dimanche 30 août 2009

1618, le nombre bête

Avertissement au lecteur : cette chronique à teneur très technique a été relue et corrigée par un scientifique de renom, qui a insisté pour garder l'anonymat, afin de ne pas s'approprier indument la gloire qui rejaillira nécessairement des révélations qu'elle dispense.
Il existe dans la nature nombre de phénomènes qui ne sont pas dus au hasard mais à une sorte de dessein délibéré et transcendant, presque intelligent. S'il n'y avait qu'un exemple à produire afin de confondre les incrédules, ce serait celui de l'emplacement des contrôles des excès de vitesse par la police. Une espèce de loi naturelle fatidique les positionne sans aucune exception en bas d'une longue descente de la route, en principe après un virage ou un tunnel.
Quel mystérieux motif conduit alors la nature ?

Tout esprit aguerri aux lois des nombres et des symboles y verra aisément l'empreinte du «Nombre d'Or». C'est un nombre (Un plus racine de cinq, divisés par deux) aux propriétés mathématiques remarquables. Sans entrer dans de ténébreuses explications techniques, on dit que c'est le plus irrationnel des nombres réels. C'est dire tout son mystère. Il serait même le seul nombre dont l'inverse est égal à lui-même moins l'unité (Un divisé par Lui égale lui-même moins un). On ose à peine le croire. Son vrai nom est 1, 618 033 988 749 894 848 204 586 834 365 638 117 720 309 179 805 76... jusqu'à l'infini, sans période. C'est pourquoi on préfère l'appeler par son diminutif 1,618 ou 1618.

Quelle forme insensée aurait notre univers sans les nombres, par exemple ici le nombre Pi ? (Nébuleuse Bulle de savon PN G75.5+1.7 - Cliché NOAO)Il est de notoriété publique qu'on le retrouve partout dans la nature, essentiellement dans le mouvement des étamines des fleurs de tournesol, des écailles de pomme de pin et dans le rapport entre le nombre de petits pois et de carottes, relativement à leur poids respectif, dans les conserves Cassegrain. Il est ainsi la clef des énigmes et des beautés du monde. On sait que certains calculs épineux inaccessibles aux profanes prouvent que le Nombre d'Or équilibre les proportions des pyramides d'Égypte, des temples grecs les plus en ruines et des cabines téléphoniques londoniennes, les rouges, celles qui sont des passages vers le monde fantastique des communications télépathiques.

Ça n'est pas un hasard si Kepler a publié sa troisième loi du mouvement des planètes, fondement de l'universalité des lois physiques, en 1618, l'année même où Velázquez peignait la «vieille femme faisant frire des œufs». Jusqu'à nos jours où le Nombre d'Or est devenu le symbole des objets de luxe et du développement durable réunis «on peut maintenant consommer le luxe tout en sauvegardant la planète, sur les plans environnemental et social». On comprend que de telles affirmations révolutionnaires dérangent. Et certaines études scientifiques ou artistiques mal intentionnées pourront toujours chicaner, ce ne sont pas de misérables pamphlets financés par la concurrence, notamment la Grande Distribution, qui empêcheront le Nombre d'or de s'infiltrer dans l'univers et d'y répandre ses bienfaits, à l'instar du nombre Pi dont plus personne, de nos jours, ne songe à mettre en doute la souveraineté.

Et l'étude minutieuse des contraventions prodiguées par les fonctionnaires de police en cas d'excès de vitesse confirme définitivement cette intentionnalité qui dépasse l'humain et le guide en permanence. Il suffit en effet d'additionner les 6 montants d'amende convertis en décimes (8930), d'en soustraire 1937 (la date de la mort de l'écrivain H.P. Lovecraft, les initiés comprendront), et de diviser par le résultat le numéro de référence figurant sur la contravention, en bas à droite (11316), pour obtenir le Nombre d'Or avec une précision d'un dix-millième...

C'est ainsi que le Nombre d'Or contrôle de son impitoyable logique les routes de notre destinée.

vendredi 21 août 2009

La vie des cimetières (23)

Les cimetières français présentent communément la forme de vastes parcs de stationnement définitif, quadrillés, où les tombes sont soigneusement rangées pour une optimisation de l'espace et un repérage efficace. Généralement bien entretenus, époussetés et récurés, pour que la mort soit éternelle et éviter que la vie ne revienne.

