un Président sorti directement de la troupe des Deschiens, la concentration de l'argent et des pouvoirs, les abominables émissions de télé-réalité, les humains dans leur splendeur et leur misérable agitation épileptique, la bêtise, l'envie et le malheur. Et enfin la planète qui s'en fout, qui va lentement balayer toutes les espèces, et l'espèce humaine avec.

Arbre mort près de l'ancienne léproserie,
sur la côte sud de Curieuse, île des Seychelles.

Menais est comme un entomologiste, il regarde à distance les hommes qui gesticulent. Et ce qu'il voit l'effraie, il rit de moins en moins. Année après année son zapping est plus déprimant. Il en a assez de nous faire rire de nos travers, voilà vingt ans qu'il nous les montre, et l'histoire n'est plus drôle. Alors il met le zapping en scène et construit des effets dramatiques. Ses manipulations peuvent sembler démagogiques à certains nostalgiques du zapping de divertissement, et manquer de finesse, mais ça tient au matériau qu'il utilise : la télévision. Il n'invente rien.

Après quatre heures de zapping, il termine par une phrase désabusée de l'anthropologue Claude Lévi-Strauss en 2005 «L'espèce humaine vit sous une sorte de régime d'empoisonnement interne... et je pense au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence, ce n'est pas un monde que j'aime», puis par un slogan des étudiants grecs en révolte «Arrêtez de regarder, sortez dans la rue!», et enfin, dans la bouche d'une jeune femme idiote dans une émission religieuse «Les ballons oiseaux se sont envolés, peut-être avez vous maintenant vous aussi envie de prendre votre envol, chers téléspectateurs»

C'est clair, Menais aimerait qu'on cesse de s'abrutir, qu'on sorte tous dans la rue et qu'on regarde ce qu'on a fait du Monde.
Mais il fait froid dehors. C'est au printemps, de préférence, qu'il faudrait faire le zapping de l'année.

mercredi 28 janvier 2009

L'impasse de l'Avenir

C'est le nom d'une impasse, à Ivry sur Seine, qui débute boulevard Paul Vaillant-Couturier (intellectuel et député communiste fameux, il y a 70 ans), non loin de la rue Lénine (homme d'état russe illustre, il y a 80 ans). On y croiserait sans doute quelque désespéré chronique, l'ombre de Cioran ou de Schopenhauer.
Face à l'impasse de l'Avenir, de l'autre côté du boulevard, il y a la rue de l'Avenir. Elle est également sans issue. On ne saurait être plus explicite. L'avenir ne sera pas bien gai.

Vue imprenable sur l'impasse de l'Avenir dans Google Maps
Pour les oreilles : l'offre de musique classique de MusicMe est vraiment misérable. On trouve tout de même une interprétation acceptable du merveilleux concerto en sol, pour piano et orchestre, de Maurice Ravel. Écoutez le sublime deuxième mouvement. 9:31 minutes d'une harmonie raffinée, mouvante, délicate.

samedi 24 janvier 2009

Les délices au microscope

Comme tout le monde vous n'habitez pas Madrid ni ses alentours. Comme tout le monde vous avez, un jour d'été, poireauté sous le soleil espagnol de midi, pour réaliser, après deux heures d'attente sans l'ombre d'une ombre, votre ticket d'entrée au musée du Prado en main, qu'il vous restait peu de temps pour admirer tous ces tableaux de Velazquez, Goya, Greco dont vous rêviez depuis si longtemps. Comme tout le monde, quand vous êtes arrivés devant le «Jardin des délices», l'immense collage surréaliste de Jérôme Bosch, vous avez réalisé qu'il était inutile de vouloir le voir en entier tant il y avait de monde devant.

Alors, comme tout le monde, désabusé, vous avez grappillé quelques détails furtifs, aperçus entre deux touristes japonais, au moment où les gardiens annonçaient déjà l'heure de fermeture du musée. Comme tout le monde vous ne reviendrez peut-être jamais à Madrid.



Les années ont passé. Vous vous êtes récemment consolés en constatant que le musée mettait progressivement en ligne sur son site de splendides reproductions détaillées. Vous pouviez alors scruter (1) les personnages ironiques et macabres du «Triomphe de la mort» de Brueghel l'ancien ou les paysages idylliques de Patenier.