Le cimetière du Père-Lachaise au cœur de Paris répond mal à cette définition. Boisé, vallonné, immense, sillonné d'une infinité d'escaliers et de ruelles ombragées, peuplé de statues envahies de racines et de mousses, de portraits qui s'effacent, de noms sans visage et de tombes sans noms, c'est un monde qui s'estompe lentement, recouvert par un autre.



samedi 15 août 2009

Léonard et la tasse volante

On apprend par les journaux les plus sérieux que la République a récemment vacillé. Peut-être même la civilisation. Le secret a resisté une semaine, mais on ne trompe pas facilement la perspicacité des grands journaux français, surtout pendant la semaine la plus calme de l'année médiatique, et la révélation (1) tombait le 11 aout, après un communiqué de l'Agence France Presse.
Le 2 aout 2009, alors que l'entrée au musée du Louvre était gratuite, une jeune femme profitait de l'immense libéralité de l'État Français pour pénétrer dans le temple du bon goût officiel et, devant les touristes médusés, lançait violemment une tasse à thé en porcelaine contre l'épaisse vitrine blindée à l'épreuve des balles qui protège une célèbre italienne grassouillette, surnommée «Madame Lise», qui jaunit lentement dans son bocal depuis cinq siècles que Léonard de Vinci l'a peinte.
La tasse fut brisée.
Les agents d'accueil du Louvre ont immédiatement neutralisé la personne et l'on remise au commissariat de l'arrondissement. Elle tenait des propos confus dans une langue étrangère et ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales. On remarquera que les personnes confiées aux forces de l'ordre sont toujours fortement déséquilibrées mentalement, psychologiquement frustrées ou imbibées d'alcool. Le psychiatre du commissariat déclara la dame atteinte de troubles psychiques susceptibles d'un internement à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police.
Le tableau n'a évidemment absolument rien subi, et le public a été à peine perturbé, mais une analyse approfondie au microscope à balayage électronique et à gicleur à pédale a révélé une très légère éraflure sur la vitrine, afin de justifier le dépôt de plainte et l'internement psychiatrique. L'éraflure sera rapidement effacée.

On peut s'inquiéter de l'augmentation des tarifs répressifs, quand on se souvient de l'épisode du vol du même tableau, le 21 aout 1911 par Vincenzo Perruggia, qui l'a gardé presque deux ans dans son appartement parisien, sous son lit, avant de tenter de le revendre en Italie et d'être dénoncé le 13 décembre 1913. Sauvé par son patriotisme feint et par la guerre de 1914, il ne fera que quelques mois de prison.

En juillet 2007, une jeune femme avait déposé un baiser de ses lèvres maquillées sur une toile uniformément blanche de 6 mètres carrés du peintre Cy Twombly, à Avignon. La toile appartenait à un triptyque estimé deux millions d'euros dirent les assureurs. Et c'était consternant de voir les journaux et les blogs réclamer en chœur une sanction exemplaire et démesurée ou s'extasier du génie avant-gardiste du geste. La femme fut condamnée très sévèrement, financièrement. Les assureurs étaient ravis. Une petite retouche de peinture blanche suffit pour effacer le blasphème.

La toile outragée de Cy Twombly, après remise en état.

Tout cela n'a plus rien à voir avec le plaisir esthétique. On ne voit pas les œuvres d'art pour ce qu'elles sont. Elle sont devenues des emblèmes de ce qu'on ne comprend pas, comme des divinités. Absurde et vaine sacralisation. On sait, depuis que Marcel Duchamp a exposé avec succès un urinoir manufacturé, qu'un objet devient une œuvre d'art quand quelqu'un le décide. Alors que croient donc ces autorités pensantes qui ont idéalisé la Joconde ou le tableau de Twombly ? Ont-elles oublié la leçon de Duchamp (2) ? Ont-elles oublié que ce ne sont que des objets, qui périront bientôt, comme le reste ?

***
(1) Les textes en italiques sont des citations des journaux du web Le Monde, le Nouvel Obs, le Parisien, Le Post, Aujourd'hui en France. Elles sont la vérité, bien que leurs informations ne concordent pas toujours très bien, notamment le fait de savoir si la jeune femme a été hospitalisée ou non. Le reste est supposé.
(2) On remarquera que désacraliser l'objet pour statufier son auteur (l'Artiste) n'est pas vraiment plus malin.

mercredi 5 août 2009

Les explorateurs

En contemplant la noble fierté de ces intrépides estivants qui voguent à l'aventure, au mépris des dangers, on ne peut s'empêcher de penser à leurs prédécesseurs venus de la Grèce antique par la mer, animés par la même inconsciente témérité, pour installer sur les rivages hostiles de ces territoires inconnus les fondements de la civilisation.

Et à l'heure où sont célébrés les 40 ans des quelques pas poussiéreux et inutiles de l'homme sur la lune, relisons plutôt le fascinant voyage (*) du plus grand de ces explorateurs, le génial Pythéas le massaliote, longtemps pris pour un mystificateur, et qui, s'il avait vécu 2000 ans plus tard, aurait été allègrement carbonisé en compagnie de Giordano Bruno par les autorités catholiques pour ses découvertes et sa conception moderne et cohérente du monde.

***
(*) Lire sur Pythéas :
1. La courte biographie du site du collège Jules Ferry de Montluçon, comme d'habitude passionnante (cliquez dans la colonne de gauche sur «Pythéas de Massalia»).
2. Le site «marseille.pytheas.free» un peu désordonné dans sa navigation, mais plus complet, complémentaire et également captivant.
3. Une rapide synthèse des découvertes de Pythéas dans l'encyclopédie Wikipedia.

mercredi 22 juillet 2009

Les plaisirs du dialogue solitaire

L'être humain a toujours éprouvé l'envie de communiquer, c'est un avatar de l'instinct grégaire. Généralement pour ne rien dire et souvent avec n'importe qui, mais le besoin de s'exprimer est là, impérieux. Même par des monologues, comme il a été démontré avec brio dans une récente chronique. Et la quintessence de cette obsession a été récemment remémorée par le site APOD (Astronomy Picture Of the Day) à l'occasion d'un 10ème anniversaire.

En effet, en 1999, de mai à juillet, Yvan Dutil et Stéphane Dumas, chercheurs canadiens lassés des communications scientifiques et des conversations météorologiques entre voisins de palier, émettaient, à partir d'un radio-télescope situé en Ukraine, un message vers des intelligences extra-terrestres. Ils récidiveront en juillet 2003.
En 21 dessins volontairement simplistes et progressifs dans le vocabulaire et la syntaxe, les auteurs ont résumé les grandes découvertes de l'humanité : Pacman, l'autorité de l'homme sur la femme, la tapette à mouches, les œufs sur le plat et la transformation de la planète en excréments. Le message a été amélioré en 2003, notamment l'alphabet, et les dessins regroupés en une longue bande verticale.








Légende des illustrations : À gauche, la page 5 du message, qui retrace l'invention du célèbre jeu électronique Pacman et ses règles de déplacement. Au centre, la page 15 figure un couple d'humains où la femme, légèrement en retrait sourit bêtement, la main sur la hanche dans une pose douteuse. L'homme, sérieux au premier plan, chasse du plat de la main une nuée de mouches qui semblent chuter comme étourdies par ce puissant geste dominateur. À droite, la page 18 montre un œuf sur le plat, trop cuit, vu de haut, et expose les conseils pour ne pas en rater la cuisson. Enfin ci-dessous, les pages 19-20 ne représentent pas une descente de lit en peau de vache mais un planisphère terrestre. Les continents ont la forme d'étrons.


Tant de science, de connaissances, de pattes de mouches soigneusement calligraphiées émerveillent et confondent le profane. Aussi n'est-il pas question de remettre ici en cause le profond contenu scientifique du message ni l'ingéniosité de la démarche sémantique mais d'émettre peut-être un doute sur la rigueur de la méthode.

On notera d'abord que les étoiles visées par l'émission du message (parce que susceptibles d'héberger des planètes similaires à la Terre) sont situées à une distance moyenne de 60 années-lumière de la moindre cabine téléphonique terrienne. C'est avoir une confiance émoussée dans les vertus du dialogue, ou une foi illimitée dans celles de la science, que d'envoyer un message dont on sait que la réponse ne nous parviendra pas avant 120 ans. Et puis, peut-on sérieusement attendre une réaction intelligible d'un mollusque verdâtre inconnu qui marine dans une solution d'acide sulfurique (même peu concentrée) à quelques billions de kilomètres d'ici, alors qu'il est impossible d'en obtenir une d'un ami qui vous doit de l'argent ou d'un quelconque service de réclamations qui se trouve à deux pas ?

On le constate, l'entreprise était dès le départ condamnée à l'échec.

Par ailleurs les distances sont si grandes à notre échelle, et les moyens si dérisoires. Si nous n'avons pas encore reçu de message extra-terrestre irréfutable, ça n'est pas parce qu'ils n'existent pas, mais parce que dans l'épaisseur vertigineuse des milliards d'années qui se sont accumulés, la période pendant laquelle une civilisation est capable, avant d'être détruite, de recevoir et d'émettre des signes intelligibles sous forme d'ondes électromagnétiques ne représente qu'un infime grain de sable.
Si nous ne sommes probablement pas seuls, nous sommes certainement définitivement isolés. Ça n'est pas une raison pour empêcher les chercheurs d'exercer leur sacerdoce, qui est de chercher.

samedi 11 juillet 2009

Muets comme en terre

Qui aura remarqué, sur Ce Glob Est Plat, l'absence presque parfaite de commentaires des lecteurs ? À part de temps en temps un plaisantin sympathisant ou un illustrateur désorienté, personne ne dépose ses remarques alors qu'elles sont (seraient) publiées immédiatement, sans contrôle ni censure.
On peut aborder des sujets sensibles, ridiculiser les religions, les croyances et quelques idées reçues. Calme plat. On assaisonne un peintre médiocre récemment ressuscité, on réveille à peine un petit remous de trois commentaires teintés d'acrimonie, et c'est le retour au mutisme.

Évidemment, un blog sans lecteur n'est jamais commenté. Mais Ce Glob Est Plat semble avoir quelques lecteurs réguliers, comme en témoigne le compteur de visites affiché dans la rubrique «Rions un peu», avec une moyenne de 200 à 250 lecteurs pour chaque billet à peu près hebdomadaire. Et une longue campagne de tests de plus de 10 minutes a démontré sans réserve que ce compteur sous-traité par un éminent prestataire gratuit était approximativement juste.

Venons-en aux explications plausibles.