Et puis voici quelques jours, Gougueule (encore Elle) annonçait que tout le monde pouvait désormais découvrir les détails les plus microscopiques de certains chefs-d'œuvre du Prado et examiner le «Jardin des délices» comme seul Jérôme Bosch ou quelques experts couverts de laissez-passer ont pu le voir. Et c'est indescriptible (2). Il suffit de lancer Google Earth (3).


Mise à jour du 2 février 2016 : les calomniateurs d'internet n'ont pas tort. Planter des repères, créer des liens vers d'autres sites est inutile, penser qu'une ressource sera disponible plus d'une ou deux années est illusoire. Gougueule s'est probablement fâchée avec le Prado car la gigantesque reproduction du Jardin des délices a maintenant disparu de Google Earth, et avec elle les autres tableaux du Prado. Le musée s'est également volatilisé du site culturel de Gougueule (Google Art Project). Les choses se présentent mal pour les amateurs de Bosch à distance.

Mise à jour du 13 février 2016 : c'est un vrai coup de théâtre, le Jardin des délices est réapparu aujourd'hui. C'est l'image en extrêmement haute résolution photographiée par Gougueule en 2009, pourvue d'une ergonomie idéale. Le voyage peut reprendre dans l'univers de Bosch.


***
(1) Cliquez sur la reproduction du tableau, puis à nouveau sur la reproduction suivante. Une fenêtre apparaît alors avec l'image en haute définition.
(2) Les 4 illustrations de cette chronique sont extraites du Jardin des délices. Les droits de reproduction sont détenus par Jérôme Bosch et Google, inévitablement.
(3) Cherchez «Madrid Prado» (ou ouvrez ces coordonnées) avec Google Earth. Assurez-vous que l'option «bâtiments 3D», dans l'onglet «Infos pratiques», à gauche de l'écran, est bien cochée. À l'emplacement du Prado, cliquez sur l'étiquette blanche «Museo nacional del Prado», choisissez un tableau et abusez de la mollette de votre souris.

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Pour les oreilles : Tyranny and Mutation de Blue Öyster Cult, un rock limpide, carré, irréprochable, des phrases de guitare mémorables. Écoutez par exemple «Mistress of the salmon salt».

jeudi 8 janvier 2009

Privés de jardins publics

Inconscients et volages, les enfants des villes modernes ne savent pas le bonheur que les adultes responsables leur façonnent patiemment. Par exemple, depuis quelques années, tous les parcs et jardins publics sont systématiquement fermés (*) au premier flocon de neige un peu tenace. La chute d'une branche alourdie par la neige pourrait blesser quelqu'un.


La subversion objecte qu'on interdit ainsi aux enfants qui n'ont pas les moyens de s'offrir des vacances de ski le spectacle magique qu'est un parc recouvert de cette féerie ouatée.

Rétorquons qu'il reste dans les villes bon nombre de lieux où les enfants peuvent exercer leur désir irrépressible de modeler des bonhommes de neige, de pratiquer des glissades effrénées ou d'engager des batailles de boules de neige : ce sont les kilomètres de trottoirs de la ville. Naturellement, comme tout le monde retrouve un esprit joueur dès que la neige revient, il n'est pas impossible qu'ils y croisent un automobiliste fantasque égaré en travers du trottoir ou éparpillé autour d'un lampadaire. Il conviendra d'être prudents.


(*) À Paris tous les parcs et jardins publics de la Ville sont fermés. Les jardins des Tuileries et du Luxembourg qui appartiennent respectivement à l'Établissement Public du Louvre et au Sénat sont ouverts...

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Pour les oreilles : The West Coast Sound (Vol. 1), un album rare de «West coast jazz» de 1953, rythmé, allant, inventif et mélodique, avec Art Pepper (saxo alto), Jimmy Giuffre (saxo baryton) et quelques autres sous la baguette de Shelly Manne. «Afrodesia» ou «You and the Night and the Music» sont des bijoux.

samedi 3 janvier 2009

L'année de l'Année

Après quelques «Années Mondiales» qui sont restées dans les mémoires et ont très certainement sauvé leurs dédicataires d'une inéluctable déchéance (1972 année du Livre, 1975 année de la Femme, 2000 année des Mathématiques, 2002 année des Montagnes, 2008 année de la Planète Terre, et année de la Pomme de Terre), l'UNESCO a décrété que 2009 serait l'année de l'Astronomie. Et on dit que 2010 sera peut-être l'année mondiale de la Morale. C'est dire les ambitions de l'organisation internationale.