Le lecteur de Ce Glob Est Plat a peut-être un sens du ridicule suffisant pour ne pas publier, même sous le couvert de l'anonymat, ces commentaires constructifs qui font la singulière beauté d'internet «Alors la mille foi dacor avec toi, l'école de Vienne c'est dla zik de ouf LOL!», ou «En vrai jkiffe pas trop l'aquatinte, mdr!, mais Goya C 1 graveur 2 la mort».

Ou alors, le lecteur de Ce Glob Est Plat a peut-être un sens aigu du geste inutile, en disciple de Tchoang Tzeu, le seul penseur taoïste réellement nihiliste qui proclamait, il y a plus de 2300 ans «Pour moi, le bonheur consiste dans l’inaction, ... le contentement suprême, c’est de n’avoir rien qui contente ; la gloire suprême, c’est de n’être pas glorifié. ... Seul, ce qui n’a pas été fait ne peut pas être critiqué. L’inaction, voilà le contentement suprême, voilà qui fait durer la vie du corps. Où est l’homme qui arrivera à ne rien faire ?» (Zhuang-Zi, Chapitre 18-A).




Pour l'apprenti taoïste qui, distrait par les mondaines frivolités, ne parviendrait pas à se fondre dans l'indifférence du Tao, la médecine traditionnelle chinoise a fabriqué ce scaphandre protecteur isolant, disponible sur ordonnance médicale chez tous les pharmaciens sérieux et au musée de la marine de Paris.

Finalement, l'explication est peut-être plus simple : on apprendra un jour que le compteur de visiteurs est uniquement déclenché par le passage des robots, les fouineurs méthodiques qui inspectent régulièrement le réseau pour alimenter les moteurs de recherche. Ainsi tout le trafic du réseau est peut-être généré artificiellement par des scripts et des programmes automatiques, pendant que les humains sont dehors en train de regarder le ciel, d'écouter les oiseaux, de jouer au ballon, ou de se décomposer lentement sous l'effet des radiations mortelles d'une supernova trop proche de la Terre.

Post-scriptum : que le lecteur, s'il existe, ne se méprenne pas sur les motivations de ce billet narcissique. Ça n'est pas une supplique pour une recrudescence des commentaires. C'est, par pure curiosité, une réflexion vagabonde sur une chose sans intérêt, ce qui est un peu la devise du blog.

dimanche 5 juillet 2009

Nuages (17)

Une aube sur l'anse La Réunion, ile de La Digue aux Seychelles

samedi 27 juin 2009

M. Lewis parmi les ombres

Martin Lewis, graveur, illustrateur, peintre.

1881, Castelmaine, Victoria, Australie
1962, New York city, États-unis.

M. Lewis, Late traveler 1949 (pointe sèche, 31x42cm)Quelques repères : bohème, il émigre aux États-unis en 1900, à New York en 1909. Il fait un séjour en Angleterre en 1910, où il rencontre Whistler et Seymour Haden. En 1915, il grave ses premières œuvres personnelles et enseigne la gravure à Edward Hopper. Il fait un long voyage au Japon en 1920. Ses vues du Japon et ses nocturnes de New York se vendent assez bien entre 1925 et 1935. Puis il est vite oublié. Le catalogue de ses gravures comprend 148 numéros.

Que dire du style de Lewis ? Il suffit de regarder. Son sens incomparable de la composition, ses effets de lumière si variés et nuancés, et ces ombres qui s'infiltrent partout.

M. Lewis, Tree Manhattan 1930 (pointe sèche, 41x33cm), détail.Lewis est sans doute un des plus grands graveurs, et un des plus méconnus (1). De son vivant déjà, il avait rejoint les silhouettes anonymes qu'il dessinait parmi les ombres. Un blogueur nostalgique l'en sort parfois, momentanément, quand il le redécouvre dans quelque site américain, eldorado des dénicheurs (2).


(1) Le site de l'Art Students League de New York où il a été professeur de 1944 à 1951 ne le cite même pas dans les nombreux artistes dénombrés dans son historique.

(2) Le site du Detroit Institute of Arts propose près de 200 reproductions qui peuvent toutes être détaillées au moyen d'un zoom, et le site du Smithonian American Art Museum présente 20 des plus belles gravures de Lewis en splendides reproductions de grand format.

Mise à jour le 22.07.2023 : Évidemment, après 14 années, on peut se douter que les liens vers les reproductions ne fonctionnent plus. L'outil de recherche du musée de Detroit étant déficient, cherchez exactement le texte "Martin Lewis, American, 1881-1962" (avec les guillemets) à cette adresse, et commencez la visite par les dernières pages trouvées.

Montage d'ombres et de silhouettes extraites de gravures de Martin Lewis

samedi 20 juin 2009

La vie des cimetières (21)


Faut-il respecter les morts ?

Les moines capucins de Palerme, en Sicile, l'affirment. Et comment les respecter ? En ne les photographiant pas, répondent les moines, par le moyen d'affichettes libellées «Pas de films, pas de photos, les catacombes sont un lieu sacré à respecter».

NO FILM, NO FOTO, Le catacombe luogo sacro da rispettareParce qu'ils les exposent, les morts. Par centaines, grimaçants et difformes, habillés de tenues folkloriques rapiécées ou de sacs de toile, en cage ou dans des niches, le long des galeries des catacombes du monastère qui régurgite par jour des légions de touristes horrifiés, un peu dégoutés, mais rafraichis par l'air ambiant et les plaisanteries égrillardes des pères de famille rassurants.

De tout cela, les morts se contrefichent, naturellement. Ils sont dans le pays de l'immobilité où les cellules, désorganisées, inconscientes, ne produisent plus que de la poussière.

Alors pourquoi leur prodiguer ces égards révérencieux, proches du fétichisme ? Parce que le culte des morts est une immense entreprise d'autosuggestion qui affirme qu'on n'aura pas vécu pour rien, qu'il y a une continuité de l'espèce, un héritage, mais qui admet implicitement que la seule survie de l'individu est dans la mémoire des survivants.

Résumons-nous :
On devra respecter les morts afin qu'ils survivent un peu.
NE CLIQUEZ PAS sur cette image si vous aimez les enfants !Pour cela on les exposera aux visiteurs, sous forme desséchée, comme des grenouilles dans les vitrines poussiéreuses d'un vieux museum d'histoire naturelle, si possible sous une lumière sinistre dans des caveaux glacés.

Et on ne s'étonnera plus alors de découvrir parfois, dans une campagne proprette du sud de Londres, une grand-mère racornie clouée avec tous ses chats, depuis des mois, sur le mur du salon d'un pavillon quelconque. Le petit-fils aura certainement, jeune, visité en famille les momies de Palerme.

samedi 13 juin 2009

Chronique de quelques petites libertés

La loi, digne d'une république bananière, avait été fignolée «aux petits ognons». Jugez-en. Ça se passe sur internet.
Les marchands de culture (disques et films, surtout) prétendent que leurs médiocres résultats sont dus aux téléchargements illicites, sur les réseaux de partage, des œuvres dont ils détiennent les droits. Alors ils ont obtenu une loi qui devait les autoriser à se connecter sur ces réseaux, simuler la recherche d'œuvres protégées, noter soigneusement l'adresse électronique des internautes qui les téléchargent (donc les partagent), et en transmettre la liste à un organisme d'enregistrement appelé Hadopi. Cette entité administrative, sans la moindre vérification, demandait alors aux fournisseurs d'accès, à la première récidive, de couper la connexion internet des contrevenants, de leur interdire pendant un an la souscription d'un autre abonnement, et de continuer cependant à percevoir le montant de l'abonnement suspendu. Tout ceci était entièrement automatisé pour répondre à des impératifs de performance (1000 abonnements suspendus par jour), sans moyen sérieux de défense ou de protection contre les usurpations d'identité, parait-il aisées.
Tout était vraiment bien ficelé. Le Conseil d'état, l'Assemblée nationale et le Sénat n'avaient rien trouvé à redire et les premiers milliers de lettres recommandées étaient prêts à partir quand a été connu l'avis du Conseil constitutionnel (décision n° 2009-580 DC du 10 juin 2009). Il remettait en cause toutes les avancées démocratiques de la loi : la présomption de culpabilité, l'absence de droit à la défense, la suspension d'une liberté fondamentale par une autorité non judiciaire. Quand on sait comment sont nommés les membres du Conseil constitutionnel, on frémit devant une telle ingratitude, ou une telle mesquinerie. Néanmoins le gouvernement a promulgué la loi sans attendre, le 12 juin, en supprimant les phrases et articles censurés par le Conseil constitutionnel, certainement pour les replacer bientôt après rafistolage.

Et il parait qu'en matière de libertés Hadopi n'est rien à côté de la loi Loppsi qui va passer cet été, pendant le mois d'aout, quand tout le monde fera la sieste. Comme en Chine, c'est le gouvernement qui interdira désormais sans contradiction possible les sites qui ne lui conviennent pas, et un tas d'autres plaisanteries dans le même esprit.

Au Louvre, ce qu'il reste de la douce main de la liberté parvient encore à apaiser la croupe fougueuse de l'abus de pouvoir devant les yeux absents de la République.Profitons de cette réjouissante chronique des libertés pour nous inquiéter de l'article 33. Rappelons qu'il instaurait une interdiction progressive de photographier les œuvres appartenant au domaine public exposées dans le musée du Louvre et qu'un article bancal du site du musée contredisait le règlement de visite et prétendait l'article 33 modifié et la photographie tolérée. Aujourd'hui, plus d'un an après, le règlement n'a pas changé et reste en contradiction avec les propos du site.
Alors Ce Glob Est Plat, fidèle à l'actualité la plus brûlante, a envoyé un reporter téméraire et chevronné constater la situation. Il en est revenu entier, avec quelques centaines de photograpies autorisées et une sentence de grand journaliste : « Ce qu'il reste de la douce main de la liberté parvient encore à apaiser la croupe fougueuse de l'abus de pouvoir devant les yeux absents de la République ».