Aussi Ce Glob Est Plat, dans la lignée des Microsoft et autres L'Oréal, s'associe cette année aux Nations Unies dans la promotion d'un grand concept œcuménique en partageant une grande part de son patrimoine musical avec la planète entière. N'écoutant que son courage et se riant des projets liberticides du gouvernement français, Ce Glob Est Plat s'engage à illustrer régulièrement ses chroniques d'un lien vers un morceau de musique ou un album dont l'écoute sera totalement libre et gratuite.

Nous commençerons par un album exceptionnel de «jazz cool» de 1986, «Somewhere Called Home» chanté par Norma Winstone accompagnée par John Taylor (piano) et Tony Coe (clarinette, saxophone).
Ce Glob Est Plat engage ses quelques lecteurs à proposer également dans les commentaires des musiques qu'ils emporteraient dans une île déserte équipée de l'électricité. Les liens vers les musiques plébiscitées resteront quelques temps, voire plus, dans une rubrique intitulée «Pour les oreilles».

mardi 30 décembre 2008

Dernières nouvelles de la Terre

Nous n'avions pas pris de nouvelles de la Terre depuis bientôt deux ans. Il était temps de faire un bilan. Comme on peut le voir sur notre illustration, il y a apparemment peu de changement depuis notre dernier cliché, mais cela n'est qu'apparent. Sur cette image par satellite d'une précision extrême, à la limite de la résolution de la caméra à haute définition, on distingue comme jamais auparavant des détails éloquents (cliquez pour agrandir la vignette).

On voit nettement au nord-ouest de l'Afrique, le célèbre «pont de la liberté des peuples» qui devait relier le continent à l'Espagne et la France, mais qui est tristement parti à la dérive depuis la décolonisation et rouille désormais en pleine mer. Plus au sud, au niveau de l'équateur, à l'ouest et à l'est au large de l'Afrique, on voit maintenant clairement les deux énormes trous noirs dont certains prétendent qu'ils sont le fruit des expériences des accélérateurs de particules, mais dont il est plus probable qu'ils résultent d'un défaut d'entretien par les populations locales, notamment, à l'est, par le gouvernement des Seychelles, dont chacun sait qu'il affiche une idéologie nettement socialisante. Nous ne pouvons pas examiner ici toutes les dégradations, mais remarquons pour finir, au nord, la longue série des marques blanches ineffaçables qui maculent la Russie, avec, la plus à l'ouest, l'inoubliable tache de Tchernobyl.

Mais nous terminerons cette revue par une remarque optimiste. Les autorités ont eu l'heureuse idée de placer un panneau indicateur afin que les touristes (et éventuels investisseurs) venus de l'espace la repèrent facilement sur le plan, la reconnaissent et ne la prennent plus pour une ordure. Comme on le voit les progrès de l'imagerie par satellite nous apportent tout de même, en cette fin d'année, une petite note d'espoir.

samedi 27 décembre 2008

Le château de notre enfance

Rosebud !À l'ouest de Ligny-le-Ribault, près de l'étang des Thouards, les grilles du château Bonhôtel, où furent tournés quelques films délébiles, évoquent fatalement le plus beau chef-d'œuvre du cinéma, Citizen Kane d'Orson Welles, notamment les trois premières et les trois dernières minutes (les liens sont en version originale américaine. Il est néanmoins déconseillé à ceux qui n'ont pas encore vu le film de regarder les 3 dernières minutes s'ils veulent garder intacte l'émotion qu'elles leur donneront).

dimanche 21 décembre 2008

La vie des cimetières (17)

C'est une vision créée par votre peur ... Pourquoi tant de grimaces? Après tout, vous ne regardez qu'une chaise!Macbeth croit voir le spectre de Banquo, qu'il a fait tuer (Shakespeare, Macbeth acte 3 scène 4)
Lady Macbeth. - «Quelles balivernes! C'est une vision créée par votre peur (...). Oh! ces tressaillements, ces soubresauts, simulacres d'une véritable peur, conviendraient à merveille au conte que fait une femme, en hiver, au coin du feu. - C'est une vraie honte! Pourquoi faites-vous tant de grimaces? Après tout, vous ne regardez qu'une chaise!»

Shakespeare a beau le démentir avec lucidité, l'homme s'ingénie toujours à croire qu'il reste des traces impalpables des morts ailleurs que dans sa mémoire. C'est ainsi qu'il a installé le fantôme de Mozart dans le cimetière monumental de Milan. Une plaque commémorative rappelle que quelque part à Milan, en 1858, est mort l'aîné des fils de Wolfgang et Constance, dernier survivant de la famille Mozart, fonctionnaire à la Cour des Comptes.