lundi 1 juin 2009

Henri Martin, peintre (1860-1943)

Henri Martin : La Bastide-du-vert et Marquayrol (musée de Cahors Henri-Martin)On reconnait communément deux grandes spécialités au peintre Edgar Degas : les représentations aux pastels de jeunes filles en tutu et les jugements acerbes sur ses confrères peintres. Henri Martin n'y a pas échappé. Degas le qualifiait, pour résumer, d'impressionniste pour sous-préfectures.
Ça n'est pas faux. Honoré par les grandes institutions de la nation, médaillé, couvert de prix, Henri Martin a tapissé durant près de 60 ans des hectares de murs de mairies et de bâtiments publics avec d'immenses et édifiantes peintures murales, à la manière néo-impressionniste.

Henri Martin : La Bastide-du-vert et Marquayrol (détail)Il a été affecté par toutes les maladies en «...isme» de son temps, du romantisme à l'académisme, ponctuées de fortes poussées d'infantilisme (symbolisme, spiritualisme, mysticisme rose-croix et autres philosophies pour boyscouts).
Alors naturellement, vers la fin des années 1880, comme nombre d'autres peintres de l'époque (Gauguin, Van Gogh, Segantini...), il attrapait le virus du divisionnisme (ou pointillisme), propagé par Seurat et Signac. Et il n'en guérit jamais. Pendant plus de 50 ans, toutes ses œuvres, des grandes machines officielles aux croquis les plus intimes, seront faites de taches colorées juxtaposées.
On comprend pourquoi Degas lui en voulait. Il avait transformé en un style compassé, théâtral, presque académique, une manière de peindre qui était née de la liberté et du refus des conventions et des compromissions. Et trahison ultime, il en vivait royalement. Au point qu'il acheta en 1900 une maison dans le Lot, près de Cahors (suivie de deux autres à Saint Cirq-Lapopie et Collioure), où il se retira presque de toute vie mondaine pour peindre des séries de paysages colorés, calmes et confortables, pendant encore 40 ans.

Henri Martin : La maison du sabotierHenri Martin : Le bassin de Marquayrol









Ce sont ces paysages sereins, modestes et silencieux qui font la part la plus belle de l'exposition consacrée à Henri Martin, actuellement à Douai, pour trois semaines encore. Allez-y sans hésiter, il y a toujours des places de parking disponibles au musée de la Chartreuse.

lundi 25 mai 2009

Nuages (16)

La centrale de Saint-Laurent-des-Eaux dans le Loir-et-Cher. Remarquez à droite, dans l'arbre, le cri de la nature épouvantée.Le 26 avril 1986, près de Tchernobyl en Ukraine, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire Lénine explose, émettant pendant des jours des débris saturés de particules hautement radioactives, iode 131 et césium 137. Les populations voisines sont informées le lendemain, 27 avril, quand commence l'évacuation de 250 000 habitants.

Photo réalisée sans trucage.Le 28 avril, à 1200 kilomètres du sinistre, la centrale de Forsmark, en Suède, est évacuée, les responsables prenant pour une fuite radioactive interne ce qui sera en réalité la plus grande catastrophe nucléaire, jusqu'à présent.

23 ans ont passé, et on peut affirmer sans crainte, avec les autorités compétentes, que la situation est maintenant rétablie, même si on note encore un peu partout en Europe des cas de comportement légèrement déconcertant des lois de la physique.

dimanche 17 mai 2009

Ces fesses ont 103 ans

Tout lecteur attentif se rappellera l'intérêt scientifique de Ce Glob Est Plat pour l'anatomie des statues dans les jardins publics et les musées. Mais depuis notre enquête sur le mystère de la face cachée d'Arsinoë, resté irrésolu, et malgré l'insistance discrète de certains lecteurs insatisfaits, nous avions, par légèreté, interrompu notre examen du sujet. Or pour quelque raison mystérieuse que la science débrouillera peut-être un jour, l'arrivée du printemps a soudain ravivé le besoin de perfectionner cette étude.








Ainsi, combinant une haute valeur artistique et une évidente utilité anatomique, la statue que nous présentons aujourd'hui est l'œuvre d'Henri Vernhes. Sculptée en 1906, intitulée «Du sommet à l'abîme, second versant de la vie» et déposée dans le parc de Saint Cloud en 2001 par le musée d'Orsay, elle se distingue, malgré un titre pessimiste, par des rotondités réalistes et généreuses.










Nous n'insisterons pas sur l'intérêt pédagogique de ces anatomies sur lesquelles des générations plus ou moins juvéniles ont fait et feront encore les brouillons de leurs baisers, comme le Corne d'aurochs de Georges Brassens. Mais notons pour le gestionnaire avisé qu'elles ont l'avantage, parce qu'elles ne s'affaissent pas, ni ne se flétrissent, d'être d'un entretien relativement aisé et de traverser les siècles sans trop de stigmates.

samedi 9 mai 2009

L'homme est une machine

Bracelli, extrait de Bizzarie di varie figure (On n'est pas de bois!)Les surréalistes ont souvent trouvé dans les œuvres fantaisistes des artistes du passé, de Bosch à Arcimboldo, de Lucas Cambiaso à Charles Frédéric Soehnée, des présages aux associations d'idées libres et incongrues qu'ils professaient et systématisaient.

Bracelli, extrait de Bizzarie di varie figure


Bracelli
, graveur et peintre à Florence au début du 17ème siècle fut de ces inspirateurs. Il serait aujourd'hui inconnu s'il n'avait publié un étrange recueil de gravures intitulé «Bizzarie di varie figure di Giovanbatista Braccelli, 1624» et dont quelques exemplaires ont survécu, notamment celui de la collection Rozenwald, reproduit sur le site naissant de la Bibliothèque Numérique Mondiale soutenue par l'Unesco. Le recueil est présenté intégralement, les images de bonne qualité et la navigation agréable et fluide (1).

Au fil d'une cinquantaine de gravures, Bracelli représente les êtres humains comme des mécanismes, des ustensiles variés, des formes géométriques, des boites, des arbres, de l'eau, des nuages...
Hormis cette magnifique curiosité et deux ou trois photos jaunies et poussiéreuses, les étagères de la Bibliothèque Numérique Mondiale semblent désertes, pour l'instant.

***
(1) Sauf pour le navigateur Opera avec lequel le site est assez incompatible. Cependant, un lien sur la page de navigation permet de télécharger le document intégral (29 méga-octets) au format PDF.

dimanche 3 mai 2009

Nuages (15)

Nuage d'orage sur la plage de La Passe, sur l'ile de La Digue, aux Seychelles. On pense alors à Fitz Hugh Lane, ce peintre américain du 19ème siècle, tellement méconnu et absent en Europe.

dimanche 26 avril 2009

Une victoire de la nécrophagie

Nous célèbrerons aujourd'hui les mérites des industries du son et de l'image. Elles se dépensent sans compter pour faire fructifier leur patrimoine artistique et il n'est pas un jour qui ne nous apporte des nouvelles relatives à leur pouvoir de conviction sur les représentants du peuple (1). Régulièrement, lorsqu'elles voient approcher l'échéance d'une usure de leur rente, elles déploient généreusement leur force de persuasion et obtiennent immanquablement une prolongation de leurs droits sur les œuvres des autres, généralement des morts.

C'est ainsi qu'avait été votée la loi du 3 juillet 1985, qui avait étendu la durée des droits patrimoniaux des œuvres musicales (droits de reproduction et de représentation cédés par contrat) de 50 à 70 ans après la mort de l'auteur. Il était temps ! L'œuvre de Maurice Ravel allait tomber dans le domaine public, et avec elle les droits sur le célèbre Boléro, qui rapporte toujours une fortune aux ayants-droit (2). Hélas ces manipulations, dans le cas de Ravel, n'ont repoussé l'échéance que jusqu'au 2 mai 2016. Il va falloir réagir !

Hyène scrutant le tombeau de Maurice Ravel pour y trouver un dernier morceau (allégorie). Taxidermie, Florence, Musée de zoologie La Specola.

Depuis, la durée de 70 ans a été généralisée à toutes les œuvres de l'esprit par la loi du 27 mars 1997.
Mais plus rentables encore que les droits d'auteur, il y a les «droits voisins», ceux des interprètes et producteurs de choses sonores et visuelles enregistrées. Leur statut juridique est très injuste. En France, leurs droits patrimoniaux s'éteignent 50 ans après l'enregistrement de l'œuvre, alors que les États-unis les font durer au moins 95 ans.
Avec la révolution numérique, en 20 ans à peine, on a bien réussi à contraindre la terre entière à régénérer sa discothèque sans avoir à renouveler le patrimoine musical, mais cette source s'épuise (3). Comment tenir jusqu'à l'imprévisible prochain bouleversement technologique avec le vieux fonds d'enregistrements des artistes morts ou presque ? Dans quelques mois, les enregistrements des Beatles, ceux de Maria Callas quand sa voix déclinait ou de Karajan qui s'embourbait dans des interprétations boursouflées, vont tomber dans le domaine public. Il y a urgence. Que faire ?

C'est simple. Obtenir de nos représentants, complaisants et sensibles aux questions financières, une augmentation de la durée des droits voisins. Et c'est précisément ce que vient d'accorder le Parlement Européen, jeudi passé. Il est vrai que les Industries y étaient allé un peu fort en réclamant 95 ans, presque un doublement de la durée des droits. Le Parlement leur a accordé 70 ans. C'était bien joué, ça laisse 20 ans pour peaufiner la prochaine «négociation».

On ne chantera jamais assez l'ingéniosité prodiguée par les industries rentières pour faire vivre les grandes œuvres du passé et éviter qu'elles ne sombrent dans l'oubli du domaine public. Et pour les grincheux qui y verraient malice, il reste toujours les fabuleux enregistrements phonographiques du pétomane. Ils datent d'avant 1914 et sont dans le domaine public.