Il y est écrit «À la mémoire de Carlo Mozart, dernier fils du musicien suprême, fonctionnaire de la ville de Milan (Vienne 1784 - Milan 1858). Avec lui s'éteint la lignée mais non la gloire impérissable de l'illustre géniteur. Pour le centenaire de sa mort, l'association des autrichiens de Milan, 31 octobre 1958»

Au fond, sur le mur, se trouve l'inscription à la mémoire du dernier des Mozart.

samedi 13 décembre 2008

Tourisme : l'île aux fleurs

Cette chronique est destinée à ceux qui ne connaissent pas L'île aux fleurs (Ilha das flores). C'est un court métrage de 13 minutes de Jorge Furtado. Diffusé de nombreuses fois à la télévision depuis 1989, couronné de l'Ours d'or au festival de Berlin en 1990, abondamment disponible et commenté maintenant sur Internet, il reste peut-être quelques innocents qui ne l'ont pas vu.

Il raconte la destinée tragique de quelques tomates brésiliennes et les péripéties qu'elles subissent au long de la chaîne alimentaire pour finir sur l'île des marins, à deux pas de l'île des fleurs. Le style en est ironique jusqu'au cynisme, d'une logique un peu démonstrative mais au dénouement implacable.

Certains (1) ont voulu y voir une sorte de pamphlet athée et ont cru voir le commentaire «Dieu n'existe pas» à la fin du film, comme une conclusion, ce qui est faux. Ce texte n'apparaît qu'au début, dans le générique. Et on peut dire sans en dévoiler l'intrigue que la conclusion du film n'est pas que Dieu n'existe pas, question sans réel objet et à la limite du théisme, mais la démonstration de ce film, et le véritable drame, c'est que l'homme existe, malheureusement.

Ce film est à conseiller à tous les enfants. Et aux adultes également, même si pour eux il est déjà trop tard.

Cette image n'a rien à voir avec le film, elle n'est là, comme dans tout boniment publicitaire, que pour attirer la curiosité du passant.
Où voir le film sur Internet ?
Sur Youtube, en 2 parties de bonne qualité, sur DailyMotion sans générique de fin, sur le site de la télévision personnelle du Président de la République dans une copie de bonne qualité, et surtout une très bonne copie de 157 méga-octets téléchargeable depuis la page de Wikipedia consacrée au film.

Traduction
Tous les dialogues et commentaires du film sont en français dans l'ensemble des versions en liens, à l'exception de quelques textes intéressants dans les génériques de début et de fin, en portugais non sous-titré.
Au début du film ESTE NÃO É UM FILME DE FICCÃO - EXISTE UM LUGAR CHAMADO ILHA DAS FLORES - DEUS NÃO EXISTE (Ceci n'est pas un film de fiction - Il existe un lieu nommé l'île des fleurs - Dieu n'existe pas). À la fin du film, le générique détaille ce qui est fictif (notamment certains rôles joués par des acteurs), précise qu'il a été principalement tourné à ILHA DOS MARINHEIROS, l'île des marins à 2 km de l'île aux fleurs, et termine par O RESTO É VERDADE (le reste est vrai).

***
(1) Notamment le meilleur et le plus complet des articles qu'on trouvera sur le film, sur le site FILMdeCULTE, dans son paragraphe intitulé BRAZIIIIL.

dimanche 7 décembre 2008

Comptes de faits (1)

« Il en est ainsi du soleil, de la lune, des étoiles, croyons-le la lumière que ces astres nous envoient, ils la produisent par des émissions sans cesse renouvelées et ils perdent leurs flammes à mesure qu'elles se produisent. Ne va donc pas les regarder comme doués d'une indestructible vigueur. » (Lucrèce, 1er siècle avant notre ère, « De la nature des choses », livre 5, 300).

Il me semble que c'est Alphonse Allais qui, dans une parodie de programme électoral, proposait la limitation de la vitesse de la lumière dans toutes les agglomérations. Depuis, nul n'ignore que cette vitesse est finie. C'est une des lois fondamentales de la nature. On sait peut-être moins comment cette loi fut découverte. C'est ce que racontera aujourd'hui Ce Glob Est Plat, inaugurant ainsi un nouveau type de chronique intitulé «Comptes de faits». «Faits» parce qu'on n'y parlera que d'événements avérés, de faits indubitables, et «Comptes» parce qu'ils seront relatés chiffres à l'appui, avec toute la rigueur et la probité qu'on attendrait d'un expert comptable.

Il y eut un temps où l'homme pensait déterminer sa longitude (c'est à dire le quartier d'orange où il se trouve sur terre ou en mer) en scrutant la position des satellites de Jupiter et calculant leur parallaxe. C'était une idée de Galilée qui les avait découverts en 1610.
Alors commença l'observation frénétique et méticuleuse des éclipses de Io par Jupiter.

En 1671, Cassini à Paris et Picard à Uraniborg, au Danemark, assistés par Ole Rømer parvinrent à déterminer la différence de longitude entre les deux villes en comparant l'heure précise des éclipses de Io. Ils confirmèrent également des anomalies notées par Cassini depuis 1666 dans ses longues campagnes d'observation pour établir ses éphémérides, les tables des heures des éclipses. Ces dernières prenaient parfois de l'avance, et parfois du retard sur les calculs de Cassini.

Qui, le premier, s'est rendu compte que les retards se produisaient quand la Terre s'éloignait de Jupiter, et les avances quand elle s'en approchait ? Qui imagina l'explication de ces anomalies, et comprit que la lumière mettait un certain temps à parcourir la distance séparant les deux planètes, un temps mesurable et dépendant de la distance ?

Dès 1672 Rømer travaillait avec Cassini à l'observatoire de Paris. En août 1675 Cassini écrivait «Cette inégalité (les écarts constatés) paraît venir de ce que la lumière met dix à onze minutes à parcourir un espace égal au demi-diamètre de l'orbite terrestre». Mais c'est Rømer qui mit l'Académie des Sciences en émoi en prédisant et justifiant le retard de 10 minutes de l'éclipse du 9 novembre 1676. Cassini avait-il abandonné l'idée parce que Rømer en était le véritable inventeur ou parce que Louis 14 lui avait confié la direction de l'observatoire de Paris et que c'était alors un crime de lèse-cartésien, voire un blasphème d'imaginer que la lumière se propageait à une vitesse calculable, et non instantanément ?
Il opposa à Rømer que les autres satellites de Jupiter ne semblaient pas aussi lunatiques et que les écarts étaient dus à une excentricité de l'orbite de Io. Il savait que les observations des autres satellites étaient à l'époque insuffisantes. On se rangea de son côté.

De retour au Danemark en 1681, Rømer fut durant 30 ans un scientifique et un homme public innovateur, progressiste, estimé et honoré, mais il n'exploita jamais les conséquences de sa découverte. L'idée mit du temps à être acceptée. Elle ne le fut totalement que 50 ans plus tard, en 1727, quand James Bradley la confirma en expliquant le phénomène d'aberration de la lumière.

Quelques savants, comme Empédocle, des siècles auparavant, avaient soupçonné que la lumière se déplaçait, mais Rømer en avait apporté la preuve. Pour la première fois on mesurait une quantité universelle. La lumière donnerait une unité de distance et de durée. On pourrait désormais remonter dans le passé et retracer l'histoire de l'univers. Il prendrait bientôt des dimensions inimaginables, dans l'espace et dans le temps.


La vitesse de la lumière, sources principales :
  1. Une bonne biographie de Rømer (en anglais, la française étant indigente),
  2. Une explication précise de la découverte de Rømer,
  3. Un article sur les modes de calcul de la vitesse de la lumière, intéressant malgré de grandes imprécisions sur certaines dates (Galilée y fait encore des expériences 25 ans après sa mort, et Cassini publie ses célèbres éphémérides à 13 ans),
  4. Un article passionnant de 2001 de JM. Vigoureux, «La lumière se meut» paru dans Ciel & Espace, numéro spécial 11, novembre 2008.

samedi 29 novembre 2008

La vie des cimetières (16)

Lentement, les légumes verts venus de l'espace, rejetons du terrifiant guman, rampent sur la pierre et le bronze. Bientôt ils étoufferont les statues, puis les humains.



Localisations au cimetière monumental de Milan : en haut à gauche, en haut à droite, en bas à gauche, en bas à droite.

lundi 24 novembre 2008

Quand meurent les liens

Dans l'inépuisable univers que la déesse Gougueule a créé il était inévitable que les plus grandes félicités côtoient le mal absolu, sans quoi ni l'un ni l'autre n'existeraient. Et le chroniqueur consciencieux qui tente de maintenir un blog présentable le sait bien. Le monde s'effrite et disparaît petit à petit autour de lui, gagné par la lèpre, la décomposition. Et ce fléau absolu arbore un nombre, c'est 404, le nombre de la Bête. C'est le numéro d'erreur retourné à l'intrépide navigateur s'aventurant vers des sites qui sont éteints, des pages qui se sont décomposées, des blogs dissous, des liens morts, des mondes inexistants, des trous noirs.