Ci-contre Maurice Ravel, éveillé dans son cercueil, condamné à attendre le repos définitif tant que survivront ses droits d'auteur (allégorie). Cire anatomique, Florence, Musée de zoologie La Specola.



Mise à jour du 12.09.2011 : Le Conseil de l'Union Européenne vient d'émettre une directive qui n'est que la mise en application du texte voté par le Parlement le 23.04.2009, au moins sur le point de prolonger de 20 ans les droits voisins (interprètes et producteurs). Pourquoi 29 mois après ?

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(1) On ne parlera pas ici de la célèbre et contre-productive loi Hadopi dont on peut prévoir sans risque qu'elle sera contournée avant sa promulgation et qu'elle aurait de toutes manières été inefficace. Les curieux pourront s'en informer sur le site de la Quadrature du Net.
(2) Il est amusant de noter l'ironie du paradoxe commenté maintes fois par Ravel à propos du boléro «Je l’ai composé comme un défi, on n’avait jamais écrit un morceau composé du même motif infiniment répété et de plus en plus fort. Hélas c’est ma seule pièce a avoir eu du succès, un succès considérable, un chef d’œuvre, mais un chef d’œuvre sans musique.»
(3) Bien que la vente de sonneries musicales pour téléphones mobiles soit prometteuse, malgré les doutes émis par certains cuistres sur la portée artistique du médium.

dimanche 19 avril 2009

Grimshaw, biographie

Atkinson Grimshaw, peintre crépusculaire autodidacte.
6 septembre 1836, Leeds, Yorkshire, Angleterre,
31 octobre 1893, Leeds.

On sait peu de sa vie. Il n'a laissé ni journal ni correspondance, a peu exposé ses tableaux en public et les a vendus à la bourgeoisie anglaise. Rares sont ses œuvres accessibles de nos jours, et quand elles le sont, c'est dans quelques rares musées anglais (notamment Leeds).

Knostrop Hall au clair de lune, vu de la rivière Aire. Un modèle de la manière de Grimshaw.Hormis quelques paysages méticuleux à la manière préraphaélite, quelques portraits de femmes dans le style de Tissot et quelques féeries médiévales, l'essentiel de son œuvre est fait de paysages nocturnes où des lumières fantomatiques se noient dans les brumes de banlieues, de villes, ou de ports anglais. Pour réaliser ces effets qui étaient sa marque de fabrique (imités et contrefaits de son vivant même), il expérimentait des préparations à base de sable, qui permet de fins dégradés.


En 1870, grâce au succès de ses paysages de faubourgs fortunés au clair de lune, Grimshaw put louer Knostrop Old Hall, un vieux manoir de pierres construit à Leeds au 17ème siècle, et y installer sa famille et son atelier. Au cours des vingt années qui suivirent, il représentera Knostrop Hall de nombreuses fois, plus ou moins fidèlement, souvent sous les feuilles, en automne, à la tombée ou au lever du jour.

Grimshaw, 4 vues de Knostrop Hall à l'aube.Grimshaw habitera d'autres lieux mais restera fidèle à Knostrop Hall. Ses biographies disent qu'atteint d'un cancer, il y retournera en 1893 pour peindre ses derniers tableaux, une série de paysages de neige.

Knostrop Hall, photo vers 1910. Copyright Leeds Library & Information Services, http://www.leodis.net/Knostrop Hall a été rasé au début des années 1960.

«Le souvenir d'une certaine image n'est que le regret d'un certain instant; et les maisons, les routes, les avenues, sont fugitives, hélas, comme les années.»
Marcel Proust, Du côté de chez Swann.

lundi 13 avril 2009

Publirepotage touristaque (*)

Monument aux morts, «Perche la Patria viva, oggi si muore» 1915-1918Naguère appelée «Reine du lac», aujourd'hui submergée de touristes en été, Verbania est une pittoresque localité d'Italie du nord, sur les rives du lac Majeur. Au moyen de quelques monuments historiques choisis, la Municipalité a su ponctuer avec goût la magnifique promenade qui longe le lac, et mettre ainsi en valeur le panorama grandiose des Alpes piémontaises.

Le roi Victor Emmanuel 2, grâce et élégance. Le roi Victor Emmanuel 2, grâce et élégance.

(
*) Vous excuserez ces graphies incertaines. Suite à un bien légitime mouvement social, notre correcteur d'orthographe a quitté Ce Glob Est Plat depuis le 19 février dernier.

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Pour les oreilles : Au printemps 1968, le monde découvrait subjugué un long poème cinématographique, une sorte d'expérience extatique visuelle et sonore. C'était «2001 l'odyssée de l'espace». On le devait à Stanley Kubrick. Beaucoup y firent aussi la découverte d'un immense musicien de notre temps, György Ligeti, qui venait à peine d'écrire la dernière note de son Requiem quand Kubrick en fit la musique du film.
Pour nombre d'entre nous, le sombre murmure des chœurs du Kyrie évoquera toujours les espaces sans fin où dérive l'humanité.