Ce Glob Est Plat est un blog qui n'intéresse quasiment personne. En cela il a été distingué comme représentatif de la grande majorité des blogs par un aréopage de scientifiques désœuvrés. Ils l'ont alors étudié avec des dispositifs sophistiqués et après quelques semaines de cogitations leurs conclusions sont tombées sous la forme d'un graphique désespérant et d'une prévision catégorique «dans 27 ans le blog flottera seul dans un espace totalement narcissique, ayant perdu tout contact avec le monde». Les moqueurs diront que c'est déjà un peu le cas.

La preuve mathématique de l'irrémédiable.Alors que faire ? Colmater au fur et à mesure les fuites signalées par le lecteur charitable. Mais ça ne sera pas toujours facile. L'Internet libre et amoral des premières années s'amenuise, remplacé par celui du profit, du bénéfice jusqu'à l'écœurement, du crétinisme souverain comme dans cet exemple où les paroles d'une chanson populaire sont interdites à la lecture alors qu'est diffusé sur la même page le clip chanté par l'auteur, paroles et musique. Ou dans l'exemple de la Métamorphose de Kafka, supprimée sans doute par les éditeurs ou traducteurs, sangsues écervelées qui n'ont pas encore compris qu'elles font ainsi mourir les liens qui les faisaient connaître.

Mise à jour de 10h25 : quelques heures seulement après la mise en ligne de ce billet un généreux donateur anonyme proposait des substituts parfaitement vivants aux deux liens morts cités en exemple (voir le commentaire ci-dessous). Cette résurrection est un miracle. Le taux d'erreurs 404 du blog est passé de 7% à 6%. La déesse Gougueule existe !

samedi 15 novembre 2008

Nuages (13)

8 Septembre 2008

vendredi 7 novembre 2008

Mystère au Louvre...

Qu'est-il arrivé au musée du Louvre, au moins à son site Internet ?
Il nous avait habitués, en matière de reproductions d'images des collections publiques, à la petitesse et la mesquinerie. On croyait depuis longtemps que le musée n'exposait plus que des miniatures persanes peintes par Mantegna ou des timbres de collection gravés par Rubens tant les reproductions en sont microscopiques, les détails chichement éparpillés ou présentés sous une loupe qui masque plus qu'elle ne dévoile. Il suffisait de les comparer aux images opulentes, lumineuses et abondant de détails du site du Rijksmuseum d'Amsterdam, par exemple.

Mantegna, le Christ au jardin des oliviers (Londres national gallery) et Hergé, le sceptre d'Ottokar, page 52 (Copyright Andrea Mantegna & les héritiers d'RG)Et bien ça n'est plus vrai. Ils ont dû réaliser que montrer de belles images pourrait émerveiller le client au point de susciter son désir d'en voir plus, et consoler celui qui ne peut pas se rendre à Paris pour admirer les originaux. Ça n'est peut-être qu'un coup de folie passagère et on est encore loin des somptueuses libéralités du musée hollandais, mais on peut voir actuellement en grands formats d'excellente qualité une trentaine d'œuvres de la rétrospective Mantegna sur le «mini-site de l'exposition». Choisissez la version HTML (pas la version FLASH avec sa loupe étriquée) et vous enrichirez votre collection de luxueux fonds d'écran. Vous découvrirez également que, malgré les affirmations des encyclopédies de la bande dessinée, ce ne sont peut-être pas Hergé et Jacobs qui ont inventé ce style de dessin souple et linéaire appelé la «ligne claire».

Mantegna, la résurrection du Christ (Tours, musée des beaux-arts) et E.P. Jacobs, le secret de l'Espadon, page 23En haut, Mantegna, le Christ au jardin des oliviers (Londres national gallery) et Hergé, le sceptre d'Ottokar, page 52 (Copyright Andrea Mantegna & les héritiers d'RG). Ci-dessus, Mantegna, la résurrection du Christ (Tours, musée des beaux-arts) et E.P. Jacobs, le secret de l'Espadon, page 23. Remarquez les similitudes dans les décors, les couleurs, les personnages et la dramaturgie.